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Ariane Estenne : « Le décret éducation permanente reste un texte révolutionnaire dans sa portée, sa structure et sa façon de financer les associations »

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Santé conjuguée n°115 - juin 2026

Présidente du Mouvement ouvrier chrétien et du Conseil supérieur de l’éducation permanente, Ariane Estenne revient sur les fondements du décret qui soutient l’action d’éducation permanente (EP) depuis cinquante ans en Communauté française et souligne la nécessité de lutter pour les préserver face aux atteintes qui leur sont portées.

En quoi ce décret constitue-t-il une initiative originale propre au contexte francophone belge et quelles en sont les portées principales ?

A. E. : Ce texte est un joyau qui n’existe nulle part ailleurs. Voté à l’unanimité par tous les partis politiques qui portaient alors la nécessité d’une démocratie culturelle1, ce décret comporte au moins trois spécificités. Tout d’abord, il reconnait un processus et pas un résultat. Ce que les associations doivent justifier, c’est de se mettre en mouvement, de tenter des expériences émancipatrices, mais pas forcément d’atteindre des objectifs prédéterminés. À contre-courant aujourd’hui comme à l’époque, cette approche est inestimable en matière de liberté associative et de confiance accordée aux associations. Ensuite, le décret octroie une reconnaissance à durée indéterminée aux associations concernées. Certes, il y a des plans quinquennaux, mais les associations sont bien reconnues à durée indéterminée. Ce qui va complètement à l’encontre de la logique des appels à projets ponctuels qui participent à un saupoudrage de financements non structurels. Enfin, le décret finance structurellement des associations à travers l’emploi, les activités et le fonctionnement, pourvu qu’elles respectent les exigeantes visées de la démocratie culturelle et une série de normes liées à l’exercice cohérent des différents métiers de l’éducation permanente. Il y a donc une liberté quasi totale sur le fond qui, jusqu’ici, est laissée aux associations sur ce qu’elles veulent expérimenter et sur la critique qu’elles élaborent avec les citoyens et citoyennes et les groupes au sujet du pouvoir et de l’État, en rendant ainsi la démocratie réellement vivante. Dans la plupart des pays, le secteur associatif et des ONG sont presque exclusivement financés par des initiatives privées (dons, fondations, etc.). Le décret éducation permanente reste un texte révolutionnaire dans sa portée, sa structure et sa façon de financer les associations et n’est pas seulement une initiative originale en Belgique, mais dans le monde.

 

Quatre axes

Le décret éducation permanente se structure autour de quatre axes de reconnaissance :

  • participation, éducation et formation citoyenne ;
  • formations d’animateurs, de formateurs et d’acteurs associatifs ;
  • production de services ou d’analyses, d’études et d’outils pédagogiques ;
  • sensibilisation et information.

Quel regard critique portez-vous sur les réformes et évolutions dont le décret a fait l’objet ?

La réforme de 2018 reposait sur le principe d’autoévaluation des associations et sur une certaine souplesse à leur égard : dès lors que les associations sont en mesure d’expliciter en quoi leur action s’inscrit dans l’article premier du décret2 (les visées de démocratie culturelle, voir aussi l’encadré ci-dessous), en répondant à quatre grandes questions interprétatives, les exigences quantitatives sont alors remises à leur juste place. Nous avons aussi introduit des mesures telles que le lissage3 et la transversalité4 qui permettent de globaliser la démarche et de dépasser la comptabilisation d’activités ou de productions dans chaque axe. Cette logique, très concertée avec les différents acteurs, reste d’actualité, puisqu’il n’y a pas eu de nouvelle réforme du décret depuis lors. Aujourd’hui, l’idée selon laquelle les critères qualitatifs seraient plus arbitraires que les critères quantitatifs – une vision que je ne partage pas du tout – se répand comme une traînée de poudre. C’est un point de tension, que traduit cette question philosophique qui consiste à interroger le type de critères auquel recourir pour objectiver un travail.

Percevez-vous des risques à recourir à des démarches d’évaluation qui se sont largement développées dans le secteur privé dans une visée d’amélioration de l’efficience, selon leurs termes ?

On a tendance à considérer qu’on parle de la même chose alors qu’on désigne parfois des processus opposés. Concernant l’autoévaluation en éducation permanente, la réforme de 2018 la pensait comme un processus émancipateur, en considérant que ce qui compte, c’est ce que la pensée de l’association peut produire sur sa propre action. Cette démarche repose sur un principe de confiance dans cette réflexion-là, ce qui va complètement à l’encontre d’un processus d’évaluation extérieur où des évaluateurs externes sauraient mieux ou seraient mieux placés pour évaluer. Or, la présence écrasante de la pensée néolibérale du management est en train de tout passer au crible des modes d’évaluation externes. D’où l’importance de savoir qui porte l’évaluation et surtout dans quelle visée, ce qui distingue vraiment ces deux types de processus. Ce que la réforme a proposé, ce sont quatre grandes questions ouvertes qui permettent d’interpréter l’article premier et qui portent sur le développement de l’esprit critique, la défense et la promotion des droits fondamentaux, le travail des associations les unes avec les autres et les effets sur les personnes avec qui l’association travaille. Toute réponse pourvu qu’elle soit élaborée collectivement est légitime. Une association qui dirait qu’elle rencontre une difficulté à déployer un processus d’éducation permanente, mais qui peut émettre des hypothèses sur les raisons, c’est aussi intéressant qu’une association qui dirait qu’elle parvient à réaliser ses missions sans aucun problème. Le travail réflexif dont nous parlons est d’ailleurs bien plus exigeant que les vérifications de conformité que réalisent les évaluations externes.

Le gouvernement de la Communauté française a imposé de nouvelles restrictions budgétaires au secteur. Comment les appréhendez-vous ?

La Ministre-Présidente Élisabeth Degryse a édicté des moratoires dans le secteur culturel. Ce moratoire consiste à geler tout changement jusqu’à la fin de l’année 2027, qu’il s’agisse de demandes de principe, de reconnaissance ou d’augmentation de forfait. Les subventions dédiées au soutien à des projets ponctuels ont aussi été suspendues. Ces mesures vont à l’encontre de deux textes engageants : le décret même et la déclaration de politique communautaire (DPC) du 16 juillet 2024. Comme son titre l’indique, le décret vise le développement de l’action d’éducation permanente dans le champ associatif. Par définition, de plus en plus d’associations sont censées obtenir une reconnaissance ou augmenter leur catégorie de forfait. Ce décret ne fonctionne donc pas en « enveloppe fermée », puisqu’il vise à développer le financement de l’action associative. Par ailleurs, dans sa DPC, le gouvernement s’engageait à continuer de financer de nouvelles associations et de faire évoluer les reconnaissances existantes, garantissant la poursuite du financement du décret en « enveloppe ouverte ». Ce gel neutralise donc tout le secteur et entraine de lourdes conséquences sur son développement et son dynamisme.

Quel regard portez-vous sur les atteintes ciblant notamment des associations d’éducation permanente jugées trop proches de partis politiques ?

C’est une question politique intéressante : comment financer les partis politiques dans une démocratie ? Faut-il circonscrire leur financement en fonction de leurs résultats électoraux ou l’ouvrir via des structures associatives finançant leur action, comme c’est le cas en Fédération Wallonie-Bruxelles à travers leurs centres d’études et d’archives et leurs mouvements de jeunesse ? Puis, cette question s’est élargie en visant toutes les associations qui prendraient part au débat public et a dépassé celle des liens directs qu’elles entretiendraient avec des partis politiques. Ce glissement est extrêmement dangereux, puisqu’il ne vise potentiellement plus seulement les centres d’études. Le Parlement a ainsi voté le 17 décembre 2025 un décret-programme budgétaire qui identifie huit critères qui permettraient d’objectiver la proximité d’associations avec des partis politiques. Or, les termes mobilisés ne sont pas clairement définis et relèvent donc de l’arbitraire. Si des éléments tels que le partage de bâtiments ou l’affiliation à une Internationale peuvent paraitre logiques, d’autres sont très interpellants, puisqu’ils concernent le fait même de prendre part au débat électoral, d’organiser des débats électoraux ou de distribuer des tracts dans l’espace public, ce que beaucoup d’associations font légitimement. Le décret-programme prévoit que toute association concernée par au moins quatre de ces huit critères serait définancée dès l’année prochaine. Selon l’interprétation de ces critères, de nombreuses associations seraient potentiellement touchées, au-delà des centres d’études ciblés initialement. Ce mouvement est extrêmement grave parce qu’il ouvre la porte à une censure de l’action des associations et promeut l’idée sous-jacente selon laquelle une structure qui bénéficierait de moyens publics ne pourrait pas critiquer l’État. Ce point de vue est contraire au principe de base de la démocratie, à savoir qu’un État de droit est garanti par les contre-pouvoirs qu’il finance pour le critiquer. Quel que soit le texte qui sera voté, il ne faut pas sous-estimer l’effet performatif de ce type de mesures et la crainte qu’il induit potentiellement auprès des travailleurs, des travailleuses, et des associations qui sont déjà en train de réduire le champ de leur action. Plusieurs recours ont été introduits, puisque ces décisions sont anticonstitutionnelles et qu’elles vont à l’encontre de l’esprit du Pacte culturel5 et du décret éducation permanente qui vise à rendre le citoyen acteur et engagé.

Comment entrevoyez-vous le renforcement des alliances entre les associations du secteur de l’éducation permanente ?

Je pense que le seul bouclier, c’est une formation politique solide des travailleurs et des militants pour pouvoir décrypter et résister à ce mouvement qui minorise notre vision. Lorsque cette formation politique est fragilisée, les réflexes néolibéraux sont davantage intériorisés. Le maillage associatif permet de garantir cette formation politique et constitue une spécificité belge, avec toute cette démocratie culturelle portée par les acteurs locaux de terrain que sont les organisations d’éducation permanente, de jeunesse et les centres culturels. Ce maillage est très impressionnant et est une des explications principales au fait qu’il n’y a pas de parti d’extrême droite organisé en Belgique francophone. C’est notre modèle social dans son ensemble qui est remis en cause. Les organisations sociales, telles que les syndicats et les mutualités, perdent leur légitimité aux yeux des partis politiques au pouvoir. Nous vivons un moment où nous ne pouvons plus nous reposer sur nos acquis et où nous devons nous redemander comment chaque personne peut avoir accès à un lieu qui accueille la conflictualité et redonne du sens à son vécu.

 

  1. La démocratie culturelle considère chaque personne comme productrice de culture et entend rapprocher les citoyens des lieux de décision en suscitant l’engagement et la participation à la chose publique.
  2. Cet article définit l’éducation permanente comme « visant l’analyse critique de la société, la stimulation d’initiatives démocratiques et collectives, le développement de la citoyenneté active et l’exercice des droits civils et politiques, sociaux, économiques, culturels et environnementaux dans une perspective d’émancipation individuelle et collective des publics en privilégiant la participation active des publics visés et l’expression culturelle ».
  3. Le lissage de la période de référence est un mécanisme réglementaire qui permet aux associations de répartir leurs activités et productions au cours d’un quinquennat afin d’éviter une perte de subvention en cas de baisse ponctuelle d’activité.
  4. Les associations peuvent valoriser une part des actions relevant d’un ou d’autres axes que celui ou ceux dans lesquels elles sont reconnues dans la perspective d’une prise en compte de la transversalité de leurs actions.
  5. Conclu en 1972, le Pacte culturel vise à garantir le pluralisme idéologique, philosophique et politique dans les institutions culturelles publiques et à éviter toute discrimination des personnes.

Cet article est paru dans la revue:

Santé conjuguée, n°115 - juin 2026

Introduction n°115

Henri Ey, illustre psychiatre français, soutenait en 1935 que la psychiatrie était née « au moment où sont passés dans la structure sociale les concepts de liberté individuelle, de droits de l’homme ». Quelque nonante ans plus(…)

- Fabian Lo Monte

Personne ne joue avec les mêmes cartes

Dans nos sociétés individualistes et méritocratiques, la santé mentale est souvent envisagée comme une affaire privée : un problème de personnalité, de vulnérabilité individuelle, de trauma ou de gestion émotionnelle. La souffrance psychique serait avant tout liée à ce qui se passe « dans la tête ». Elle ne concernerait donc que les psys et leurs patients. Pourtant, depuis plusieurs décennies, la recherche montre que la santé mentale dépend aussi fortement des conditions sociales dans lesquelles les individus naissent, grandissent, travaillent et vieillissent. On parle alors de déterminants sociaux de la santé mentale.
- Mélanie Lannoy

Dossier patient informatisé, droit au respect de l’intimité

Il est essentiel de rappeler la complexité de l’être humain et les risques individuels et sociétaux liés à l’exigence de numérisation[efn_note]Cet article est extrait de « À l’ère du dossier patient informatisé, le droit au respect de l’intimité, oublié ? », avril 2019-mai 2026, https://psyclimède.be.[/efn_note]. Comme il est vital de différencier données confidentielles pertinentes pour la qualité des soins et données touchant à l’intime. Ces dernières bénéficient d’un degré de protection supérieur.
- Genevieve Monnoye

La construction d’une identité commune

Quelle place occupent les psychologues dans les maisons médicales ? Moins nombreux que les autres métiers du soin qui composent les équipes, leur rôle est néanmoins un maillon essentiel à la pratique pluridisciplinaire.
- Pascale Meunier

Enjeux pour les maisons médicales et leurs psys

La réforme et la convention des soins psychologiques de première ligne représentent une opportunité d’intégration institutionnelle et une source de tensions internes. Les maisons médicales travaillent en effet depuis longtemps en équipe pluridisciplinaire, intégrant déjà prévention, détection précoce, accompagnement psychosocial et actions communautaires sans être enfermées dans un modèle de « consultations à la séance ». Elles revendiquent une approche bien plus large que l’esprit de la convention, qui est centrée sur des « interventions » à objet thérapeutique limité en durée et ciblée sur des problématiques légères à modérées.
- Anaël Lecocq

Répondre à un besoin crucial d’accessibilité

Lancé en 2019, le projet soins psychologiques dans la première ligne vise à combler un manque dans l’offre de soins, longtemps centrée sur des interventions spécialisées et hospitalières. Ce dispositif introduit une prise en charge accessible et orientée vers la prévention, la détection et l’intervention précoce auprès des personnes présentant un mal-être psychologique léger à modéré, afin d’éviter l’évolution vers des troubles plus complexes.
- Frank Vandiervliet

Aller au-delà du symptôme, vraiment ?

« Tout en faisant partie intégrante du dispositif de soin, l’entretien avec le psychologue est un espace “autre” qui se dégage de l’urgence d’abraser le symptôme. » La formule est signée Ducarre[efn_note]C. Ducarre, « Le négatif de la psychiatrie : la place de l’entretien avec le psychologue dans une clinique psychiatrique », Cliniques 3, no 1, 2012.[/efn_note]. Elle est représentative d’une attitude canonique, confinant à la caractéristique identitaire : celle du psychologue clinicien face à la symptomatologie. Pour comprendre de quoi il retourne, il faut reprendre depuis le début : qu’est-ce qu’un symptôme ?
- Fabian Lo Monte

Travail thérapeutique et action communautaire

Les services de santé mentale (SSM), structures ambulatoires visant à favoriser l’accessibilité aux soins et aux services de santé pour l’ensemble de la population d’un territoire géographique, ont pour mission d’accueillir les personnes en souffrance ou en difficulté psychosociale pour maintenir ou restaurer leur qualité de vie et les accompagner dans une résolution de leurs difficultés. Les moyens mis en œuvre vont de l’accueil à l’accompagnement, en passant par la thérapie, le travail en réseau, mais aussi les projets communautaires et les activités de prévention.
- Maud Verjus, Nathalie Thomas, Séverine Clinaz

Topographie des lieux de soins de santé mentale

Le paysage des soins de santé mentale révèle l’étendue des ressources mobilisées pour donner ou recevoir des soins ainsi que du soutien émotionnel ou pratique. Observer sa topographie, façonnée par les forces conjointes de la professionnalisation et de la désinstitutionnalisation, permet de comprendre sa structuration, ses espaces vides ou saturés, ses itinéraires balisés, coordonnés ou improvisés, mais aussi d’interroger les choix politiques qui orientent ses évolutions.
- Sophie Thunus

Soin ou contrôle ?

Le nouveau cadre professionnel que la convention impose au psychologue implique des missions, des relations, des actions nouvelles auxquelles celui-ci doit s’adapter, pour autant qu’elles soient conformes à sa déontologie dans ses dimensions réglementaires et, plus encore, éthiques.
- Christian Mormont

Souffrance et organisation

La psychothérapie institutionnelle est un courant de la psychiatrie né pendant la Seconde Guerre mondiale1. Elle vise la prise en charge des personnes présentant des troubles psychiques, en particulier des psychoses.
- Ahmed Boucham

Dans les marges du soin

Lorsque la personne se détourne des institutions, par méfiance ou rupture du lien, il devient essentiel de l’accompagner sur son lieu de vie. Cette démarche, complexe lorsqu’il s’agit de soins en rue, offre une formidable opportunité : renouer le lien, respecter le rythme de chacun, aller à la rencontre de son environnement et favoriser une approche désinstitutionnalisée qui inclut la personne dans son quotidien. Ce temps accordé, empreint de respect et de patience, pourrait devenir le premier pas vers la reconstruction de la confiance dans le secteur social-santé.
- Asma El Moukadam, Charles-Antoine Sibille, Vira Geeurickx

Santé mentale et IA : pour un moratoire éthique

« En quoi suis-je autorisé ? » La question posée par Lacan[efn_note]J. Lacan, « En quoi suis-je autorisé ? », Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, Séminaire 11, 1964, Seuil, 1973.[/efn_note] met en évidence un paradoxe que nous observons tous. Les personnes considérées compétentes pour parler de l’intelligence artificielle sont des spécialistes et connaisseurs souvent plutôt convaincus. Bien sûr ces acolytes, parfois zélateurs, relèveront certains inconforts herméneutiques ou politiques, mais souvent termineront-ils en suggérant qu’il faut bien vivre avec son temps. Il me semble raisonnable de défendre que, pour discuter des effets de l’IA dans le domaine de la santé mentale, il faut surtout réfléchir depuis le point de vue de la clinique et de ce qui se déploie dans la relation thérapeutique.
- Jérome Englebert

S’orienter dans la « nébuleuse psy »

Dans le domaine de la santé mentale, les appellations sont nombreuses et, avec elles, les interrogations et possibilités de confusion. Ce manque de lisibilité peut générer des attentes inadaptées, voire exposer des personnes vulnérables à des pratiques insuffisamment encadrées. Les professionnels eux-mêmes peuvent s’y perdre lorsqu’il s’agit d’orienter quelqu’un dans cette nébuleuse diffuse de titres, de formations et d’approches.
- Lauren Van den Berghe, Marie Jenet, Sarah Hallaert, Valentin Biset

Actualités 115

Le temps, enjeu et ressource

« Qu’est-ce donc que le temps ? Si personne ne le demande, je le sais ; mais si on me le demande, je ne le sais plus. » À prendre les choses de façon abstraite et détachée, on n’a sans(…)

- Alexis Filipucci

Prescrire de la nature, une pratique émergente

Les liens entre santé humaine et environnement prennent une place croissante dans les réflexions en santé publique. Les effets du contact avec la nature sur la santé mentale et physique sont aujourd’hui de mieux en mieux documentés[efn_note]X. Wang et al., “Mapping of research in the Field of forest therapy-related issues: a bibliometric analysis for 2007-2021”, Frontiers in psychology, 2022;13 ; C. Twohig-Bennett, A. Jones, “The health benefits of the great outdoors: A systematic review and meta-analysis of greenspace exposure and health outcomes”, Environ Res., 2018;166 ; MP White et al., "Spending at least 120 minutes a week in nature is associated with good health and wellbeing”, Sci Rep9, 7730, 2019.[/efn_note] : diminution du stress, amélioration de l’humeur, augmentation de l’activité physique, réduction de l’isolement social et effets positifs sur certaines pathologies chroniques.
- Nolwen Lechien

52 milliards : sérieusement ?!

Alors que le gouvernement Arizona a voté une série de réformes faisant peser la plupart de l’effort sur les travailleurs et la Sécurité sociale, il y a une dépense publique que les patrons et leurs amis au gouvernement se gardent bien de mettre en évidence : le montant exorbitant des aides publiques aux entreprises. Avec éconosphères, nous avons chiffré ce montant à 52 milliards en 2022[efn_note]B. Bauraind, C. Van Tichelen, F. Sebastian, « “Un pognon de dingue”*, Le soutien public aux entreprises privées lucratives en Belgique », 21 mai 2025, www.econospheres.be. Le projet éconosphères est une initiative conjointe de la FGTB de Bruxelles la FGTB wallonne, la CSC, Attac Bruxelles-Wallonie et le Gresea.[/efn_note]. 52 milliards d’aide publique aux entreprises : et si on en faisait autre chose ?
- Clarisse Van Tichelen

Ariane Estenne : « Le décret éducation permanente reste un texte révolutionnaire dans sa portée, sa structure et sa façon de financer les associations »

Présidente du Mouvement ouvrier chrétien et du Conseil supérieur de l’éducation permanente, Ariane Estenne revient sur les fondements du décret qui soutient l’action d’éducation permanente (EP) depuis cinquante ans en Communauté française et souligne la nécessité de lutter pour les préserver face aux atteintes qui leur sont portées.
- Alexis Filipucci, Ariane Estenne, Pauline Gillard

Exploration d’un concept

L’autonomie est un des quatre grands principes éthiques que l’on retient généralement dans les soins de santé, à côté des principes de bienfaisance, de non-malfaisance et d’équité.
- Dr André Crismer