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Le lendemain de la veille


Santé conjuguée n°108 - septembre 2024

9 juin 2024. Les résultats des élections européennes, régionales et fédérales tombent très tôt dans la soirée. La victoire des partis francophones de droite – le Mouvement réformateur – et centriste – Les Engagés – était attendue, mais le tsunami est plus puissant que ne l’avaient anticipé les sondages. En Flandre, la N-VA maintient un niveau supérieur au Vlaams Belang, ouf ! L’extrême droite ne prendra pas la tête du pays… mais la droite domine partout, un fait rare pour la Wallonie et pour Bruxelles.

La social-démocratie est en berne et l’écologie politique s’effondre. Les pronostics scientifiques de destruction à court et moyen terme du vivant semblent pourtant clairs ! Les mines sont inquiètes. Quel avenir pour nos associations citoyennes, les personnes exclues que nous soignons et dont les conditions d’existence se dégradent, les migrants pour qui la fuite de leur pays est une question de survie ?

La percée droitière n’épargne pas nos voisins. En France, le résultat des élections européennes annonce une percée historique du Rassemblement national, parti d’extrême droite, partout dans le pays. En conséquence, le Président a dissous l’Assemblée nationale et, à l’heure d’écrire ces lignes, celle-ci n’est toujours pas recomposée. Notre gouvernement fédéral non plus, ni du côté flamand… Il n’y a que la Wallonie et la Communauté française pour avoir rapidement conclu.

Les lendemains ne s’annoncent pas lumineux pour autant. Certaines visées de la déclaration de politique wallonne nous interpellent, notamment l’atteinte à la solidarité via des réductions d’impôts pour les catégories sociales les plus aisées de la société. Qui en payera la note ? Beaucoup d’autres questions restent en suspens. Jusqu’où iront les velléités des régionalistes flamands de décentralisation de la branche santé de la Sécurité sociale ? Les maisons médicales en seront-elles la cible ?

Le bleu, parait-il, symbolise le calme et la confiance, et le turquoise inspire la bienveillance. Vraiment ?

Cet article est paru dans la revue:

Santé conjuguée, n°108 - septembre 2024

En retrait de soi

La vie en rue, dans des conditions extrêmement précaires de sécurité, de sommeil, d’alimentation, entraine la plupart du temps, pour des raisons pratiques ou psychologiques, une dégradation de l’hygiène du corps et des vêtements. Cet état dégradé va constituer un signal d’alerte pour les soignants[efn_note] J’ai choisi dans la suite du texte, d’appeler soignants tous les aidants, qu’ils soient médicaux ou non, me référant à une notion plus générale du soin. [/efn_note], et l’importance de cette dégradation signera le plus souvent la gravité de la situation.
- Pierre Ryckmans

Rendre visibles les handicaps invisibles

Caractérisés par l’absence de marqueurs apparents sur le corps, les handicaps invisibles sont méconnus et mal reconnus, ce qui conduit à des parcours de soin fracturés et des situations d’(auto)-exclusion.
- Marinette Mormont

Le potentiel de santé des femmes

La santé des femmes englobe les questions de santé qui leur sont propres, comme la ménopause ou la grossesse, ainsi que les maladies et les risques pour lesquels elles sont affectées de manière différente et/ou disproportionnée par rapport aux hommes. Ce sujet a fait l’objet d’une récente étude de Sciensano[efn_note] A. Scohy et al., Santé des femmes, Health Status Report, 29 avril 2024, www.sciensano.be. [/efn_note].
- Aline Scohy, Gaëlle Mogin, Sarah Nayani

Dégoût et soins infirmiers

Dans les conditions normales, la proximité avec le sale ou l’impur suscite le dégoût. Or cet affect[efn_note] Nous utilisons le terme « affect » afin de neutraliser le couple émotion-sentiment. [/efn_note] semble difficilement acceptable dans la relation soignant–soigné créée par les infirmières. Comment le dégoût est-il alors géré par les professionnels ? Et comment s’effectue l’apprentissage du contrôle des affects, plus généralement ?
- Arkadiusz Koselak-Maréchal, Sandrine Villemont

Un corps étrangement familier

« La santé, c’est la vie dans le silence des organes », disait R. Leriche//[efn_note]R. Leriche, « De la santé à la maladie, la douleur dans les maladies, où va la médecine ? », Encyclopédie française, 1936, t. VI. [/efn_note]. Avec la maladie, ce corps devient bavard, bruyant et se fait entendre. De quel corps parle-t-on ? Est-ce le corps réel, le corps pulsionnel, le corps érotique, le corps social ou encore le corps politique ?
- Nizaar Lallmahamood

L’élan et la peur

Toucher et être touché. Comment travailler la relation d’aide tout en questionnant son rapport au corps ?
- Cédric Juliens

Faire corps, faire soin

Passer du temps avec les autres, faire partie d’un groupe comme un membre d’un corps, et partager des activités contribue au bien-être et à la santé mentale. À Bruxelles, les lieux de liens offrent tout cela et un peu plus.
- Pascale Meunier

Kinésithérapie : donner la parole aux corps

Dans le cabinet de kinésithérapie, le corps du patient parle. Celui du thérapeute est à l’écoute, tout en étant conscient des réactions que cela suscite chez l’un comme chez l’autre…
- Astrid Moreau

En l’absence de tout contact corporel

Les consultations médicales à distance, aussi appelées téléconsultations, sont une pratique relativement récente qui a connu un sérieux coup d’accélérateur lors de la crise sanitaire. Grâce aux technologies de l’information et de la communication (TIC), elles permettent aux prestataires de soins de consulter des patients sans être dans le même espace physique. Même si la crise sanitaire semble désormais sous contrôle, il est probable qu’elles s’ancrent durablement dans notre système de santé. Dans ce contexte, il importe de s’interroger sur la qualité attendue de ce nouveau mode de consultation, mais aussi sur les risques encourus et sur l’encadrement à mettre en place[efn_note] Article rédigé à partir du policy brief « Quel avenir pour les consultations médicales à distance » de Cl. Duchêne, B. Bayenet et I. Tojerow, financé par Solidaris, https://dulbea.ulb.be/wp-content/uploads/2023/10/DULBEA2_PolicyBrief_Consultations_a_distance.pdf (bibliographie complète disponible via ce lien).[/efn_note].
- Benoît Bayenet, Claire Duchêne, Ilan Tojerow

Erreurs et violences médicales

Lors d’un parcours de soin, il arrive que des patients et patientes subissent des violences médicales. Qu’elles s’expriment sous la forme d’abus, de maltraitance ou de négligence, qu’elles s’exercent intentionnellaement ou non, elles portent atteinte à l’intégrité physique, morale ou psychologique des personnes concernées.
- Pauline Gillard

La pudeur et la médecine

Le monde médical s’est de tout temps interrogé sur la manière de respecter la pudeur dans des métiers touchant à l’intime. Les réponses varient selon les conceptions de la pudeur. Une définition prudente en fait une « disposition, propension à se retenir de montrer, d’observer, de faire état de certaines parties de son corps, principalement celles de nature sexuelle, ou de montrer, d’observer, de faire état de choses considérées comme étant plus ou moins directement d’ordre sexuel »[efn_note] P. Imbs, B. Quemada (dir.), Trésor de la langue française, 1960-1994.[/efn_note]. Une disposition (sans préjuger de sa nature, vertu, comportement, sentiment) qui touche le patient (qui montre) et le soignant (qui observe), car la pudeur est double : la gêne du spectateur suscite celle du patient.
- Jean-Claude Bologne

Les mal-entendus de la douleur

S’il est une expérience commune à chacun et chacune d’entre nous, c’est bien celle de la douleur. La douleur est le premier motif de consultation en médecine générale. Signal d’alarme, nous avons appris à en analyser les caractéristiques pour diagnostiquer et traiter les maladies sous-jacentes. Mais quand la douleur dure, et souvent perd cette fonction d’alerte, s’ouvre une tout autre histoire.
- Anne Berquin

Introduction 108

Tel l’Homme de Vitruve dessiné au XVe siècle par Léonard de Vinci, qui en a fait le lien symbolique entre les nombreuses sciences universelles qu’il a étudiées, notre corps est au centre des interactions avec les autres. Qu’il(…)

- Pascale Meunier, Valérie Hubens

Actualités 108

Ethique du développement

Cet ouvrage de Jérôme Ballet[efn_note] J. Ballet, Éthique du Dévaeloppement, L’Harmattan, 2023. L’auteur est enseignant et chercheur en économie et éthique, président et co-fondateur du Fonds pour la recherche en éthique économique (www.ethique-economique.fr). [/efn_note] serait le premier en langue française à faire le point sur ce concept né dans les années 1960.
- Dr André Crismer

Et si on prescrivait des soins verts ?

Quand on sait que l’activité avec et dans la nature a de puissants effets préventifs et curatifs sur la santé mentale et physique, pourquoi ne pas en faire un pilier de notre système de santé, complémentaire à d’autres outils médico-psychosociaux ?
- Samuel Hubaux

Sotieta Ngo : « On n’a jamais essayé de voir ce que donnerait un assouplissement des voies de migration et des exigences »

La directrice générale du CIRÉ – Coordination et initiatives pour réfugiés et étrangers – tire à boulets rouges sur la politique progressiste qui elle aussi succombe à une radicalisation des propos et des attitudes en matière d’accueil. Pour elle, l’heure est à la lutte contre les préjugés et les simplismes.
- Fanny Dubois, Pascale Meunier

Le lendemain de la veille

9 juin 2024. Les résultats des élections européennes, régionales et fédérales tombent très tôt dans la soirée. La victoire des partis francophones de droite – le Mouvement réformateur – et centriste – Les Engagés – était attendue,(…)

- Fanny Dubois

Les 40 ans du forfait

Il y a un peu plus de quarante ans s’ouvrait la première maison médicale financée au forfait en Belgique. L’occasion de rappeler à quel point ce mode de financement des soins alternatif s’inscrit dans une philosophie de santé publique chère au mouvement des maisons médicales.
- Fanny Dubois