Aller au contenu

Espoirs et craintes


Santé conjuguée n°107 - juin 2024

L’assemblée générale du 28 mai 2024 s’est clôturée par un long échange entre la Fédération des maisons médicales, les mutuelles et les syndicats rouges et verts. Une rencontre avec nos membres traversée de craintes et d’espoirs. Des craintes parce que les constats pour faire face à la crise du logement, à la dégradation de la santé mentale, au manque d’accessibilité à la santé, à la pénurie de soignants… sont particulièrement alarmants. Jean-Pascal Labille, secrétaire général de Solidaris, a rappelé que le secteur hospitalier frôlait la faillite et qu’il était surtout prioritaire dans les missions de l’État de réguler les prix des consultations et des suppléments d’honoraires en ambulatoire pour forcer les médecins spécialistes qui les pratiquent à réintégrer l’hôpital. Élise Derroitte, de la Mutualité chrétienne, a ramené un peu d’espoir en informant qu’une commission de l’Inami a été créée pour que le budget des soins de santé soit davantage réparti afin de répondre à des objectifs de santé publique plutôt qu’à des querelles de secteurs. Toutefois, nous restons sceptiques devant l’opacité dans laquelle les négociations pour les prix des médicaments s’opèrent.
Les syndicats ont mis en lumière les violences qui provoquent la souffrance au travail dans le secteur non marchand, le contrôle administratif qui met sous pression des travailleurs et des travailleuses pour rentrer dans des objectifs aberrants fixés par leurs pouvoirs subsidiant. Dans certaines institutions de soins, le patient n’est même plus considéré comme un client qu’il faut satisfaire, dit Nathalie Lionnet, du Setca. Il est devenu objet de rentabilité, variable d’ajustement budgétaire ; le nombre de douches ou de passages des infirmiers et infirmières dans sa chambre est un indicateur de coût pour l’institution.
La maison médicale serait-elle le seul lieu d’accueil humain sans discrimination sociale, de genre ou de culture ? Restons attentifs aux formes de marchandisation qui s’opèrent dans notre secteur, rappelle Sébastien Robeet, de la CNE. Solidaris souligne aussi le sens d’une alliance pour défendre l’idée d’une sécurité sociale du logement pouvant améliorer les conditions d’existence de la majorité des citoyennes et citoyens.
Une voix s’élève au fond de la salle. Une assistante sociale récemment pensionnée défend notre modèle de santé avec ardeur et nous invite à prendre conscience que nos forces sont plus puissantes qu’il n’y parait.

Cet article est paru dans la revue:

Santé conjuguée, n°107 - juin 2024

25 ans de travail social en maison médicale

La trame que j’ai pu tisser tout au long de ma carrière a toujours été enrichissante et porteuse de sens. Ce fut pour moi un apprentissage humain et relationnel permanent, tant dans la dynamique d’un travail d’équipe en autogestion que dans la rencontre d’une patientèle multiculturelle. C’est un exercice très difficile de rendre compte de ces années… Juste envie de communiquer quelques attitudes qui me sont devenues incontournables.
- Maryline Guillaume

Les crises se suivent, leurs effets s’accumulent

Face à des situations de pauvreté qui s’aggravent ou s’étendent à de nouvelles catégories de la population sans que les moyens suivent pour les enrayer, les travailleurs et travailleuses du social sont fatigués. Pourtant, ils ne cessent de s’adapter pour répondre à des besoins toujours plus complexes et multiples.
- Marinette Mormont

Au-delà de la pénurie

Les CPAS peinent à recruter et surtout à maintenir les assistants sociaux dans leur emploi. C’est également vrai pour d’autres institutions de grande taille, plus bureaucratisées, voire politisées. Pourtant, les écoles de travail social diplôment des étudiants en grand nombre. Bien évidemment, leur profil a radicalement changé depuis les années 1970 et 1980. Mais ce changement n’explique pas ce dont la pénurie est la marque.
- Alain Dubois

Changer les lois, changer les mentalités

Le revenu d’intégration sociale est le dernier filet de protection sociale. Les CPAS à qui revient cette mission mettent-ils vraiment tout en œuvre pour protéger les droits des plus faibles ?
- Bernadette Schaeck

Comprendre la violence institutionnelle

Les déterminants sociétaux de la violence institutionnelle vécue dans les services sociaux, et plus particulièrement les CPAS, éclairent les enjeux du travail social contemporain. La complexification des mécanismes de lutte contre la précarité, l’aggravation des mécanismes d’exclusion et de précarisation, et la dévalorisation des professions du social contribuent à renforcer les situations de violence institutionnelle dans l’accompagnement des personnes précarisées.
- Grégory Meurant

Travail social et santé : une combinaison gagnante

La (bonne) santé n’est pas uniquement liée à des facteurs génétiques et biologiques. Elle est considérablement tributaire des déterminants sociaux. Ces deux dimensions se pensent ensemble, et cette synergie est essentielle pour fournir des soins de qualité, améliorer les conditions de vie et donc la santé des patients.
- Stefania Marsella

Le monde merveilleux du psychosocial

C’était avant l’ère Covid. Je soutenais le travail de l’assistante sociale, qui se heurtait aux nouvelles réalités de la population inscrite à la maison médicale. On parlait de situations complexes, pour nommer l’incompréhensible. Une sorte d’intrication de problématiques psychiques, physiques, colorées par du « désastre social ».
- Xavier Albert

La démesure du numérique

« Choisissez votre clé numérique pour vous identifier », « Se connecter avec itsme », « Vous avez une question sur votre dossier ? Le plus simple et le plus rapide est de vous connecter pour remplir en ligne le formulaire lié à votre question »… Les exemples de démarches administratives à réaliser en ligne ne se comptent plus.
- Sébastien Van Neck

En (bonne) voie de reconnaissance

Depuis 2022, le gouvernement wallon finance des postes d’assistantes et d’assistants sociaux dans les associations de santé intégrée qui en font la demande. Un tournant pour la profession dans ce secteur et un signal fort qui acte l’importance de la fonction psychosociale dans les équipes de soins.
- Rudy Pirard

Le travail social clandestin

Pour continuer à pratiquer le travail social pour lequel ils ont été formés et pour lequel ils ont signé un contrat, des travailleurs sociaux et des travailleuses sociales font le choix d’une interprétation de certaines directives, parfois le choix de pratiques hors des cadres ou illégales, mais qui sont les seules qui leur paraissent pouvoir préserver la dignité des personnes qu’ils rencontrent et accompagnent.
- Chambeau Marc

Des assistantes sociales indépendantes, un tournant ?

La société familiale POBOS, spécialisée dans l’aide aux victimes, a repris dans les années 2000 le service social de l’ancien groupe de grande distribution GIB. Elle propose à ses différentes filiales actuelles un service social externe répondant aux demandes de soutien et d’accompagnement des employés dans les difficultés qu’ils rencontrent tant au travail que dans leur sphère privée.
- Pascale Meunier

Travail social hors les murs

La posture d’intervention sociale qui consiste à aller à la rencontre des personnes dans leur milieu de vie connait un regain d’intérêt depuis une trentaine d’années. Pour quelles raisons et avec quelles intentions ? Ébauche de réponse à la lumière de deux approches fondées sur l’outreach : le travail de rue de l’asbl Diogènes et la démarche communautaire de la Fédération des services sociaux.
- Pauline Gillard

Investir dans le social

Files d’attente jusqu’à laisser tomber des droits de base. Augmentation des appels à l’aide jusqu’à une sélection arbitraire entre les urgences. Essoufflement jusqu’à la désertion des métiers du social. Difficultés de structures associatives porteuses jusqu’à les retrouver exsangues, etc. Face à ces constats, hasarder des pas de plus en tentant des corrections n’y fera rien ou pas grand-chose. Une autre visée, celle de l’investissement dans le structurel, doit nous imprégner et nous mobiliser.
- Christine Mahy

Actualités 107

Espoirs et craintes

L’assemblée générale du 28 mai 2024 s’est clôturée par un long échange entre la Fédération des maisons médicales, les mutuelles et les syndicats rouges et verts. Une rencontre avec nos membres traversée de craintes et d’espoirs. Des(…)

- Fanny Dubois

Madeleine Guyot : « De même qu’il y a un Plan de lutte contre la pauvreté, peut-être faudrait-il un Plan de soutien à la parentalité »

La Ligue des familles a un peu plus de cent ans. Les parents qu’elle soutient et défend n’ont plus tout à fait le même profil ni les mêmes besoins qu’avant. Sa directrice générale parcourt les enjeux de la parentalité d’aujourd’hui… et les réponses structurelles qui tardent à venir.
- Pascale Meunier

À la rencontre des community health workers

Ils sont une cinquantaine en Belgique. Les community health workers, aussi appelés agents de santé communautaire ou encore facilitateurs en santé, sillonnent les quartiers à la rencontre des personnes en situation de vulnérabilité pour qui le système de santé est difficilement accessible.
- Laura Nothelier

Marcher, en solidarité

Participer aux « 20 km de Bruxelles », un projet un peu fou pour des patients et des patientes de maison médicale ? Pas du tout ! L’idée ne leur est pas venue du jour au lendemain, mais comme l’évident résultat d’un processus alliant circonstances sanitaires, exercice physique et activité de groupe.
- Marie-Claude Olory, Stefania Marsella