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Soin ou contrôle ?


Santé conjuguée n°115 - juin 2026

Le nouveau cadre professionnel que la convention impose au psychologue implique des missions, des relations, des actions nouvelles auxquelles celui-ci doit s’adapter, pour autant qu’elles soient conformes à sa déontologie dans ses dimensions réglementaires et, plus encore, éthiques.

Les consultations de première ligne sont conçues sur le modèle des services d’urgences médicales ou sociales. Elles semblent limiter leurs ambitions à prendre connaissance des situations et à vérifier si le psychologue dispose de moyens d’action mobilisables, probablement efficaces, pour agir temporairement sur la cible choisie en fonction des restrictions imposées par le cadre de la convention. Dans la mesure où on introduit le psychologue dans le circuit de la résolution rapide de problèmes circonscrits, il faut avoir conscience que l’on s’écarte de la notion de soin psychique et que l’on entre dans la logique de l’efficacité et de la rentabilité, logique basée sur la réduction de la complexité à des schémas positivistes éloignés souvent des difficultés intérieures vécues par le consultant. Cette limitation de la prise en charge dans le temps et dans les modalités d’action psychologique soulève des questions d’ordre éthique. Dans cette pratique, le soin est subordonné à une idéologie opératoire et organisationnelle, inspirée du monde de l’entreprise et de la finance. Les dimensions relationnelles, affectives, symboliques semblent moins prises en compte.
La prise en charge urgente et temporaire est-elle une introduction ou un obstacle à l’instauration d’un soin psychothérapeutique ? On peut même avancer que cette conception d’une action brève par principe ne favorise pas l’engagement dans un processus authentiquement thérapeutique. Elle présente plutôt l’option d’une écoute rapide, ponctuelle, éventuellement transitoire, susceptible d’aider la personne confrontée à une difficulté « superficielle ». De même, dans le travail de première ligne, la stéréotypie du modèle (commencer par le bilan fonctionnel, par exemple) peut traduire un souci de gestion administrative plutôt qu’une préoccupation de prise en charge clinique, c’est-à-dire adaptée, hic et nunc, au cas individuel. Cette priorité donnée à l’administratif serait éthiquement inacceptable dans le domaine de la santé. Elle est en tout cas humainement inacceptable, comme l’illustre aujourd’hui (dixième anniversaire des attentats de Bruxelles), l’insatisfaction de bien des victimes quant à leur prise en charge, soumise davantage à des modalités et exigences administratives qu’au soulagement de la réalité douloureuse endurée.
Le principe de la limitation temporelle de la prise en charge affecte-t-il les personnes qui souffrent de troubles de l’attachement ? Parmi les personnes qui recourent aux services de première ligne, il y en a sans doute qui ont un parcours de vie chaotique marqué par l’instabilité, les ruptures, les abandons. Créer un lien avec de telles personnes, en sachant que ce lien devra être coupé après un certain nombre de séances, pose un sérieux problème. Alors que l’on peut penser qu’une partie au moins de leurs difficultés découle de leurs troubles d’attachement, on demande à ces personnes fragilisées de s’impliquer dans une relation (ce qui en soi est déjà angoissant pour elles), relation dont la fin est prévue non pas comme terme d’un processus évolutif, mais comme échéance bureaucratique. Un psychologue clinicien peut-il s’engager dans une telle action, sans aucune objection de conscience ?

La sortie du cadre

Pour occuper la première ligne, le psychologue est obligé de quitter son antre et rencontrer son client sans être tout à fait certain que les préliminaires rituels (demande, motivation, investissement, capacités de verbalisation et de mentalisation…) sont rigoureusement assurés. Le travail va se faire, non dans un bureau aseptisé entre deux personnes exfiltrées du monde ordinaire, mais dans le milieu de vie du demandeur, avec tout ce qu’implique de concret cette notion de milieu de vie, réalité avec laquelle le professionnel de la vie psychique n’est pas accoutumé de traiter ni d’interagir. En effet, quelles compétences avérées a-t-il pour comprendre et traiter judicieusement des problèmes sociaux, juridiques, sanitaires ou de travail qu’il connait mal et qui n’ont pas fait l’objet de sa formation ? Problèmes qui ne sont pas du registre du psychologique, mais qui font partie de la vie du client. Il faudrait donc procéder à une délicate distinction des rôles et des champs pour définir ce qui revient respectivement au professionnel de la vie psychique et aux autres intervenants et comment les uns et les autres peuvent littéralement co-opérer.

La question du secret professionnel

Une telle co-opération pose sans doute la question du secret professionnel de façon plus régulière que le travail classique du psychologue. La loi interdit de divulguer quoi que ce soit à qui que ce soit de ce que le psychologue a appris dans l’exercice de sa profession, hormis les exceptions que constituent les missions d’expertises ordonnées par un juge et l’état de nécessité. Le fait même de consulter est couvert par le secret, ce qui devrait, par exemple, régler le sort des demandes d’attestation formulées par diverses instances. Ces instances ne sont évidemment pas soumises à la loi sur le secret et n’ont aucune raison de ne pas poser au psychologue les questions qui leur importent. C’est au psychologue de limiter sa réponse au rappel de la loi, même dans le cas où la violation du secret serait favorable au client concerné. Le secret est un rempart contre l’exploitation du psychologue à des fins de contrôle et aussi contre l’exploitation du bénéficiaire à des fins autres que sa santé. Il faut aussi rappeler que le fait qu’une information connue dans le contexte professionnel soit, par ailleurs, de notoriété publique n’autorise pas le psychologue à en parler. Fondamentalement, le secret n’est pas déterminé par le contenu de l’information, mais par le cadre (professionnel) dans lequel l’information est apprise. Il n’est pas laissé au psychologue la latitude d’apprécier l’opportunité de le respecter ou non.

L’hétérogénéité des interlocuteurs

Les difficultés relatives au secret sont aggravées par l’implication du psychologue clinicien de première ligne dans la résolution de problèmes qui ne sont pas spécifiquement psychologiques et qui appellent l’intervention d’instances non concernées par la loi sur le secret professionnel, comme les problèmes sociaux, juridiques ou inhérents au milieu de travail. En ce domaine, il arrive que le psychologue clinicien soit sollicité par un employeur ou une caisse d’assurance afin d’attester que son client est ou non apte au travail. La demande ne semble pas déraisonnable vu la connaissance que le psychologue est censé avoir de son client, mais il ne connait pas la psychologie du travail, ni le monde du travail, ni les exigences de tous les métiers qu’exercent ses clients. Quoi qu’il en soit, le psychologue ne peut communiquer à un tiers ce qu’il a appris sous le sceau du secret – secret dont personne, ni une autorité quelconque ni le maître du secret lui-même ne peut le délier, puisqu’il lui est imposé par une loi. Mais la doctrine évolue et les limites jadis très claires deviennent plus floues, générant incertitude et insécurité.

La demande d’attestation

En quoi l’information d’un employeur peut-elle être comprise comme du soin, priorité absolue du soignant, même si, en l’occurrence, le travail est considéré comme contribuant à la santé ? En quoi l’adaptation au travail ou à quoi que ce soit d’autre est-elle un objectif de soin ? Le psychologue, spécialiste du soin psychique, aide la personne à trouver les meilleures façons de mettre ses ressources au service de sa santé mentale, ce qui peut parfois consacrer une inadaptation plutôt que de tenter de la corriger. Et on ne peut nier que les rapports employeur-employé sont plus souvent basés sur le conflit d’intérêts que sur la subordination des intérêts de chacun à une vision, utopique, du plus grand bien-être des individus. De plus, attester de l’état d’une personne, même à son avantage, peut à terme avoir des conséquences contraires à ce que la personne elle-même souhaite. Par exemple, un travailleur demande que le psychologue atteste qu’il n’est pas actuellement capable d’assurer son travail pour des raisons psychologiques, et se retrouvera barré plus tard dans une demande de promotion pour ces mêmes raisons.
La demande d’attestation pour des tiers est fréquente dans des affaires familiales où une des parties ou son avocat demande au psychologue d’attester des choses dont il n’est pas témoin, mais qui lui ont été racontées par ladite partie. Ces confidences sont couvertes par le secret et ne peuvent être divulguées. De plus, le psychologue ne peut jamais leur conférer un statut de faits avérés ni prendre position en s’appuyant sur les confidences dont il n’a ni la mission ni les moyens d’établir la véracité. Le psychologue ne peut davantage communiquer le résultat de ses observations ou analyses.
Vu la fréquence de telles demandes et le désarroi qu’elles suscitent chez beaucoup de psychologues, il serait avisé que la convention prévoie des conseils, des procédures qui les aident, sans pour autant les dispenser de leur réflexion éthique toujours en éveil. On pourrait, par exemple, rappeler au psychologue qu’il ne peut délivrer d’attestation à quiconque, sauf au client lui-même, lequel a la liberté et le pouvoir de la produire ou non selon qu’il le juge opportun ou non. Les demandes d’avis plus circonstanciés sont sans doute plus délicates. Que le client ait le droit de connaitre l’opinion du psychologue à son sujet, puisqu’il a le droit de consulter son dossier psychologique ne signifie pas l’obligation pour le psychologue d’en rédiger un rapport à usage « externe ». Ces sujets restent en débat et les prises de distance vis-à-vis du secret « classique » requièrent beaucoup de prudence et engagent la responsabilité du professionnel.

Les droits du patient

La récente modification de loi sur les droits du patient pose un autre problème, celui de l’accès, pour le client, non seulement à son dossier, mais aussi aux notes personnelles du psychologue. Pour le clinicien, le dossier tel qu’il est formalisé est un outil de travail lourd, chronophage et rarement très utile dans sa pratique clinique. Mais s’il souscrit à l’obligation légale de le constituer, il ne peut faire l’économie de l’appréciation éthique de ce qu’il y dépose : la loi ne surpasse pas l’éthique. Pire encore, les notes personnelles ! Il est impossible de penser librement, de façon créative, si chaque association d’idées, chaque hypothèse exploratoire doit être exposée à celui qui est directement concerné et qui n’a pas les moyens de garder une juste distance à l’égard d’un tel matériau ni d’en bien comprendre et moins encore d’en bien supporter la nature spéculative. Et on pourrait se demander si, éthiquement, il est bon de partager avec le client tout ce travail mental qui procède par intuition, essai et erreur, assemblages de détails disparates, constructions incertaines, à la recherche du fil le plus efficient et qui le confronte inutilement au vagabondage de l’esprit du psychologue. Celui-ci ferait donc bien d’être très parcimonieux dans sa prise de notes. Ou de ne pas prendre de notes, celles-ci se révélant, dans la pratique réelle du psychologue, de peu d’utilité.

Le travail d’équipe

Dans un travail d’équipe comme le travail de première ligne, la gestion du secret partagé est un autre sujet de préoccupation. Le partage ne peut avoir d’autre objet que l’avantage du client, ne porter que sur des informations pertinentes, n’impliquer que les professionnels utiles et être autorisé par le client. Il est acquis que la divulgation nécessaire d’informations psychologiques à d’autres professionnels soumet ceux-ci au même secret que celui auquel est tenu le psychologue. Cette disposition logique est néanmoins difficile à pratiquer strictement lorsqu’on est confronté à la complexité et à l’hétérogénéité des réalités et des partenaires. Le psychologue devrait s’astreindre à faire un tri rigoureux des informations partagées en fonction de leur nécessité pour l’accomplissement de la mission. Cela pourrait entrainer qu’une information donnée ne soit pas partagée avec tous les membres d’une équipe, ce qui est concrètement délicat et malaisé. Ces difficultés ne sont évidemment pas particulières au travail de première ligne, mais les conditions de ce travail en favorisent l’émergence. On accordera une attention spéciale à la relation à l’intérieur du binôme psychologue-médecin que la convention valorise, dans la mesure où la communauté d’obligation du secret n’entraine pas, sciemment ou non, une automatisation du secret partagé ni une hiérarchie des obligations en fonction de la profession.
En filigrane de ces réflexions transparait la crainte du psychologue d’être employé comme agent de contrôle par le truchement du contrôle bureaucratique de son travail et par la dilution des limites de son activité et de ses interactions professionnelles. La crainte n’est pas imaginaire. Au psychologue, dès lors, d’être vigilant.

 

 

Cet article est paru dans la revue:

Santé conjuguée, n°115 - juin 2026

Introduction n°115

Henri Ey, illustre psychiatre français, soutenait en 1935 que la psychiatrie était née « au moment où sont passés dans la structure sociale les concepts de liberté individuelle, de droits de l’homme ». Quelque nonante ans plus(…)

- Fabian Lo Monte

Personne ne joue avec les mêmes cartes

Dans nos sociétés individualistes et méritocratiques, la santé mentale est souvent envisagée comme une affaire privée : un problème de personnalité, de vulnérabilité individuelle, de trauma ou de gestion émotionnelle. La souffrance psychique serait avant tout liée à ce qui se passe « dans la tête ». Elle ne concernerait donc que les psys et leurs patients. Pourtant, depuis plusieurs décennies, la recherche montre que la santé mentale dépend aussi fortement des conditions sociales dans lesquelles les individus naissent, grandissent, travaillent et vieillissent. On parle alors de déterminants sociaux de la santé mentale.
- Mélanie Lannoy

Dossier patient informatisé, droit au respect de l’intimité

Il est essentiel de rappeler la complexité de l’être humain et les risques individuels et sociétaux liés à l’exigence de numérisation[efn_note]Cet article est extrait de « À l’ère du dossier patient informatisé, le droit au respect de l’intimité, oublié ? », avril 2019-mai 2026, https://psyclimède.be.[/efn_note]. Comme il est vital de différencier données confidentielles pertinentes pour la qualité des soins et données touchant à l’intime. Ces dernières bénéficient d’un degré de protection supérieur.
- Genevieve Monnoye

La construction d’une identité commune

Quelle place occupent les psychologues dans les maisons médicales ? Moins nombreux que les autres métiers du soin qui composent les équipes, leur rôle est néanmoins un maillon essentiel à la pratique pluridisciplinaire.
- Pascale Meunier

Enjeux pour les maisons médicales et leurs psys

La réforme et la convention des soins psychologiques de première ligne représentent une opportunité d’intégration institutionnelle et une source de tensions internes. Les maisons médicales travaillent en effet depuis longtemps en équipe pluridisciplinaire, intégrant déjà prévention, détection précoce, accompagnement psychosocial et actions communautaires sans être enfermées dans un modèle de « consultations à la séance ». Elles revendiquent une approche bien plus large que l’esprit de la convention, qui est centrée sur des « interventions » à objet thérapeutique limité en durée et ciblée sur des problématiques légères à modérées.
- Anaël Lecocq

Répondre à un besoin crucial d’accessibilité

Lancé en 2019, le projet soins psychologiques dans la première ligne vise à combler un manque dans l’offre de soins, longtemps centrée sur des interventions spécialisées et hospitalières. Ce dispositif introduit une prise en charge accessible et orientée vers la prévention, la détection et l’intervention précoce auprès des personnes présentant un mal-être psychologique léger à modéré, afin d’éviter l’évolution vers des troubles plus complexes.
- Frank Vandiervliet

Aller au-delà du symptôme, vraiment ?

« Tout en faisant partie intégrante du dispositif de soin, l’entretien avec le psychologue est un espace “autre” qui se dégage de l’urgence d’abraser le symptôme. » La formule est signée Ducarre[efn_note]C. Ducarre, « Le négatif de la psychiatrie : la place de l’entretien avec le psychologue dans une clinique psychiatrique », Cliniques 3, no 1, 2012.[/efn_note]. Elle est représentative d’une attitude canonique, confinant à la caractéristique identitaire : celle du psychologue clinicien face à la symptomatologie. Pour comprendre de quoi il retourne, il faut reprendre depuis le début : qu’est-ce qu’un symptôme ?
- Fabian Lo Monte

Travail thérapeutique et action communautaire

Les services de santé mentale (SSM), structures ambulatoires visant à favoriser l’accessibilité aux soins et aux services de santé pour l’ensemble de la population d’un territoire géographique, ont pour mission d’accueillir les personnes en souffrance ou en difficulté psychosociale pour maintenir ou restaurer leur qualité de vie et les accompagner dans une résolution de leurs difficultés. Les moyens mis en œuvre vont de l’accueil à l’accompagnement, en passant par la thérapie, le travail en réseau, mais aussi les projets communautaires et les activités de prévention.
- Maud Verjus, Nathalie Thomas, Séverine Clinaz

Topographie des lieux de soins de santé mentale

Le paysage des soins de santé mentale révèle l’étendue des ressources mobilisées pour donner ou recevoir des soins ainsi que du soutien émotionnel ou pratique. Observer sa topographie, façonnée par les forces conjointes de la professionnalisation et de la désinstitutionnalisation, permet de comprendre sa structuration, ses espaces vides ou saturés, ses itinéraires balisés, coordonnés ou improvisés, mais aussi d’interroger les choix politiques qui orientent ses évolutions.
- Sophie Thunus

Soin ou contrôle ?

Le nouveau cadre professionnel que la convention impose au psychologue implique des missions, des relations, des actions nouvelles auxquelles celui-ci doit s’adapter, pour autant qu’elles soient conformes à sa déontologie dans ses dimensions réglementaires et, plus encore, éthiques.
- Christian Mormont

Souffrance et organisation

La psychothérapie institutionnelle est un courant de la psychiatrie né pendant la Seconde Guerre mondiale1. Elle vise la prise en charge des personnes présentant des troubles psychiques, en particulier des psychoses.
- Ahmed Boucham

Dans les marges du soin

Lorsque la personne se détourne des institutions, par méfiance ou rupture du lien, il devient essentiel de l’accompagner sur son lieu de vie. Cette démarche, complexe lorsqu’il s’agit de soins en rue, offre une formidable opportunité : renouer le lien, respecter le rythme de chacun, aller à la rencontre de son environnement et favoriser une approche désinstitutionnalisée qui inclut la personne dans son quotidien. Ce temps accordé, empreint de respect et de patience, pourrait devenir le premier pas vers la reconstruction de la confiance dans le secteur social-santé.
- Asma El Moukadam, Charles-Antoine Sibille, Vira Geeurickx

Santé mentale et IA : pour un moratoire éthique

« En quoi suis-je autorisé ? » La question posée par Lacan[efn_note]J. Lacan, « En quoi suis-je autorisé ? », Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, Séminaire 11, 1964, Seuil, 1973.[/efn_note] met en évidence un paradoxe que nous observons tous. Les personnes considérées compétentes pour parler de l’intelligence artificielle sont des spécialistes et connaisseurs souvent plutôt convaincus. Bien sûr ces acolytes, parfois zélateurs, relèveront certains inconforts herméneutiques ou politiques, mais souvent termineront-ils en suggérant qu’il faut bien vivre avec son temps. Il me semble raisonnable de défendre que, pour discuter des effets de l’IA dans le domaine de la santé mentale, il faut surtout réfléchir depuis le point de vue de la clinique et de ce qui se déploie dans la relation thérapeutique.
- Jérome Englebert

S’orienter dans la « nébuleuse psy »

Dans le domaine de la santé mentale, les appellations sont nombreuses et, avec elles, les interrogations et possibilités de confusion. Ce manque de lisibilité peut générer des attentes inadaptées, voire exposer des personnes vulnérables à des pratiques insuffisamment encadrées. Les professionnels eux-mêmes peuvent s’y perdre lorsqu’il s’agit d’orienter quelqu’un dans cette nébuleuse diffuse de titres, de formations et d’approches.
- Lauren Van den Berghe, Marie Jenet, Sarah Hallaert, Valentin Biset

Actualités 115

Le temps, enjeu et ressource

« Qu’est-ce donc que le temps ? Si personne ne le demande, je le sais ; mais si on me le demande, je ne le sais plus. » À prendre les choses de façon abstraite et détachée, on n’a sans(…)

- Alexis Filipucci

Prescrire de la nature, une pratique émergente

Les liens entre santé humaine et environnement prennent une place croissante dans les réflexions en santé publique. Les effets du contact avec la nature sur la santé mentale et physique sont aujourd’hui de mieux en mieux documentés[efn_note]X. Wang et al., “Mapping of research in the Field of forest therapy-related issues: a bibliometric analysis for 2007-2021”, Frontiers in psychology, 2022;13 ; C. Twohig-Bennett, A. Jones, “The health benefits of the great outdoors: A systematic review and meta-analysis of greenspace exposure and health outcomes”, Environ Res., 2018;166 ; MP White et al., "Spending at least 120 minutes a week in nature is associated with good health and wellbeing”, Sci Rep9, 7730, 2019.[/efn_note] : diminution du stress, amélioration de l’humeur, augmentation de l’activité physique, réduction de l’isolement social et effets positifs sur certaines pathologies chroniques.
- Nolwen Lechien

52 milliards : sérieusement ?!

Alors que le gouvernement Arizona a voté une série de réformes faisant peser la plupart de l’effort sur les travailleurs et la Sécurité sociale, il y a une dépense publique que les patrons et leurs amis au gouvernement se gardent bien de mettre en évidence : le montant exorbitant des aides publiques aux entreprises. Avec éconosphères, nous avons chiffré ce montant à 52 milliards en 2022[efn_note]B. Bauraind, C. Van Tichelen, F. Sebastian, « “Un pognon de dingue”*, Le soutien public aux entreprises privées lucratives en Belgique », 21 mai 2025, www.econospheres.be. Le projet éconosphères est une initiative conjointe de la FGTB de Bruxelles la FGTB wallonne, la CSC, Attac Bruxelles-Wallonie et le Gresea.[/efn_note]. 52 milliards d’aide publique aux entreprises : et si on en faisait autre chose ?
- Clarisse Van Tichelen

Ariane Estenne : « Le décret éducation permanente reste un texte révolutionnaire dans sa portée, sa structure et sa façon de financer les associations »

Présidente du Mouvement ouvrier chrétien et du Conseil supérieur de l’éducation permanente, Ariane Estenne revient sur les fondements du décret qui soutient l’action d’éducation permanente (EP) depuis cinquante ans en Communauté française et souligne la nécessité de lutter pour les préserver face aux atteintes qui leur sont portées.
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Exploration d’un concept

L’autonomie est un des quatre grands principes éthiques que l’on retient généralement dans les soins de santé, à côté des principes de bienfaisance, de non-malfaisance et d’équité.
- Dr André Crismer