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L’élan et la peur


Santé conjuguée n°108 - septembre 2024

Toucher et être touché. Comment travailler la relation d’aide tout en questionnant son rapport au corps ?

Soigner : un élan vers l’autre ? Les motivations de soigner sont multiples – et plus elles sont officielles, plus elles paraissent louables. Toutefois, l’une d’entre elles n’apparait quasiment jamais : « Je soigne pour m’approcher des corps, je soigne pour toucher des corps. » Le dire, ce serait confesser un besoin, voire un désir d’emprise – peut-être d’ordre sensuel – sur le corps d’inconnus et d’inconnues. Or, si le point de départ du soin est un élan vers l’autre, qu’en est-il de son point d’arrivée, la rencontre des corps ? En formation initiale, les jeunes en parlent sous l’angle de situations redoutées : la peur de gestes « inappropriés », la gêne, le malaise, voire le dégoût, l’insécurité, la peur. Le toucher, à moins d’être rigoureusement encadré, serait d’emblée menaçant, parfois néfaste, souvent intrusif. S’il n’est pas à visée diagnostique ou technique, le toucher, chez les soignants, parait a priori suspect. Et inégalitaire : les professionnels sont à l’initiative du geste et ont un accès direct au corps de l’autre ; les patients subissent le toucher et ne peuvent pas toucher en retour.
Dans les sociétés humaines, le contact est hiérarchisé, le toucher est un marqueur social. Par exemple, on touche souvent sans autorisation les enfants, les personnes en institution, en état d’arrestation, et les patients, mais pas celles qui nous seraient « supérieures ». De leur côté, il arrive que ceux qui touchent le fassent à contrecœur. Par exemple, jusqu’au début du XIXe siècle, le médecin n’a pas besoin de toucher le patient, ou du bout des doigts – souvent il y répugne. Il aborde le corps par l’anamnèse, la vision et l’ouïe. À l’inverse, le chirurgien opère de la main (du grec keirourgia, activité manuelle). Il touche obligatoirement le patient, il y plonge les mains (nues jusqu’au début du XXe siècle) et éprouve le contact de la chair, de ses fluides et excrétions. Cette démarcation revient en force avec le développement de l’imagerie médicale et des résultats de labo : on peut diagnostiquer et s’abstenir de toucher. Savoir n’exige pas, croit-on, la promiscuité avec la chair1. Deux mille cinq cents ans de platonisme et de christianisme ont émoussé notre intelligence intuitive et corporelle – heureusement réactivée par les aides-soignantes, infirmières, sages-femmes, kinésithérapeutes et psychomotriciens.

La peur

Voici vingt-cinq ans que je fréquente de jeunes soignants, que je leur donne cours, que je les questionne sur leurs pratiques. Une minorité d’entre eux évoque un rapport au toucher non seulement agréable, mais réellement porteur d’une fonction soignante. Un grand nombre garde sur le sujet un silence poli ou indifférent, qui finit par laisser échapper : « C’est délicat, tout le monde n’aime pas. » Une majorité avoue qu’ils ou elles « n’aiment pas trop le contact ». Les deux phrases les plus entendues sont : « J’aime bien aider les autres, mais je n’aime pas trop qu’on m’aide » et « ça ne me dérange pas trop de toucher les autres, mais je déteste qu’on me touche ». Souvent, les échanges confirment ces thèmes : l’obsession de garder le contrôle et la menace du dérapage ou de l’intrusion.
Les psychomotriciens forment avec les kinés un groupe à part : ils et elles savent que leur corps au travail, ici et maintenant, sera le média du soin, son point de rencontre et de friction. Leur corps engagé dans la relation sera nécessairement touché – même s’ils garderont la main sur ce qui est donné et reçu. Lors de la formation initiale, toutes les futures soignantes (la profession est majoritairement féminine) n’anticipent pas cette nécessité de s’engager corporellement. Certaines repoussent le moment où il faudra – presque contre leur gré – subir un contact lors d’un atelier pratique. Ce qui pose parfois un dilemme aux formatrices : faut-il, dans les professions de contact, préserver le droit des étudiantes à ne pas être touchées ou faire du contact corporel un passage obligé du processus professionnalisant, malgré les réticences ?
Je me souviens de cette étudiante sage-femme qui déclarait lors d’un atelier : « Je refuse que l’on touche mon ventre, cela ne se fait pas de toucher le ventre des gens. » Je lui faisais remarquer qu’elle avait choisi une profession où toucher le ventre – et le sexe – des autres est une pratique quotidienne. Elle répondit : « Toucher les patientes, ce n’est pas pareil, on est obligé. » Une autre, plus tard, dira : « Même mon copain n’a pas le droit de toucher mon ventre. »
On remarque chez beaucoup d’étudiantes des filières de soins l’idée d’une dé-corporation nécessaire : leur corps qui touche (et qui est aussi touché, sauf emploi d’instruments) ne fait pas partie de la scène, leur corps personnel est vécu « en dehors ». « C’est comme une carapace de soignant, écrit cette infirmière, ce n’est pas moi personnellement qui touche l’autre, mais Charlotte la soignante. C’est drôle, je ne m’étais jamais posé la question du toucher dans mes soins. »2 Le corps du patient n’est pas comme le leur, c’est un corps-en-attente-de-toucher, passif, un objet-corps en accès libre. Il ne ressemble en rien à celui des soignantes puisque celles-ci ne sont pas malades : elles peuvent le traiter, suivant la procédure, comme un corps étranger. Ce constat est toutefois tempéré, depuis le mouvement #Metoo, par la montée en puissance des concepts de consentement et d’intimité, très présents chez les étudiantes, sages-femmes notamment, qui les associent à la prévention des violences obstétricales. Malheureusement la crainte du geste « inapproprié » ou « traumatisant » (qui est parfois une projection de leur propre peur d’être touchée) crée chez beaucoup un sentiment d’illégitimité voire d’impuissance à toucher l’autre en situation de soin.
Où en sont les soignantes avec leur rapport au corps ? Il y a parmi le public en formation un pourcentage élevé qui a vécu des situations troubles en matière de toucher, des approches intrusives et non consenties, des violences à l’encontre de leur intimité et de leur intégrité3. Ces expériences se répercutent sur la façon de considérer l’abord du corps de l’autre. Soit qu’il faille protéger autrui contre toute approche non nécessaire ou non explicitement consentie ; soit que la jeune soignante estime devoir se protéger contre une séquence qui rappellerait un évènement traumatique. Celles-ci n’envisagent le soin que via une dissociation : ce n’est pas mon corps qui soigne, ou alors mon corps « blindé »4. Plusieurs ont entrainé leur corps à devenir « hermétique », comme le décrit Camille Laurens, dans son autofiction Fille : « Toutes les nuits, dans le noir, elle s’entraine à pincer le nez, à fermer les lèvres, à serrer fort les cuisses, les fesses : que rien ne puisse pénétrer en elle, l’idée l’obsède. […] Elle rêve de bouchon qui bloque toutes les entrées, toutes les issues. Son corps n’est pas un lieu de passage. On ne passe pas. […] Elle mange sans desserrer les dents, en mettant la main devant sa bouche. […] Impénétrable, voilà ce qu’elle va être. »5 Des corps hermétiques, très compétents au demeurant, très professionnels et efficaces, mais hantés par la perméabilité de la rencontre.

Le rapprochement professionnel

Je développe depuis plusieurs années avec les soignantes un renversement de paradigme. Plutôt que de parler de « distance professionnelle » – expression commode pour dire « qu’il faut se blinder » –, je leur propose de travailler l’envers : le « rapprochement professionnel ». Je pars de deux questions anthropologiques : 1. Tout mammifère, pour survivre et se développer harmonieusement, a besoin d’être touché. Mais comment ? 2. Que se passe-t-il quand un être humain s’approche, puis prend soin du corps d’un être affaibli ?
Le premier constat a été abondamment décrit depuis les travaux de Spitz, de Winnicott, de Bion, de Florence Vinit6, entre autres, il n’est pas ici besoin que j’y revienne7. Je citerai tout de même en écho ce témoignage, non médical : dans son essai, La chair est triste hélas, l’autrice et réalisatrice Ovidie expose pourquoi elle fait la grève du sexe depuis quatre ans, « dégoutée » des rapports hétérosexuels. Puis surgit, à la page 84, ce cri, l’absolue nécessité du contact : « En réinvestissant mon corps, je me rends compte que si le sexe ne me manque pas une seule seconde, l’absence de contacts physiques me fait terriblement souffrir. Et je m’aperçois que la plaisanterie commence à me coûter cher, entre la sophrologue qui me dit de respirer, l’ostéopathe qui tente de me débloquer et la masseuse qui me rappelle que les capteurs de ma peau ne sont pas encore morts, la facture s’allonge. […] La plus grande douleur était de ne plus toucher ni d’être touchée. […] J’aurais voulu étreindre et être étreinte, exister entre les mains de l’autre […] Peut-être une partie de moi est-elle en train de mourir de ne plus recevoir de marques physiques d’affection. »8 Comment les professionnels du soin se positionnent-ils face à ce genre de détresse ?
La seconde question, celle des modalités du contact empathique, requiert une méthode exploratoire pour être dépliée. C’est celle que j’investigue depuis une vingtaine d’années, sous forme d’ateliers pratiques, avec des psychomotriciens, des psychologues, des infirmières et des sages-femmes.
L’idée est de travailler, lors d’exercices ou d’improvisations, ce qui se joue, chez soi, chez l’autre, dans la rencontre du corps en situation d’aide. On y fait varier plusieurs paramètres, comme la posture, le regard, la respiration, le mouvement, l’élan vers l’autre, le tonus et le contact. Chacun de ces aspects peut apparaitre, pour celle qui donne ou qui reçoit, comme une épreuve ou une source de bien-être. « Depuis des années, réalise cette soignante, je n’ai jamais réussi à me laisser aller. Je pense qu’il m’est impossible pour le moment de laisser mon corps et son maintien dans les mains de quelqu’un d’autre. Je voudrais pouvoir parfois abandonner mon corps, mais je ne peux pas. »9 En revanche, cette psychomotricienne témoigne, à la suite d’un exercice de contenance : « Mes partenaires ont réussi à “contenir ce qui déborde” chez moi. À l’aide de leur agir, de leur façon d’être, ils ont transformé les sentiments internes de destruction en des sentiments de bien-être. Par leurs pressions légères et plus fortes, ils ont construit une certaine enveloppe autour de mon corps. Ce sentiment d’enveloppement me permet de prendre conscience de mes limites corporelles, de localiser et unifier les sens. » Pour beaucoup, l’enjeu sera donc de transformer une situation de départ, a priori interprétée comme menaçante, en moment de réconfort.
Cette intégration n’est pas facile. Les sujets sont tiraillés entre l’élan et la peur. Dans son livre L’archéologie du toucher, Claire Richard rapporte ce témoignage de Natacha : « Quand on me touche sans me prévenir, je crie de peur et de stupeur, même s’il n’y a rien dans la situation qui soit effrayant : […] je le vis comme une invasion et mon corps réagit en hurlant. Je n’ai jamais aimé être touchée ni qu’on me touche. » Natacha évoque un passé douloureux, une mère maltraitante et violente, qui ne l’a jamais prise dans les bras. Elle prend conscience d’un manque : « Ce langage [du toucher], je ne le connais pas, je suis en terre inconnue. Quand quelqu’un essaie de rentrer en contact avec moi de cette façon, j’en ai éperdument besoin. J’ai besoin de cet amour-là, de cette façon de donner de l’affection et d’en recevoir. J’en meurs d’envie, j’en ai besoin, mais je perçois toute caresse comme un danger. »10
L’apprentissage de ce moment soignant où les corps s’approchent en vue d’un contact approprié peut amener sa part d’éveil : « Je n’avais pas conscience que mon dos était aussi grand, écrit cette soignante après un exercice en binôme. Les mouvements fermes de ses mains provoquaient une chaleur et un sentiment de sécurité, comme si je pouvais totalement m’abandonner à cette détente sans rester aux aguets, car ma partenaire serait là pour moi. J’ai pu vivre un véritable moment de contenance. Après cet exercice, je me sentais grande, j’avais l’impression de prendre plus de place dans l’espace. » Le toucher, enfin, s’envisage comme un espace-temps de liberté et de réalisation de soi : « Je n’ai rien contrôlé et je ne me suis pas fait mal. J’ai lâché prise, enfin, mon lâcher-prise physique m’a permis de lâcher psychiquement. Je ne pensais plus. Puis vint le sol froid. Et pourtant une présence chaude à ma gauche, deux mains collées sur mon bras. Le sol dur ne compte pas face au réconfort de cette présence marquante. Nous sommes bulle et rien d’autre ne peut arriver. »
Entre l’élan d’empathie et la peur du dérapage, entre le sentiment de menace et la sensation de réconfort, les soignants ont tout à gagner à expérimenter, à s’exercer au « rapprochement professionnel ». Il y va de la qualité de leur soin, mais aussi du plaisir à se découvrir plus complet, et peut-être plus apaisé.

 

  1. Il me revient ce cri du cœur d’un psychiatre : « Je ne fais pas de la médecine vétérinaire, moi ! »
  2. Les citations sont extraites d’ateliers d’écriture réflexive que je mène avec des étudiantes. Voir aussi E. Pireyre, Clinique de l’image du corps. Du vécu au concept, Dunod, 2021
  3. Les chiffres varient selon les sources et les définitions de « maltraitances » corporelles et psychiques. On s’accorde généralement sur 10 à 13 % de jeunes de moins de dix-huit ans qui ont subi des maltraitances ou abus durant leur enfance. De l’avis de
    plusieurs formatrices, ce chiffre serait supérieur dans les filières de soins où beaucoup viennent chercher la possibilité d’une réparation et se poser en protectrice de violences futures.
  4. À la suite d’ateliers pratiques, les participantes écrivent sur leurs vécus subjectifs à propos de la rencontre du corps de l’autre.
  5. C. Laurens, Fille, Gallimard, 2020.
  6. F. Vinit, Le toucher qui guérit. Du soin à la communication, Belin, 2007.
  7. Voir C. Juliens, « Le toucher dans les soins – La formation des étudiants », Le sens au cœur du soin, Seli Arslan, 2022. Plus récemment une méta-analyse confirme que les étreintes fréquentes ont un effet bénéfique sur la santé mentale et physique des sujets : J. Packheiser et al., “A systematic review and multivariate meta-analysis of the physical and mental health benefits of touch interventions”, Nature Human Behaviour, Vol. 8, June 2024.
  8. Ovidie, La chair est triste hélas, Julliard, 2023.
  9. Témoignage écrit à la suite d’un atelier.
  10. C. Richard, Des mains heureuses. Une archéologie du toucher, Seuil, 2023.

Cet article est paru dans la revue:

Santé conjuguée, n°108 - septembre 2024

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Rendre visibles les handicaps invisibles

Caractérisés par l’absence de marqueurs apparents sur le corps, les handicaps invisibles sont méconnus et mal reconnus, ce qui conduit à des parcours de soin fracturés et des situations d’(auto)-exclusion.
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Le potentiel de santé des femmes

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Dégoût et soins infirmiers

Dans les conditions normales, la proximité avec le sale ou l’impur suscite le dégoût. Or cet affect[efn_note] Nous utilisons le terme « affect » afin de neutraliser le couple émotion-sentiment. [/efn_note] semble difficilement acceptable dans la relation soignant–soigné créée par les infirmières. Comment le dégoût est-il alors géré par les professionnels ? Et comment s’effectue l’apprentissage du contrôle des affects, plus généralement ?
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Un corps étrangement familier

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L’élan et la peur

Toucher et être touché. Comment travailler la relation d’aide tout en questionnant son rapport au corps ?
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Faire corps, faire soin

Passer du temps avec les autres, faire partie d’un groupe comme un membre d’un corps, et partager des activités contribue au bien-être et à la santé mentale. À Bruxelles, les lieux de liens offrent tout cela et un peu plus.
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Kinésithérapie : donner la parole aux corps

Dans le cabinet de kinésithérapie, le corps du patient parle. Celui du thérapeute est à l’écoute, tout en étant conscient des réactions que cela suscite chez l’un comme chez l’autre…
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En l’absence de tout contact corporel

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