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Plusieurs équipes de maisons médicales constatent une montée de l’agressivité parmi leurs patients. Le phénomène semble avoir pris de l’ampleur, même si aucune étude n’a été réalisée à ce sujet. Elles sont de plus en plus nombreuses à vouloir être outillées, se former, renforcer les règles et définir les sanctions possibles, ce qui constitue un défi majeur pour des équipes autogérées en prise avec un fonctionnement de type non hiérarchisé et coconstruit autour d’un modèle qui allie entre autres accessibilité et bienveillance.

Dans cet environnement aux caractéristiques particulières, évoquer la violence est parfois malaisé, et trouver des réponses appropriées laborieux, car pour ce faire, il faut inviter la question du cadre, de la règle, de la limite institutionnelle et des limites individuelles. Penser la violence dans l’institution équivaut également à interroger un type de mécanisme qui parfois permet, parfois cautionne et attise les épisodes violents1.

Pourquoi ? Comment ?

La violence est omniprésente dans à peu près tous lieux de soin. Elle peut apparaitre au détour d’un mot, d’une phrase, d’une attitude, elle se décline sous forme de tensions allant parfois jusqu’à l’agression verbale voire physique. Elle est assez courante dans les lieux résidentiels où la cohabitation et le respect d’un cadre plus ou moins strict créent de facto des frictions. Dans les hôpitaux ou les établissements de postcure, la violence se déploie parmi les résidents, entre les résidents et les soignants ; elle est pratiquement inévitable. Certains services sont plus sensibles que d’autres. Parmi ceux-ci, les secteurs psychiatriques et d’addictologie sont rarement épargnés.
Les lieux de soins sont par définition des concentrés de situations problématiques et complexes propices à la montée de mouvements agressifs. La maladie et la souffrance induisent régulièrement la peur et de la douleur, des sentiments et sensations qui sont souvent l’antichambre de la colère, elle-même pouvant mener à la violence. La pathologie, la chronicité, l’incapacité et l’invalidité créent un sentiment de frustration et de perte (mobilité, plaisir, emploi, estime, tranquillité…). C’est avec ce fatras émotionnel que les patients se présentent dans nos lieux de soins. Ils arrivent avec à la fois beaucoup d’espoir et d’attentes, mais aussi beaucoup de tristesse et de colère d’avoir « perdu » leur santé, de ne pas pouvoir la récupérer, de ne pas bénéficier de ce traitement miracle qui les remettrait sur pied.
Certaines pathologies sont plus invalidantes que d’autres, et elles ont des conséquences sur le bien-être et sur la mobilité, sur la vie familiale et sociale. Notons que les pathologies mentales, qu’elles viennent ou non se greffer sur une affection physique, représentent à elles seules un facteur de risque. La fragilité psychique rend les comportements plus désorganisés, les réactions plus intenses et la capacité de se contenir plus malaisée. Enfin, la dégradation de la situation sociale et économique affecte également bon nombre de nos patients et représente également un facteur de risque à l’augmentation des épisodes d’agressivité.

La crise sanitaire et ses conséquences

Les mesures exceptionnelles prises lors de l’épidémie de Covid-19 ont considérablement augmenté le niveau de stress, de peur et d’incertitude parmi la population. Le confinement et la distanciation sociale ont eu pour effet de considérer l’autre comme un danger. Les maisons médicales ont été fortement touchées par ces mesures et ont dû se réorganiser sur un mode très normatif. Elles, dont l’organisation a un effet structurellement bienfaisant sur leur public (entre autres via un accueil soigné, professionnel et bienveillant), ont dû se résoudre à le mettre à distance avec des plexiglas, une réduction des consultations, un filtrage… Elles étaient beaucoup moins accessibles. Elles ont en outre dû suspendre leurs activités communautaires, mettre sous scellés les espaces de collectivité et, fait encore plus inédit, interdire l’accès aux personnes potentiellement contaminées. Or, celles-ci avaient plus que jamais besoin d’être apaisées, rassurées et accueillies. La peur de la contamination et les messages affolants diffusés en continu ont propagé un climat d’incertitude dont nous ressentons encore les effets. Les soignants ont dû gérer leurs propres angoisses et leurs propres doutes face à une alerte massive en temps réel et sans préparation. Les équipes ont dû se réorganiser à échelle variable, à effectif réduit et dans l’urgence.
Cette période a été peu élaborée par les équipes, ni pendant (car il fallait s’adapter en temps réel) ni après (car il fallait tourner cette page longue et éprouvante). Pourtant, ce qui n’est pas élaboré reste tapi dans les placards. Il en reste toujours quelque chose, une sorte de choc post-traumatique dont les effets résonnent des mois voire des années plus tard. Pire, il se peut que tout se restructure sur ce mode-là et que ces dimensions anxiogènes fassent inconsciemment partie d’un nouveau fonctionnement. Il reste ici et là une forme de déni de ce que cette crise a déclenché et qui vient s’ajouter aux problématiques plus structurelles auxquelles les lieux de soins sont confrontés depuis des années. Mis bout à bout, ces enjeux multiples et multifactoriels nourrissent les risques d’agressivité tant du côté des soignants que des patients et peuvent basculer vers une forme de violence institutionnelle.

D’abord penser, puis agir

La plupart des petites agressions peuvent se résoudre dans une compréhension et un dialogue bienveillant, mais ferme. Certains comportements plongent les équipes dans un profond embarras. Il n’est pas rare que cela provoque des conflits internes quant à la réaction à adopter. Il serait plus simple d’avoir un canevas dans lequel puiser des réponses préconstruites. Mais une situation n’est pas l’autre ; certains soignants sont particulièrement tolérants aux actes violents, d’autres beaucoup moins. La réponse peut donc aller de l’acceptation inconditionnelle empreinte de compréhension à l’absence d’indulgence et d’empathie. Nous ne parlons évidemment pas ici d’actes qui menacent l’intégrité physique et psychique des soignants, mais bien d’accès d’humeur, de manquements, d’attitudes intimidantes et impulsives ou d’impatience. Le panel est très large, les réponses à adopter également. La vision binaire bien/mal ou bourreau/victime est rarement suffisante, car la violence prend souvent naissance dans un système et dans des interactions, et il est important de réfléchir collectivement à l’origine du comportement agressif pour pouvoir le résoudre et l’anticiper.
Sans penser la violence et sans tenter de la comprendre, les réponses seront souvent inadéquates, peu réfléchies et, surtout, insuffisantes, et la violence sera toujours subie, répétitive, et affectera durablement la motivation de ceux et celles qui choisissent de prendre soin.

Comment penser la violence dans les lieux de soin

Les causes de l’agressivité pourraient se répartir en deux catégories contenant des facteurs endogènes et des déterminants de type exogène.
Parmi les déclencheurs endogènes, citons les traits de personnalité comme l’impulsivité, l’intolérance à la frustration, la labilité émotionnelle. Ceux-ci s’inscrivent souvent dans une histoire familiale, culturelle, constituée d’accidents de vie plus ou moins marquants. La consommation problématique d’alcool, de drogues ou autres substances psychotropes peut diminuer les capacités des gens à contrôler leurs émotions. Certains troubles de la personnalité, pathologies ou handicaps mentaux sont autant de facteurs de risque à ne pas minimiser. Certaines maladies dégénératives ou de vieillesse sont connues pour modifier l’humeur et rendre plus volubile et imprévisible. La maladie, dans l’absolu, déclenche une vulnérabilité et une variation d’humeur, surtout quand elle apparait de manière brutale, s’intensifie, se chronicise et déclenche une série de pertes.
Parmi les déterminants exogènes, citons les conditions de vie parfois dramatiques dans lesquelles sont plongés les patients parfois dès leur plus jeune âge. Les conditions socioéconomiques précaires, un habitat délabré, une perte d’emploi, des politiques drastiques qui induisent une conditionnalité aux aides disponibles, la complexification des démarches, la solitude et l’isolement social, le manque d’interlocuteurs dans les administrations et les services, la numérisation à outrance… sont autant de facteurs de risque. L’individualisme exacerbé induit par nos sociétés, le manque de liens structurants, d’appuis de la collectivité, le sentiment d’être abandonné et méprisé par la société produisent un repli sur soi et une violence actée et subie.
Dans nos institutions médico-sociales, l’augmentation de l’agressivité peut également prendre racine dans la réduction des ressources allouées aux soins, dans les réductions drastiques des moyens de fonctionnement, et donc à la prise en charge. La pénurie de soignants, le manque de disponibilité des spécialistes, l’attente longue aux urgences ou pour un rendez-vous sont éprouvants. Dans nos maisons médicales, citons les rotations du personnel et la difficulté d’assurer aux patients un référent stable et durable. Nos services sont eux-mêmes remplis de tensions organisationnelles ou relationnelles. La surcharge professionnelle, les absences, la difficulté liée au recrutement, les prises de décisions partagées… sont autant de facteurs déterminants qu’il convient d’ajouter à l’équation. Ceci nécessite une communication claire et franche sur les conditions qui entourent le soin, sur des éléments de réalité et sur les impondérables dont les patients ne sont pas nécessairement informés. L’absence ou le manque d’explications est une grande source de frustration.

Quelle attitude adopter ?

Un espace de réflexion est nécessaire pour élaborer, réfléchir collectivement, contextualiser et comprendre l’origine d’un incident.
S’il est indispensable de pouvoir élaborer un récit juste et impartial des évènements, il est tout aussi important de laisser place aux émotions qui ont été éveillées, au vécu subjectif, aux peurs et dommages subis par les travailleurs. Une réparation peut s’avérer nécessaire, elle peut prendre la forme d’une lettre d’avertissement, d’un entretien de recadrage ou encore d’un rappel des règles en vigueur. Rappeler aux patients l’objet de nos missions, les limites de notre intervention, le respect des soignants et de l’équipe dans son entièreté. Afficher quelques informations claires et bienveillantes pour bien identifier les horaires, les délais, les conditions non négociables qui permettent une relation thérapeutique respectueuse de tous.
Cet exercice permettra également d’analyser les facteurs déclencheurs, d’identifier les déterminants, de vérifier ceux qui peuvent être mis au travail de manière individuelle ou collective, notamment via les ateliers communautaires. Le contexte, les problématiques soulevées, le type de communication et la gestion de la crise seront analysés afin de trouver une réponse adaptée et de prévenir d’autres évènements similaires. Il peut être nécessaire de mettre ces sujets à l’ordre du jour d’une réunion, en supervision, ou en présence d’un tiers qui puisse aider à gérer les émotions et les frustrations.
Des procédures pourraient être mises en place, comme appeler un collègue ou le médecin référent afin de ne pas être seul, et trianguler. Le cadre institutionnel devra toujours être interrogé : est-il suffisamment connu, élaboré, doit-il être revu et soutenu ? Est-il connu de tous ? Fait-il l’objet d’un consensus ? Ces évènements, aussi douloureux et difficiles soient-ils, peuvent être un levier, une opportunité pour interroger nos pratiques, notre cohésion d’équipe et notre capacité à penser ensemble nos limites, notre cadre de travail. Cependant, il est important de se rappeler que ce n’est pas parce que nous travaillons dans un lieu de soins que nous devons tout supporter. Soigner ne veut pas dire subir, et certains actes sont répréhensibles et doivent être gérés par les autorités compétentes. De la même manière, il est nécessaire d’accompagner les victimes d’agression, trouver une réparation, acter une réponse adéquate et ferme de l’institution.
Le monde dans lequel nous évoluons ne nous met pas à l’abri d’évènements traumatisants, c’est la raison pour laquelle nous devons nous laisser traverser par les questions qui émergent, tout en préservant notre modèle de soins et nos travailleurs, composer avec cette complexité tout en préservant nos forces vives.

  1. Nous utilisons ici les termes « violence » et « agressivité » sachant bien qu’ils reflètent des réalités qui ne sont pas parfaitement identiques.

Cet article est paru dans la revue:

Santé conjuguée, n°106 - mars 2024

Introduction n°106

Les personnes ayant un trouble de l’addiction peinent à accéder aux soins et c’est d’autant plus vrai pour celles qui consomment des produits illicites, trop souvent victimes de stéréotypes et d’(auto)stigmatisation. Parmi elles, les femmes sont(…)

- Marinette Mormont

Pathologie multiple, soin global

Transmettre une meilleure compréhension des addictions et lutter contre la stigmatisation des usagères et usagers dans le monde soignant : ce sont les objectifs poursuivis par Dominique Lamy, médecin généraliste à Mons, enseignant à l’UCLouvain, membre de l’Académie royale de médecine ainsi que du réseau Alto, créé en 1992 en Région wallonne pour soutenir les soignants autour de cette problématique.
- Marinette Mormont

Rites, cultures et traditions

De la feuille de coca à la cocaïne ou du pavot somnifère à l’héroïne, l’usage des plantes a connu une métamorphose considérable au fil des siècles pour arriver au paysage pharmacologique actuel composé d’un nombre relativement restreint de produits d’origine naturelle et d’une quantité exponentielle de molécules synthétisées en laboratoire.
- Michaël Hogge, Rosalie Régny

De la médicalisation à la criminalisation

Symboles de plaisir et instruments de guérison, les drogues ont pendant longtemps été utilisées à des fins médicales ou récréatives, sans constituer un problème nécessitant une prise en charge sociale. Sous l’influence du droit international, les drogues seront progressivement placées sous contrôle en vue de leur réglementation, donnant naissance à la loi belge du 24 février 1921 qui pose les jalons de la criminalisation d’un certain nombre de comportements entourant l’usage et le trafic des drogues.
- Christine Guillain

Un modèle pour soigner plutôt que punir

La Fédération bruxelloise des institutions spécialisées en matière de drogues et d’addictions (fedabxl.be) propose l’ébauche d’une filière social-santé complémentaire au cadre pénal actuel, avec la volonté de remettre la santé au cœur de la politique drogues(…)

- Alexis Jurdant

Alcool : la fiction de la modération

L’alcool est un problème de santé publique. Les campagnes de prévention se heurtent pourtant aux freins majeurs que sont l’ancrage culturel de ces produits et les stratégies de marketing des producteurs.
- Marinette Mormont

Vapoter pour ne plus fumer ?

En 2004, un pharmacien chinois a mis au point un nouveau système de délivrance de nicotine permettant de contourner la problématique de la combustion qui engendre la production de goudrons et de monoxyde de carbone, principaux responsables des maladies cardiovasculaires et pulmonaires. Cette alternative à la cigarette classique est appelée eCigarette, cigarette électronique, vapoteuse ou vape.
- Adrien Meunier, Cédric Migard, Marie-Christine Servais

Jeux de perdition

Divertissement, recherche d’adrénaline ou espoir de gains… le jeu a toujours fait partie intégrante de la société. Cependant, cette fascination révèle une facette complexe et préoccupante de la psychologie humaine : l’addiction. Aujourd’hui, cette problématique revêt une importance particulière dans le domaine de la santé mentale, nécessitant une compréhension approfondie de ses mécanismes, des risques qu’elle engendre et de son impact sur la société et les plus jeunes.
- Mélanie Saeremans

Consommer à moindre risque

Les premières salles de consommation à moindre risque ont vu le jour il y a une trentaine d’années en Suisse. Liège a ouvert la sienne en 2018 et Bruxelles en 2022. Au cœur de ces projets : la prévention des dommages. En toute légalité.
- Pascale Meunier

Renforcer les pratiques de prévention

Une recherche-action pour questionner les pratiques de prévention des assuétudes dans une approche de promotion de la santé en maison médicale est en cours depuis 2023. Les premiers constats permettent déjà d’éclairer certaines difficultés vécues par le secteur, notamment dans l’intégration des principes de promotion de la santé en maison médicale et dans l’absence d’un plan de prévention des assuétudes global et cohérent.
- Céline Langendries

Exil et addictions

Bruxelles est une région cosmopolite qui accueille entre 50 000 et 100 000 personnes sans titre de séjour[1]. C’est dans ce groupe de la population que nous retrouvons les personnes les plus vulnérables, les plus exposées aux risques sociaux et sanitaires. C’est également dans ce groupe que les personnes psychiquement ou socialement en détresse ont le moins recours aux services. ----- 1. Baromètre social 2021, www.ccc-ggc.brussels/fr/observatbru
- Husson Eric, Moudane Mahdieh Aden

Le marché de l’addiction

Contramal®, Prozac®, Xanax®, Stilnoct®, Rilatine®… On ne compte plus les médicaments psychotropes commercialisés pour traiter les troubles douloureux, dépressifs, anxieux, du sommeil ou de l’attention. Une part importante de la population en consomme quotidiennement. Utilisés de façon prolongée ou abusive, ils présentent des risques sous-estimés d’accoutumance et de dépendance.
- Pauline Gillard

Accompagnement et médecine générale

Comment améliorer l’accompagnement des personnes ayant un trouble lié à l’usage de substances illicites en médecine générale ? Cette question vient de faire l’objet d’une thèse dressant un état des lieux et élaborant des pistes pour enrichir les pratiques et la formation[1]. ---- 1. https://dmgulb.be/bibliotheque/#publications.
- Lou Richelle

Genre et drogues

Le système de santé généraliste et les services spécialisés en assuétudes sont, en principe, accessibles à toutes et à tous sans discrimination. Et pourtant, les femmes* consommatrices de substances psychoactives[1] sont encore peu nombreuses à y recourir pour des problématiques associées à leur consommation. Par ailleurs, elles abordent rarement le sujet des drogues avec un professionnel ou une professionnelle de la santé. ------ 1. https://dmgulb.be/bibliotheque/#publications.[/efn_note]L’astérisque marque l’inclusivité de toutes les personnes qui s’identifient en tant que femme. Pour faciliter la lecture, la terminologie privilégiée « faisant usage ou ayant fait usage de substances psychoactives » est remplacée par « femmes* usagères de drogues ».
- Carole Walker

Actualités n° 106

Le 8 mars

C’est désormais un rendez-vous régulier pour la Fédération des maisons médicales, comme pour les millions de femmes dans le monde qui se font entendre (un peu plus fort) ce jour-là. C’est l’occasion de rappeler à quel(…)

- Fanny Dubois

Dave Sinardet : « Nos réformes de l’État, c’est un mouvement perpétuel »

À l’approche des élections législatives, régionales et européennes de juin prochain, le politologue anversois, spécialiste de l’analyse institutionnelle de notre État fédéral, évalue la faisabilité d’une nouvelle réforme et prône la nécessité de combler le déficit participatif des Belges.
- Marie Rygaert, Pascale Meunier

Résonance

Nous nous sommes penchés récemment[1] sur un essai de Hartmut Rosa, philosophe et sociologue, consacré à l’expérience fondamentale de la modernité, une gigantesque accélération du monde et de la vie, qui débouche sur une difficulté de relation de l’être humain au temps, qui elle-même entraine une difficulté de relation avec soi-même, avec les autres et avec le monde]2]. Dans un essai ultérieur[3], cet auteur partage ses explorations de pistes pour ces temps de crise (ou crise du temps). L’issue de secours ne sera pas la décélération, mais la résonance. [1] A. Crismer, « Accélération », Santé conjuguée n° 98, mars 2023, www.maisonmédicale.org. [2] H. Rosa, Accélération. Une critique sociale du temps, La Découverte, 2011. [3 H. Rosa, Résonance. Une sociologie de la relation au monde, La Découverte, 2018.
- Dr André Crismer

#vivre mieux : renforcer l’accessibilité aux soins

Dans le précédent numéro de Santé conjuguée, la Coalition Santé présentait le premier volet de sa campagne #VivreMieux, axé sur une vision solidaire de la santé[1], et soulignait l’importance de défendre une approche large de la santé, celle-ci étant influencée par une multitude de facteurs. L’accessibilité aux soins constitue le second volet de la campagne : le système de soins de santé devrait permettre à chacune et à chacun de subvenir à ses besoins en santé. ------ 1. B. Dubois, « #VivreMieux : une vision solidaire de la santé », Santé conjuguée n° 103, décembre 2023.
- Brieuc Dubois

Soigner la violence

Plusieurs équipes de maisons médicales constatent une montée de l’agressivité parmi leurs patients. Le phénomène semble avoir pris de l’ampleur, même si aucune étude n’a été réalisée à ce sujet. Elles sont de plus en plus nombreuses à vouloir être outillées, se former, renforcer les règles et définir les sanctions possibles, ce qui constitue un défi majeur pour des équipes autogérées en prise avec un fonctionnement de type non hiérarchisé et coconstruit autour d’un modèle qui allie entre autres accessibilité et bienveillance.
- Stefania Marsella

Les maisons médicales font leur cinéma

La culture participe à la bonne santé d’une communauté, c’est même un moteur puissant de bien-être. Dans cette optique, le projet imaginé par les centres culturels du Nord-Ouest de Bruxelles a permis de toucher des personnes qui ne fréquentent pas forcément ce type de lieux, de tisser du lien social et de leur confier une programmation dans un objectif d’empowerment, ce processus par lequel un individu est amené à prendre des décisions visant à acquérir plus d’autonomie quant à sa vie, sa santé.
- Claire Poinas