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Prescrire de la nature, une pratique émergente


Santé conjuguée n°115 - juin 2026

Les liens entre santé humaine et environnement prennent une place croissante dans les réflexions en santé publique. Les effets du contact avec la nature sur la santé mentale et physique sont aujourd’hui de mieux en mieux documentés4 : diminution du stress, amélioration de l’humeur, augmentation de l’activité physique, réduction de l’isolement social et effets positifs sur certaines pathologies chroniques.

Les professionnels de santé sont confrontés à des réalités de terrain complexes : augmentation des troubles de santé mentale1, isolement social2, surcharge des structures de soins et précarité. C’est dans ce contexte qu’est née, en mars 2025, l’asbl Kodama Px, avec l’objectif de développer des programmes de prescription de nature en Wallonie et à Bruxelles. Sa création fait suite à une première expérience pilote menée au centre de santé intégrée (CSI) des Carrières de Sprimont. Ce premier programme, développé de manière expérimentale avec quelques patients et soignants, a rapidement suscité un intérêt important tant de la part des bénéficiaires que des professionnels de santé.

Une vision globale de la santé

La prescription de nature consiste à intégrer, dans le parcours de soin, une orientation vers des activités en lien avec des espaces verts ou bleus (rivières, mer…) : marche, activités collectives en extérieur, jardinage, découverte de la nature, activités de pleine conscience, etc. Ces activités ne remplacent évidemment pas les traitements ou les suivis classiques, mais viennent s’inscrire comme approche complémentaire dans une vision plus globale de la santé. Elles permettent notamment de travailler différentes dimensions souvent impliquées dans les parcours de soin : remise en mouvement progressive, création de lien social, reprise d’un rythme, sentiment d’utilité, diminution du repli sur soi ou encore amélioration du rapport au corps et à l’environnement. Le terme prescription est utilisé pour intégrer un mouvement mondial green prescribing, mais, en Belgique, il fait plutôt référence à une « recommandation écrite de nature », puisque pas encore reconnu par les pouvoirs publics.
Une fois que le patient a reçu une prescription de nature, le programme prévoit un accompagnement par un « référent nature ». Ce référent est généralement un membre de l’équipe de santé, qui est formé spécifiquement par Kodama Px pour ce dispositif. Cette formation porte notamment sur les bases de la prescription, la posture et le rôle du référent nature, l’éducation à la santé et la stratégie du programme. Elle aborde également les limites et difficultés rencontrées jusqu’à présent.
Le référent rencontre le patient lors d’un entretien initial afin de lui présenter le dispositif, lui présenter le catalogue d’activités et entamer avec lui une première anamnèse. Son objectif est de comprendre l’environnement du patient : où est la nature la plus proche de chez lui, comment peut-il s’y rendre, quelles sont ses ressources, comment remplit-il ses journées ? À partir de là, le référent fixe un objectif de santé en concertation avec le patient, lié au motif de prescription, et adapte le plan opérationnel en fonction de la personne. Celle-ci a le choix : faire des activités seule, depuis chez elle ou aux alentours, intégrer des activités de groupe de nature autour de chez elle ou un mix des deux. Ce programme est établi individuellement, en fonction des besoins, des freins, des attentes et des motivations.
Les activités de groupe peuvent être internes (la structure de santé développe ses propres activités en lien avec la nature) ou externes (la structure de santé a un partenariat avec des structures/activités indépendantes existantes et signe une convention pour y envoyer les patients sur prescription).
Le référent adopte une posture à la fois d’éducation à la santé et de mise en réseau. Il réalise un suivi régulier du patient pendant six mois. L’idée est de l’aider à dépasser certains freins pour soutenir progressivement son autonomisation et sa capacité à recréer des habitudes durables de santé.
L’objectif du projet n’est pas uniquement d’« envoyer les patients dans la nature », mais de créer des dispositifs structurés, accessibles et adaptés aux réalités des structures de soins et des publics accompagnés. Cette approche s’inscrit également dans une logique de santé communautaire : promouvoir l’engagement des patients, soignants, acteurs de nature et autres acteurs locaux à prendre soin de manière collective et globale sur un territoire.

Un programme en coconstruction

La mission principale de Kodama est d’aller à la rencontre des soignants et des équipes de soins afin de coconstruire un programme de prescription de nature adapté à leurs habitudes et réalités, tout en respectant les valeurs du programme initial. Cette coconstruction peut prendre des formes très différentes selon les structures : certaines souhaitent intégrer toutes les activités de la structure dans la prescription, d’autres souhaitent sous-traiter le rôle de référent nature, d’autres souhaitent au contraire être référents en équipe, et d’autres encore souhaitent prescrire uniquement à un public bien délimité, comme les jeunes ou les personnes en isolement social.
2025 a été une année de lancement et d’expérimentation. Une grande partie du travail a consisté à rencontrer des structures de santé afin de comprendre leurs réalités et d’évaluer dans quelle mesure ce type de dispositif pouvait trouver sa place dans leur fonctionnement quotidien. Dix-neuf structures de soins ont été rencontrées, principalement des maisons médicales et des ASI ainsi que plusieurs groupements de médecins généralistes. Ces échanges ont permis d’identifier un réel intérêt pour la démarche et de nombreuses questions très concrètes concernant sa mise en œuvre.
Les équipes s’interrogeaient notamment sur le temps nécessaire pour porter ce type de projet, sur les profils de patients pouvant en bénéficier, sur les limites du rôle des référents ou sur la manière d’intégrer ce type d’approche dans des structures déjà fortement sollicitées.
Leurs réactions ont souvent été positives, notamment parce que beaucoup de professionnels observent quotidiennement les effets de l’isolement, de la sédentarité, de la souffrance psychique ou de la perte de lien social chez leurs patients. Ce type de dispositif est donc souvent vécu comme une proposition concrète à pouvoir faire aux patients en souffrance.
Ces rencontres ont également mis en évidence les limites et contraintes auxquelles les structures sont confrontées : manque de temps, surcharge des équipes, difficultés financières, complexité organisationnelle ou nécessité d’adapter les dispositifs aux réalités propres à chaque terrain.
L’un des constats importants de cette première année est justement qu’il n’existe pas de modèle unique de prescription de nature. Chaque structure possède ses propres fonctionnements, ressources et publics. Le projet a donc progressivement évolué vers une logique de coconstruction avec les équipes de soins plutôt que vers l’application d’un programme standardisé.

Premiers accompagnements

Fin 2025, cinq structures étaient engagées dans le développement du programme, dont deux qui avaient déjà commencé les prescriptions de manière opérationnelle (le CSI des Carrières à Sprimont et le CSI de l’Ourthe à Tilff). Au total, 69 patients ont reçu une prescription de nature au cours de l’année et 45 personnes ont intégré un suivi avec une référente nature. Les profils étaient variés : burn-out, troubles anxieux ou dépressifs, isolement social important, difficultés de remise en mouvement ou fatigue chronique.
Même si les données restent encore principalement qualitatives et demandent à être évaluées plus rigoureusement, plusieurs observations apparaissent encourageantes. Chez certains bénéficiaires, les professionnels ont remarqué une reprise progressive d’activité, une amélioration du lien social ou une diminution du repli sur soi. D’autres patients ont progressivement développé des habitudes autonomes de marche ou d’activités extérieures en dehors du cadre organisé, et certains ont pu diminuer, en concertation avec des soignants, certains traitements anxiolytiques ou antidépresseurs. Des dynamiques collectives se sont créées entre certains participants, qui ont commencé à se retrouver de manière autonome en dehors des activités proposées.
L’objectif n’est pas de présenter la nature comme une solution miracle ni de minimiser la complexité des situations rencontrées. La prescription de nature ne remplace pas un suivi médical, psychologique ou psychiatrique lorsque celui-ci est nécessaire. D’ailleurs, dans le dispositif, les rôles sont clairs : les accompagnateurs en nature ne sont pas soignants, c’est la nature qui permet le bien-être et les référents nature avec l’équipe de soin qui réalisent le suivi thérapeutique.
En revanche, ce type d’approche peut constituer un levier complémentaire dans certaines situations, notamment lorsqu’il s’agit de remettre progressivement une personne en mouvement, de recréer du lien social ou de soutenir une dynamique communautaire. C’est une approche qui permet de penser la santé de manière globale, en intégrant la dimension environnementale et en prenant conscience que la préservation de la nature et la végétalisation de nos espaces de vie constituent aussi des enjeux de santé publique.

Une pratique qui interroge

Le développement de la prescription de nature soulève plusieurs questions. La première concerne l’accessibilité de la nature. En ville ou en milieu rural, les espaces verts sont généralement plus accessibles aux publics socio-économiquement favorisés. La question du coût et du financement devient rapidement centrale si l’accès aux espaces verts est une question de santé publique. Aujourd’hui, l’accessibilité aux activités de groupe proposées dans le cadre du programme repose principalement sur du bénévolat, des partenariats associatifs ou des financements des structures de santé elles-mêmes. Les activités ont un coût et à cela s’ajoute le temps consacré par les structures de soins à la coordination du dispositif et aux consultations d’un référent nature.
Cette question du financement est centrale, puisque le programme, s’il ne veut pas renforcer des inégalités de santé, doit être accessible à tout le monde. Bien que la nature soit gratuite, l’intégration à des activités de groupe structurées et organisées (et donc généralement coûteuses) permet une meilleure adhésion des patients3. La Mutualité chrétienne soutient actuellement financièrement le projet Kodama Px. À plus long terme, la question d’une éventuelle reconnaissance ou d’un remboursement partiel de certaines activités de prescription de nature pourrait se poser, notamment si les évaluations du dispositif permettent d’objectiver leurs effets sur la santé.
Une autre question importante concerne l’accompagnement des patients. Qui peut accompagner ce type d’activités ? Quels cadres mettre en place ? Comment articuler les rôles entre professionnels de santé, référents nature et acteurs associatifs ? Jusqu’où peut aller l’accompagnement sans glisser vers une relation thérapeutique qui dépasserait les compétences ou le cadre prévu ? Ces questions font partie intégrante du travail actuel de structuration du projet. La prescription de nature oblige finalement à penser le soin de manière plus transversale, en créant des liens entre le secteur de la santé, celui de l’environnement et le tissu associatif local.

Le rôle des maisons médicales

Les maisons médicales apparaissent comme des partenaires particulièrement pertinents dans cette démarche. Leur approche globale de la santé, leur attention aux déterminants sociaux et leur travail interdisciplinaire créent un terrain favorable pour expérimenter des pratiques qui dépassent une approche strictement curative. Dans plusieurs structures rencontrées, la prescription de nature a été envisagée non pas comme une activité périphérique, mais comme un outil supplémentaire dans une réflexion plus large autour de la prévention, de la santé communautaire et de l’accompagnement des publics vulnérables.
Il existe un intérêt chez les professionnels et certains patients pour des approches qui reconnectent davantage les soins aux dimensions sociales, environnementales et collectives de la santé. Les prochaines années permettront de mieux comprendre dans quelles conditions ces dispositifs peuvent être utiles, pour quels publics, avec quels effets et selon quels modèles organisationnels et financiers.

 

 

  1. Sciensano, « Près d’un Belge sur cinq souffre de troubles de santé mentale », 28 octobre 2025, www.sciensano.be.
  2. StatBel, « Le sentiment de solitude en Belgique », Ménages, décembre 2024, https://statbel.fgov.be.
  3. MC Kondo et al., “Nature Prescriptions for Health: A Review of Evidence and Research Opportunities”, Int J Environ Res Public Health, 2020 Jun 12;17(12).

Cet article est paru dans la revue:

Santé conjuguée, n°115 - juin 2026

Introduction n°115

Henri Ey, illustre psychiatre français, soutenait en 1935 que la psychiatrie était née « au moment où sont passés dans la structure sociale les concepts de liberté individuelle, de droits de l’homme ». Quelque nonante ans plus(…)

- Fabian Lo Monte

Personne ne joue avec les mêmes cartes

Dans nos sociétés individualistes et méritocratiques, la santé mentale est souvent envisagée comme une affaire privée : un problème de personnalité, de vulnérabilité individuelle, de trauma ou de gestion émotionnelle. La souffrance psychique serait avant tout liée à ce qui se passe « dans la tête ». Elle ne concernerait donc que les psys et leurs patients. Pourtant, depuis plusieurs décennies, la recherche montre que la santé mentale dépend aussi fortement des conditions sociales dans lesquelles les individus naissent, grandissent, travaillent et vieillissent. On parle alors de déterminants sociaux de la santé mentale.
- Mélanie Lannoy

Dossier patient informatisé, droit au respect de l’intimité

Il est essentiel de rappeler la complexité de l’être humain et les risques individuels et sociétaux liés à l’exigence de numérisation[efn_note]Cet article est extrait de « À l’ère du dossier patient informatisé, le droit au respect de l’intimité, oublié ? », avril 2019-mai 2026, https://psyclimède.be.[/efn_note]. Comme il est vital de différencier données confidentielles pertinentes pour la qualité des soins et données touchant à l’intime. Ces dernières bénéficient d’un degré de protection supérieur.
- Genevieve Monnoye

La construction d’une identité commune

Quelle place occupent les psychologues dans les maisons médicales ? Moins nombreux que les autres métiers du soin qui composent les équipes, leur rôle est néanmoins un maillon essentiel à la pratique pluridisciplinaire.
- Pascale Meunier

Enjeux pour les maisons médicales et leurs psys

La réforme et la convention des soins psychologiques de première ligne représentent une opportunité d’intégration institutionnelle et une source de tensions internes. Les maisons médicales travaillent en effet depuis longtemps en équipe pluridisciplinaire, intégrant déjà prévention, détection précoce, accompagnement psychosocial et actions communautaires sans être enfermées dans un modèle de « consultations à la séance ». Elles revendiquent une approche bien plus large que l’esprit de la convention, qui est centrée sur des « interventions » à objet thérapeutique limité en durée et ciblée sur des problématiques légères à modérées.
- Anaël Lecocq

Répondre à un besoin crucial d’accessibilité

Lancé en 2019, le projet soins psychologiques dans la première ligne vise à combler un manque dans l’offre de soins, longtemps centrée sur des interventions spécialisées et hospitalières. Ce dispositif introduit une prise en charge accessible et orientée vers la prévention, la détection et l’intervention précoce auprès des personnes présentant un mal-être psychologique léger à modéré, afin d’éviter l’évolution vers des troubles plus complexes.
- Frank Vandiervliet

Aller au-delà du symptôme, vraiment ?

« Tout en faisant partie intégrante du dispositif de soin, l’entretien avec le psychologue est un espace “autre” qui se dégage de l’urgence d’abraser le symptôme. » La formule est signée Ducarre[efn_note]C. Ducarre, « Le négatif de la psychiatrie : la place de l’entretien avec le psychologue dans une clinique psychiatrique », Cliniques 3, no 1, 2012.[/efn_note]. Elle est représentative d’une attitude canonique, confinant à la caractéristique identitaire : celle du psychologue clinicien face à la symptomatologie. Pour comprendre de quoi il retourne, il faut reprendre depuis le début : qu’est-ce qu’un symptôme ?
- Fabian Lo Monte

Travail thérapeutique et action communautaire

Les services de santé mentale (SSM), structures ambulatoires visant à favoriser l’accessibilité aux soins et aux services de santé pour l’ensemble de la population d’un territoire géographique, ont pour mission d’accueillir les personnes en souffrance ou en difficulté psychosociale pour maintenir ou restaurer leur qualité de vie et les accompagner dans une résolution de leurs difficultés. Les moyens mis en œuvre vont de l’accueil à l’accompagnement, en passant par la thérapie, le travail en réseau, mais aussi les projets communautaires et les activités de prévention.
- Maud Verjus, Nathalie Thomas, Séverine Clinaz

Topographie des lieux de soins de santé mentale

Le paysage des soins de santé mentale révèle l’étendue des ressources mobilisées pour donner ou recevoir des soins ainsi que du soutien émotionnel ou pratique. Observer sa topographie, façonnée par les forces conjointes de la professionnalisation et de la désinstitutionnalisation, permet de comprendre sa structuration, ses espaces vides ou saturés, ses itinéraires balisés, coordonnés ou improvisés, mais aussi d’interroger les choix politiques qui orientent ses évolutions.
- Sophie Thunus

Soin ou contrôle ?

Le nouveau cadre professionnel que la convention impose au psychologue implique des missions, des relations, des actions nouvelles auxquelles celui-ci doit s’adapter, pour autant qu’elles soient conformes à sa déontologie dans ses dimensions réglementaires et, plus encore, éthiques.
- Christian Mormont

Souffrance et organisation

La psychothérapie institutionnelle est un courant de la psychiatrie né pendant la Seconde Guerre mondiale1. Elle vise la prise en charge des personnes présentant des troubles psychiques, en particulier des psychoses.
- Ahmed Boucham

Dans les marges du soin

Lorsque la personne se détourne des institutions, par méfiance ou rupture du lien, il devient essentiel de l’accompagner sur son lieu de vie. Cette démarche, complexe lorsqu’il s’agit de soins en rue, offre une formidable opportunité : renouer le lien, respecter le rythme de chacun, aller à la rencontre de son environnement et favoriser une approche désinstitutionnalisée qui inclut la personne dans son quotidien. Ce temps accordé, empreint de respect et de patience, pourrait devenir le premier pas vers la reconstruction de la confiance dans le secteur social-santé.
- Asma El Moukadam, Charles-Antoine Sibille, Vira Geeurickx

Santé mentale et IA : pour un moratoire éthique

« En quoi suis-je autorisé ? » La question posée par Lacan[efn_note]J. Lacan, « En quoi suis-je autorisé ? », Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, Séminaire 11, 1964, Seuil, 1973.[/efn_note] met en évidence un paradoxe que nous observons tous. Les personnes considérées compétentes pour parler de l’intelligence artificielle sont des spécialistes et connaisseurs souvent plutôt convaincus. Bien sûr ces acolytes, parfois zélateurs, relèveront certains inconforts herméneutiques ou politiques, mais souvent termineront-ils en suggérant qu’il faut bien vivre avec son temps. Il me semble raisonnable de défendre que, pour discuter des effets de l’IA dans le domaine de la santé mentale, il faut surtout réfléchir depuis le point de vue de la clinique et de ce qui se déploie dans la relation thérapeutique.
- Jérome Englebert

S’orienter dans la « nébuleuse psy »

Dans le domaine de la santé mentale, les appellations sont nombreuses et, avec elles, les interrogations et possibilités de confusion. Ce manque de lisibilité peut générer des attentes inadaptées, voire exposer des personnes vulnérables à des pratiques insuffisamment encadrées. Les professionnels eux-mêmes peuvent s’y perdre lorsqu’il s’agit d’orienter quelqu’un dans cette nébuleuse diffuse de titres, de formations et d’approches.
- Lauren Van den Berghe, Marie Jenet, Sarah Hallaert, Valentin Biset

Actualités 115

Le temps, enjeu et ressource

« Qu’est-ce donc que le temps ? Si personne ne le demande, je le sais ; mais si on me le demande, je ne le sais plus. » À prendre les choses de façon abstraite et détachée, on n’a sans(…)

- Alexis Filipucci

Prescrire de la nature, une pratique émergente

Les liens entre santé humaine et environnement prennent une place croissante dans les réflexions en santé publique. Les effets du contact avec la nature sur la santé mentale et physique sont aujourd’hui de mieux en mieux documentés[efn_note]X. Wang et al., “Mapping of research in the Field of forest therapy-related issues: a bibliometric analysis for 2007-2021”, Frontiers in psychology, 2022;13 ; C. Twohig-Bennett, A. Jones, “The health benefits of the great outdoors: A systematic review and meta-analysis of greenspace exposure and health outcomes”, Environ Res., 2018;166 ; MP White et al., "Spending at least 120 minutes a week in nature is associated with good health and wellbeing”, Sci Rep9, 7730, 2019.[/efn_note] : diminution du stress, amélioration de l’humeur, augmentation de l’activité physique, réduction de l’isolement social et effets positifs sur certaines pathologies chroniques.
- Nolwen Lechien

52 milliards : sérieusement ?!

Alors que le gouvernement Arizona a voté une série de réformes faisant peser la plupart de l’effort sur les travailleurs et la Sécurité sociale, il y a une dépense publique que les patrons et leurs amis au gouvernement se gardent bien de mettre en évidence : le montant exorbitant des aides publiques aux entreprises. Avec éconosphères, nous avons chiffré ce montant à 52 milliards en 2022[efn_note]B. Bauraind, C. Van Tichelen, F. Sebastian, « “Un pognon de dingue”*, Le soutien public aux entreprises privées lucratives en Belgique », 21 mai 2025, www.econospheres.be. Le projet éconosphères est une initiative conjointe de la FGTB de Bruxelles la FGTB wallonne, la CSC, Attac Bruxelles-Wallonie et le Gresea.[/efn_note]. 52 milliards d’aide publique aux entreprises : et si on en faisait autre chose ?
- Clarisse Van Tichelen

Ariane Estenne : « Le décret éducation permanente reste un texte révolutionnaire dans sa portée, sa structure et sa façon de financer les associations »

Présidente du Mouvement ouvrier chrétien et du Conseil supérieur de l’éducation permanente, Ariane Estenne revient sur les fondements du décret qui soutient l’action d’éducation permanente (EP) depuis cinquante ans en Communauté française et souligne la nécessité de lutter pour les préserver face aux atteintes qui leur sont portées.
- Alexis Filipucci, Ariane Estenne, Pauline Gillard

Exploration d’un concept

L’autonomie est un des quatre grands principes éthiques que l’on retient généralement dans les soins de santé, à côté des principes de bienfaisance, de non-malfaisance et d’équité.
- Dr André Crismer