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Dans les conditions normales, la proximité avec le sale ou l’impur suscite le dégoût. Or cet affect12 semble difficilement acceptable dans la relation soignant–soigné créée par les infirmières. Comment le dégoût est-il alors géré par les professionnels ? Et comment s’effectue l’apprentissage du contrôle des affects, plus généralement ?

Le dégoût est un affect qui classe les objets du monde en « propres » et « sales ». Il participe de ce fait à ordonner le monde humain et à rejeter tout ce qui relève de la souillure. Le déclencheur du dégoût a un caractère qui est au moins potentiellement nocif et potentiellement contaminant1. […] En fait, les déclencheurs du dégoût sont des objets qui traversent les frontières ou qui ne respectent pas de catégories « naturelles ». Ainsi, les substances qui sortent du corps traversent la frontière située entre le dedans et le dehors. Elles ne sont plus à leur place et deviennent dégoûtantes. Songeons à la salive qui, tant qu’elle est dans la bouche, n’est pas dégoûtante, comme peuvent en témoigner les baisers amoureux pendant lesquels les salives se mélangent. Mais une fois sortie de la bouche, elle change de statut et devient bave ou crachat qui sont tous les deux dégoûtants. L’exemple de la salive est particulièrement intéressant parce que, lorsqu’elle devient bave ou crachat, son caractère visqueux est perceptible. Le visqueux est dégoûtant parce qu’il brouille les frontières naturelles ; il n’est ni liquide ni solide.
Le dégoût nous amène également à interroger une autre frontière : celle de l’animal et de l’homme. On peut en effet se demander si le dégoût n’est pas généré par ce qui renvoie à l’animalité dans la condition humaine et donc à la déshumanisation. Pour Bromberger, le dégoût est une réaction face à la peur de la part animale de l’homme, et « ce n’est plus tant alors l’étrangeté qui inquiète, mais la similarité » 2.
Rozin et al. 3 ont étudié les différents indicateurs du dégoût et leurs analyses ont mené à une typologie comprenant quatre catégories de cet affect :

  • le dégoût primaire est déclenché par tout objet qui constitue une menace pour la vie (aliments périmés, déchets, excréments et autres excrétions corporelles, certains animaux comme les rats) ;
  • le dégoût corporel est déclenché par les atteintes à la norme de l’enveloppe corporelle (blessures, certaines malformations ou certains handicaps) ainsi que les évocations de la mort comme les cadavres (que l’on ne touche pas) et le rapport au sexuel ;
  • le dégoût interpersonnel est suscité par le contact avec des personnes inconnues, malades ou celles jugées comme immorales ;
  • le dégoût sociomoral qui serait une réponse à tout acte considéré comme immoral.

[…] Il est aussi possible de ne distinguer que deux grands types de dégoût : le dégoût physique et le dégoût moral. Ils seraient équivalents au niveau de l’intensité (mais l’intensité ne peut pas être un paramètre de différenciation) et ils auraient les mêmes manifestations neurovégétatives et mimiques. Le dégoût moral contiendrait plus d’associations avec la tristesse et la colère, et son élaboration cognitive serait plus importante. Le dégoût physique légitimerait le rejet de certaines situations sociales où les normes sont transgressées, en étant une sorte de caution biologique de ce rejet. […]
Le dégoût en soins infirmiers peut être abordé sous trois angles différents : tout d’abord, en tant qu’évènement dans les soins directs aux patients, il est au cœur du travail infirmier ; il est alors problématique pour les professionnels et, éventuellement, pour les patients ; ensuite, le dégoût concerne la profession infirmière en tant que telle, du point de vue social ; enfin, la profession infirmière est toujours fortement féminisée et la féminité entretient des liens particuliers avec le dégoût.

Les soins directs aux patients

Le dégoût semble incompatible avec les soins, notamment parce qu’il va à l’encontre des valeurs professionnelles infirmières4 telles que l’accueil inconditionnel de l’autre et le respect de la personne soignée. Les infirmières sont conscientes de la violence que représente leur expression de dégoût pour le patient qui, en retour, peut se sentir dégoûtant. La question se situe également dans la perception de l’évènement dégoût par le soignant, quand il comprend qu’il est dégoûté par la situation de soins. Abitan et Krauth-Gruber5 montrent en effet que le dégoût entretient un lien étroit avec la déshumanisation, la stigmatisation et l’exclusion sociale. Serait-ce pour inverser ces phénomènes nuisibles aux patients que les soignants s’interdisent d’exprimer voire d’admettre leur dégoût dans les situations des soins ? La violence est d’autant plus grande pour les patients que, dans leur construction de la représentation de l’infirmière, ils considèrent souvent que celle-ci est « habituée » à voir ou à sentir des choses dégoûtantes sans s’en formaliser. Cependant, les expressions du dégoût sont difficilement maitrisables et les infirmières se trouvent ainsi devant un dilemme : comment admettre ce qui n’est pas admissible ?

La perspective sociale du dégoût dans les soins infirmiers

La notion de dégoût renvoie également à l’appartenance sociale des professionnels de soins. P. Bourdieu a ainsi envisagé le dégoût comme un « marqueur de classe »6, les classes supérieures pouvant éprouver du dégoût vis-à-vis de ce que goûtent les classes inférieures. Selon Memmi et al., les professionnels qui travaillent avec le dégoûtant y sont liés aux yeux des autres7. Pour Abitan et Krauth-Gruber, certains groupes sociaux sont associés au dégoût parce qu’ils renvoient une menace pour l’intégrité morale et physique associée à la peur de la contagion8. Selon A. Jeanjean, le plaisir éprouvé vis-à-vis d’un travail qui suscite le dégoût serait même « suspect, embarrassant »9. Dans cette optique, quelles sont les représentations des soignants qui travaillent volontairement avec ce qui dégoûte ?

Stratégies psychologiques

Si le dégoût est difficilement dicible dans le cadre de la relation de soin, les infirmières peuvent être amenées à évoquer ces situations entre elles, que ce soit sur le lieu de travail ou dans des rencontres sociales, de tels échanges leur permettant souvent d’en rire, et pouvant même générer une forme de plaisir à formuler ce qu’elles ont ressenti. Une sorte de dédramatisation est ainsi possible : finalement, ce n’est pas si horrible que cela si on peut en rire. Le dégoût pourrait ainsi être mieux accepté. Par ailleurs, si les infirmières partagent ces ressentis en dehors du cercle professionnel, une forme de maitrise par rapport aux personnes présentes, qui ne font pas partie du monde des soins, pourrait ainsi se dégager. Les soignants feraient preuve d’un pouvoir sur le dégoûtant devant les autres et pourraient de la sorte s’en dissocier. Cette stratégie est en lien avec le travail émotionnel tel qu’il a été décrit par A.R. Hochschild10 : partager son expérience du dégoût avec les autres permet de modifier sa perception du déclencheur de cet affect.

Stratégies matérielles

[…] Instrumentaliser le toucher, avec des gants, des pinces, etc., permet une mise à distance. Le port de gants auprès des patients permet aussi de se prémunir de la contagion infectieuse, mais aussi symbolique11. Cependant, la question de leur utilisation fait toujours débat chez les infirmières, certaines les mettant pour la toilette en entier, d’autres se limitant à les enfiler uniquement pour la toilette intime. Ce débat a aussi été alimenté par le fait que les gants, tout en étant protecteurs pour le soignant, peuvent induire chez le patient l’idée qu’il est dégoûtant pour les soignants. […] Le masque est, lui, censé constituer une barrière pour les odeurs, mais son efficacité dans le domaine est plutôt légère. Cependant, s’il est une barrière à la communication parce qu’il ne permet pas de percevoir les expressions faciales, il permet malgré tout de cacher les éventuelles expressions de dégoût. […]
Certaines autres stratégies sont parfois également utilisées dans la lutte contre les odeurs déclenchant le dégoût, comme l’utilisation d’huiles essentielles. Les soignants sont aussi parfois devant un choix difficile lors des réfections de pansements malodorants : ouvrir ou ne pas ouvrir la fenêtre ? En effet, les règles de bonnes pratiques proscrivent l’ouverture de la fenêtre, mais aérer pendant le soin peut éviter le dégoût.

Stratégie d’évitement et de délégation

Bien que les soins ne puissent pas être évités en tant que tels, il est possible de les faire le plus rapidement possible afin de limiter le contact avec le dégoûtant. Il arrive également que des infirmières mettent en place des stratégies pour interrompre des soins trop pénibles pour elles, en se faisant appeler par les collègues par exemple. Cela permet une mise en distance temporelle du stimulus dégoûtant.
La délégation est une autre manière de faire face au dégoût dans les soins. Or, dans le système hospitalier, ce sont souvent les tâches considérées comme les moins nobles, les moins intéressantes ou les plus dégoûtantes qui sont déléguées. Les infirmières ont ainsi pu déléguer aux aides-soignantes certaines tâches de leur rôle propre, et notamment tout ce qui relève des soins dits d’hygiène et de confort. […] Cependant, les infirmières se placent ainsi dans une position très ambivalente : en s’éloignant des soins du corps, moins nobles et considérés comme « sales », elles se défont de leur autonomie (rôle propre), tout en la revendiquant…

Le dégoût dans la formation en soins infirmiers

[…] L’expression du dégoût est universelle et physiologique, mais l’objet qui le provoque semble appris. La question qui se pose est donc de savoir ce qui a été transmis aux étudiants qui s’orientent vers les soins infirmiers. Que perçoivent-ils de la maladie, des soins et de ce qu’ils véhiculent en termes de facteur générant le dégoût ? […] Les étudiants assimilent assez rapidement les préceptes en termes de gestion émotionnelle et considèrent eux-mêmes qu’il faut « laisser ses émotions au vestiaire », sans par ailleurs pouvoir identifier d’où ce précepte vient, ni savoir comment faire pour l’appliquer sinon en déniant son ressenti. […]
Il nous semble important d’intervenir plus globalement sur la question des affects, dès le début de la formation, afin de ne pas laisser s’installer des préceptes sans qu’ils aient été interrogés. Il s’agit de cette manière de valider l’existence des affects et de permettre ainsi, tout au long de la formation, de développer un travail transversal dans ce domaine. S’interroger sur son propre fonctionnement affectif permet également de voir l’autre, la personne soignée, différemment, en faisant du concept théorique de l’approche holistique une réalité vécue. Il s’agit finalement d’instaurer, tout au long de la formation, une philosophie que ne nie pas l’affect, mais qui autorise l’étudiant à le reconnaître, à le penser pour travailler avec lui.
[…] Les apprentissages des soins relationnels, de leur côté, sont le support par excellence du traitement du vécu émotionnel, en partant du principe qu’il est nécessaire de se connaitre soi-même avant de pouvoir entrer en relation avec l’autre. […] Mais, compte tenu de la fréquence des possibilités de situations de dégoût dans les soins et, plus globalement, des situations générant des affects, en dehors de ces occasions particulières que nous venons d’identifier, des temps spécifiquement consacrés à la gestion émotionnelle peuvent être envisagés. De tels temps spécifiques permettraient non seulement de poser la normalité de la présence d’affects en situations de soins, mais aussi d’enseigner les techniques de leur gestion quand c’est nécessaire. […] L’idée est encore de ne pas se limiter aux affects en lien avec les soins, mais également d’identifier les mouvements affectifs préalables qui peuvent influencer les processus décisionnels des soins. Dans ce cadre, la pédagogie par la simulation, avec notamment la phase de débriefing, nous semble offrir une opportunité de travailler sur ces processus décisionnels.
Une autre entrée possible dans ce travail autour de l’expression des émotions et plus particulièrement du dégoût est l’analyse des pratiques professionnelles. Ces temps de formation de groupe permettent d’accueillir l’émotion quand elle se présente afin d’autoriser les étudiants à la penser seuls et avec le groupe, dans un espace bienveillant et contenant. […] La question se pose alors de la formation des formateurs dans ce domaine, qu’il s’agisse de formation académique à l’animation de ces séances, ou de formation par l’expérience d’un vécu en groupe d’analyse des pratiques. Il est aussi possible de s’interroger sur l’effet du formateur-animateur de tels groupes quand il est par ailleurs formateur-évaluateur. […] Cependant, cette activité semble à développer dans le cadre de l’apprentissage des soins infirmiers, car elle est une occasion pour les étudiants d’apprendre à travailler avec leurs affects en général et avec leur dégoût en particulier.

 

  1. Rozin et Fallon, 1987, cités in J. Vanderheaeghen, Psychopathologie du dégoût : données empiriques, modèles théoriques et applications cliniques, mémoire de master en sciences psychologiques, UCL, 2019.
  2. C. Bromberger, « Note sur les dégoûts pileux », Ethnologie française, n° XLI(1), 2011.
  3. Rozin et al. (1999, 2008), cité in A. Abitan, S. Krauth-Gruber, « “Ça me dégoûte”, “tu me dégoûtes” : déterminants et conséquences du dégoût physique et moral », L’Année psychologique, n° 114(1), 2014.
  4. Partant du principe que les aides-soignantes interviennent sur une partie du champ de compétences des infirmières, nous les incluons dans la profession infirmière. Nous utiliserons le terme « infirmière » qui regroupe les infirmières et les infirmiers.
  5. Rozin et al., op cit.
  6. Bourdieu, La Distinction, 1979, cité in D. Memmi et al., « Introduction. La fabrication du dégoût », Ethnologie française, n° (XLI)1, 2011.
  7. Ibid.
  8. A. Abitan, S. Krauth-Gruber, « “Ça me dégoûte”, “tu me dégoûtes”… », art. cité.
  9. A. Jeanjean, « Travailler à la morgue ou dans les égouts », Ethnologie française, n° XLI(1), 2011.
  10. A.R. Hochschild, « Travail émotionnel, règles de sentiments et structure », Travailler, n° 9, 2002.
  11. A. Vega, Une ethnologue à l’hôpital. L’ambiguïté du quotidien infirmier, Éditions des Archives contemporaines, 2000.

Cet article est paru dans la revue:

Santé conjuguée, n°108 - septembre 2024

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