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Agir contre les pollueurs


Santé conjuguée n°111 - juin 2025

Le cycle de conférences-débats organisé par la Fédération des maisons médicales s’est clôturé avec des leviers juridiques disponibles pour obtenir réparation, faire cesser une activité polluante ou faire reconnaitre la responsabilité des pollueurs.

En matière civile ou en matière pénale, diverses actions juridiques contre les entreprises polluantes sont possibles, même si toutes ne sont pas conçues dans le but de mettre en cause la responsabilité ou de faire cesser une activité. Alice Briegleb, chercheuse au centre Perelman de philosophie du droit de l’ULB, y rédige actuellement une thèse sur la responsabilité juridique des entreprises fossiles dans la lutte contre le changement climatique. Elle est aussi membre de la cellule environnement de la Ligue des droits humains et évoque différentes voies envisageables.
Cour constitutionnelle. Chaque loi, décret ou ordonnance qui contreviendrait aux droits et libertés fondamentaux, en particulier ceux prévus au Titre II de la Constitution, peut faire l’objet d’un recours en annulation devant la Cour constitutionnelle. Le délai est de six mois à compter de sa publication au Moniteur belge. La Cour peut l’annuler. « Le droit à un environnement sain, consacré par l’article 23 de la Constitution, est souvent présenté comme purement symbolique et la jurisprudence tend à dire qu’il ne peut que passer par des actes qui viendraient matérialiser ce droit, fait remarquer la juriste. Il n’empêche qu’un contentieux pourrait être développé autour de ce concept-là. »
Conseil d’État. On peut demander l’annulation ou la suspension d’un acte administratif devant le Conseil d’État. « Nous parlons ici d’actes réglementaires qui vont aggraver ou bouleverser l’état actuel d’une situation. » Le délai est de soixante jours à partir de la publication, de la notification ou, à défaut, de la prise de connaissance effective de l’acte.
Actions en cessation. Elles visent différentes causes : économique, anti-discrimination, environnementale… « La difficulté de l’action en cessation environnement réside dans ses conditions de mise en œuvre : il faut qu’il y ait atteinte à une loi environnementale. On peut se retrouver bloqué en l’absence de cadre légal. »
Troubles de voisinage. Une jurisprudence se développe avec succès, d’autant que cette notion a été intégrée au Code civil depuis sa réforme en 20201. « Il ne s’agit plus ici d’attaquer un acte, mais le comportement d’une personne. » Contre l’entreprise 3M 2, responsable de la pollution des sols à Zwijndrecht, une famille a pu obtenir une compensation auprès du juge de paix. « En matière environnementale, la question de la loi déterminée est moins présente. L’obstacle se situe dans la notion de voisinage. Dans le cas de 3M, des études déconseilleraient aux riverains dans un certain rayon autour de l’usine de consommer les œufs de leurs poules. C’est un indicateur de l’ampleur de l’impact de la pollution pour le juge. »
Actions en responsabilité. L’un a commis une faute et un autre en subit un dommage. L’auteur de la faute doit le dédommager. « Un avantage de l’action en responsabilité civile extracontractuelle classique, c’est que la faute peut être la violation d’une norme de droit déterminée, mais aussi la violation de ce que l’on appelle le standard général de prudence. C’est pour cette raison que cet instrument est fort mobilisé. » Les obstacles juridiques pullulent néanmoins, notamment concernant la preuve. Et en matière de changement climatique, l’impact est global et diffus. « Prouver qu’il relève de la responsabilité de telle entreprise alors qu’il peut parfois s’agir d’un enchainement ou d’associations d’effets, c’est possible en matière de responsabilité civile extracontractuelle, mais cela peut générer des difficultés et contestations sur le plan de la causalité. Les sciences de l’attribution sont mobilisées à cet effet. »
Actions pénales. Le droit pénal peut être utilisé de manière protectrice. « C’est notamment l’idée d’écocide. Le crime d’écocide3 a été intégré dans le Code pénal, toutefois, parmi les conditions d’application nécessaires se retrouve la violation d’une loi environnementale déterminée. » Le champ d’action se situant au niveau fédéral, le crime d’écocide en Belgique de facto est restreint, il ne concerne que des questions de dégradation environnementale en mer du Nord et celles relatives au nucléaire. « Le droit pénal va pouvoir aussi être utilisé de manière réactive, en réponse notamment aux actions de désobéissance civile. À Liège, des militants du collectif “Liège sans pub” ont été interpellés pour vol de panneaux publicitaires affichant des SUV électriques, qu’ils comptaient réutiliser dans le cadre de manifestations pour le climat et dénoncer la fiscalité sur ces véhicules. Le juge du tribunal correctionnel a considéré qu’ils étaient coupables des faits, mais qu’il y avait une cause d’excuse absolutoire parce qu’ils usaient de leur liberté d’expression et que les condamner aurait été une entrave à cette liberté. Un jugement en première instance allant dans le sens d’un renforcement des militants et de la légitimation dans une certaine mesure de la désobéissance civile, c’est audacieux. » La cour d’appel a demandé à la Cour constitutionnelle de clarifier la notion de cause d’excuse absolutoire au nom de la liberté d’expression dans le cadre de l’urgence climatique et ce que l’on peut tolérer et ne plus condamner au nom de la lutte contre le changement climatique. « Nous attendons sa réponse, qui pourrait avoir un impact pour la suite des actions militantes. »
Droit européen. Les plus grandes entreprises doivent communiquer ce qu’elles font en matière environnementale et de protection des droits humains. Une directive « devoir de vigilance » leur impose entre autres de vérifier ce qui se passe tout au long de leur chaine de valeurs. Impossible dès lors pour une société établie en Belgique de se retrancher juridiquement derrière ses fournisseurs en Indonésie, par exemple, et contre lesquels on ne peut rien faire. « Ce devoir de vigilance à l’égard des filiales et des fournisseurs a été adopté en mai 20244, mais il est menacé depuis les dernières élections européennes. C’est entre autres pour cela que le contentieux stratégique se développe avec des instruments, des normes générales qui existent déjà. »
Contentieux stratégique. Des affaires sont introduites pour protéger un intérêt particulier et aussi pour défendre un intérêt collectif et provoquer des changements juridiques, voire sociétaux. « Le système judiciaire passe pour conservateur par essence et le droit pour protecteur de l’ordre des plus forts… En réalité ce n’est pas toujours le cas. Les juges agissent dans le droit, mais ils osent parfois sortir d’un carcan judiciaire qui peut être considéré comme conventionnel et on arrive à tirer parti de cette structure en utilisant les instruments des dominants par les dominés. » Est-ce « le » bon moyen de lutter contre le changement climatique ? « Le contentieux stratégique n’est pas le seul moyen, il n’est ni meilleur ni plus légitime qu’un autre, mais il y a la légitimité du pouvoir judiciaire. » En y recourant, la juriste identifie toutefois un risque de désinvestissement des militants : ils peuvent se sentir dépossédés de leur objet de lutte au profit de techniciens du droit. « Perdre une affaire engendre aussi un risque de démobilisation. Et une victoire judiciaire n’est pas non plus toujours suivie de conséquences pratiques, ce qui peut être décourageant. On observe en tout cas une dynamique contentieuse en matière climatique et dans toutes affaires et questions environnementales où de grands succès galvanisent et inspirent d’autres associations. Cela crée une dynamique globale. »
Qui attaquer ? La structure des groupes de sociétés qui polluent est parfois alambiquée. Le pouvoir décisionnel est aux mains des sociétés mères et leurs filiales souvent situées dans des États différents, qui diront qu’il s’agit de personnalités juridiques distinctes. « La complexité du droit des sociétés permet une certaine impunité. On va donc se retrouver avec un préjudice global et la question de savoir qui attaquer et devant quelle juridiction. En droit de l’Union européenne, une fois qu’un dommage a eu lieu à un endroit, vous pouvez attraire la personne sur la juridiction du lieu de la survenance du dommage. Mais pour les gros groupes, qui est responsable ? Il y a un enjeu de territorialité du droit au-delà duquel demeure la complexité de la causalité : il faut pouvoir prouver que ce sont ces comportements-là, à tel moment, qui ont provoqué tel dommage. Sans parler de la prescription des faits lorsqu’ils remontent à des années. Ce n’est pas impossible, mais ce n’est pas une voie royale, c’est un peu David contre Goliath. »
Agir avant le dommage. En matière climatique aussi, mieux vaut prévenir que guérir. « La fonction préventive du droit de la responsabilité est désormais reconnue noir sur blanc dans le nouveau Code civil belge, sous certaines conditions. » Il ne s’agit donc pas uniquement d’obtenir la réparation des dégâts climatiques déjà en cours, mais d’empêcher la réalisation de dommages éventuellement encore évitables. Ultime conseil d’Alice Briegleb : « Il faut faire feu de tout bois ! »

 

 

Farmer Case : un procès climatique inédit contre TotalEnergies

En Belgique, un agriculteur a décidé d’assigner en justice TotalEnergies, l’un des plus grands groupes pétrogaziers mondiaux. La ferme d’Hugues Falys, située à Lessines, subit depuis plusieurs années les effets de plus en plus marqués du dérèglement climatique : sécheresses prolongées, vagues de chaleur, orages stationnaires destructeurs. Ces événements ont provoqué d’importants dégâts agricoles, une perte d’autonomie fourragère et une réduction forcée du cheptel. Face à cette situation, le plaignant a choisi d’activer un levier rarement mobilisé par des citoyens : une action en responsabilité civile contre une entreprise fossile, pour sa contribution active et prolongée à la crise climatique.
Trois associations – la Ligue des droits humains, Greenpeace Belgique et FIAN Belgium – soutiennent Hugues Falys dans cette action climatique en faisant « intervention volontaire », considérant qu’elle concerne plus largement tous les citoyens et citoyennes et que le dérèglement climatique provoqué en majorité par la combustion des énergies fossiles impacte fortement les droits humains. Ce contentieux, surnommé Farmer Case, s’inscrit ainsi dans la montée en puissance des actions judiciaires visant les carbon majors, c’est-à-dire les entreprises les plus responsables de l’accumulation historique de gaz à effet de serre dans l’atmosphère 5.
Le recours repose sur la norme générale de prudence prévue par le droit civil, éclairée ici par des références scientifiques et juridiques actuelles : les rapports du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), les engagements de l’accord de Paris6, les principes de précaution et de responsabilité. Selon les parties demanderesses, TotalEnergies a manqué à cette obligation en poursuivant, en toute connaissance de cause, une trajectoire incompatible avec la limitation du réchauffement à 1,5 °C. Sont notamment mis en cause : ses émissions massives (près de 390 millions de tonnes en équivalent CO2 par an)7, l’absence de plan de transition crédible, les investissements continus dans de nouveaux projets fossiles et des pratiques de greenwashing visant à entretenir la confusion sur son rôle réel dans la transition énergétique8.
Sur le plan des demandes : l’action conjugue une demande de réparation pour le passé et pour le futur, en veillant à ce que le dommage ne se produise plus. Concrètement, les injonctions demandées au juge sont : faire cesser les investissements de TotalEnergies dans de nouveaux projets fossiles ; imposer une réduction d’au moins 60 % des émissions liées à la production et à la livraison d’énergies fossiles d’ici 2030 ; contraindre l’entreprise à réduire sa production de pétrole et de gaz jusqu’en 2050 ; et exiger l’adoption d’un plan de transition réaliste, aligné sur les objectifs de l’accord de Paris. Les requérants demandent que ces mesures soient assorties d’astreintes.
Le Farmer Case participe d’un mouvement plus large de contentieux climatiques portés par des citoyens, des ONG, des collectivités, dans le monde entier. Ces actions sont pleinement complémentaires avec les autres leviers citoyens  : mobilisation sociale, plaidoyer politique, recours à la presse, désobéissance civile. Mais la voie judiciaire présente un intérêt spécifique : elle permet d’engager la responsabilité d’acteurs privés puissants, d’obtenir des décisions contraignantes et de créer des précédents susceptibles d’être repris dans d’autres juridictions9. En cela, elle constitue un levier stratégique face à l’insuffisance des politiques publiques.
Ce procès pose aussi des questions juridiques fondamentales : la portée de la responsabilité civile dans un contexte globalisé ; la possibilité d’établir un lien de causalité entre des activités industrielles transnationales et des dommages localisés ; le rôle du juge dans l’évaluation de la transition climatique des entreprises. Il interroge le droit en tant qu’outil vivant, capable de répondre à des risques systémiques et de faire évoluer la norme face à l’inertie des structures politiques. Enfin, cette affaire marque un glissement dans notre perception de la crise climatique. Loin d’être une abstraction globale, elle se manifeste ici comme un préjudice concret, tangible, subi par un citoyen. En cela, le Farmer Case dépasse son propre cadre pour incarner une question collective : qui doit répondre, juridiquement, de la destruction progressive des conditions d’une vie digne sur Terre ?

Olivier Hustin, coordinateur de la commission Environnement de la Ligue des droits humains.

 

  1. Code civil (livre 3 : « Les biens »), 4 février 2020, www.ejustice.just.fgov.be.
  2. P. Meunier, « Sous la menace des polluants éternels », Santé conjuguée n° 109, décembre 2024 ; P. Meunier, « Le chlordécone, un polluant néocolonial ? », Santé conjuguée n° 110, mars 2025.
  3. Art. 94 §1er du nouveau du Code pénal. Loi introduisant le livre II du Code pénal (1), Moniteur belge, 29 février 2024, www.ejustice.just.fgov.be.
  4. Directive (EU) 2024/1760 du Parlement européen et du Conseil du 13 juin 2024 sur le devoir de vigilance des entreprises en matière de durabilité et modifiant la directive (UE) 2019/1937 et le règlement (UE) 2023/2859, https://eur-lex.europa.eu.
  5. R. Heede, « Tracing anthropogenic carbon dioxide and methane emissions to fossil fuel and cement producers”, Climatic Change, n° 122, 2014.
  6. Traité international juridiquement contraignant sur les changements climatiques, adopté par 196 Parties lors de la COP 21 (Conférence des Nations unies sur les changements climatiques) à Paris le 12 décembre 2015 et entré en vigueur le 4 novembre 2016. Son objectif est de maintenir « l’augmentation de la température moyenne mondiale bien en dessous de 2 °C au-dessus des niveaux préindustriels » et de poursuivre les efforts « pour limiter l’augmentation de la température à 1,5 °C au-dessus des niveaux préindustriels », https://unfccc.int.
  7. TotalEnergies, Sustainability & Climate 2024 Progress Report, mars 2024.
  8. Voir aussi Notre Affaire à Tous, Total Greenwashing, https://notreaffaireatous.org.
  9. Entre autres Urgenda v. État des Pays-Bas (2015-2019) ; Milieudefensie v. Shell (2021) ; Saúl Lliuya v. RWE (Allemagne, en cours).

Cet article est paru dans la revue:

Santé conjuguée, n°111 - juin 2025

Violence dans le secteur de l’aide aux sans-abri

Mai 2023, la presse relaye la fermeture temporaire de centres du secteur de l’aide aux personnes sans chez-soi suite à des violences dans leurs locaux. Ces actes ne sont pas les premiers, mais cette médiatisation est inédite. Toutefois, les services ne peuvent s’arrêter aux faits et il est urgent de mieux comprendre la dynamique derrière ceux-ci afin d’y répondre adéquatement.
- Antoine Farchakh, Louis Berny

Patients et impatience

Le psychiatre et psychanalyste Jean-Pierre Lebrun[efn_note] J.-P. Lebrun, Un monde sans limite, Erès, 1997 ; Un immonde sans limite, Erès, 2020. [/efn_note] livre son analyse des violences à l’œuvre aujourd’hui dans notre société. Pour lui, elles s’inscrivent notamment dans le changement des modes de transmission et dans le poids qu’exerce sur nous la société de consommation.
- Pascale Meunier, Stefania Marsella

Violences institutionnelles et justices alternatives

Outre l’intérêt que suscite leur découverte, s’aventurer sur ces nouveaux territoires peut apporter matière à réflexion pour réagir aux violences institutionnelles produites (dans le domaine sociosanitaire, scolaire…) et rompre avec leur cycle autrement que par le recours à la justice en général, et la justice pénale en particulier.
- Anne Lemonne

Soutenir l’individu, soutenir le collectif

Qu’en est-il aujourd’hui du « travailler ensemble » dans le secteur médico-éducativo-psychosocial ? Au départ des observations issues de notre clinique de supervision, nous proposons quelques réflexions et analyses en lien avec des questions sociétales et leurs effets sur le travail en équipe.
- Les membres de l'équipe du Centre de formation et de supervision en institutions du service de santé mentale Chapelle aux champs de UCLouvain

Faire face aux violences dans les services d’aide

Les services destinés aux personnes en grande précarité constatent une augmentation des violences de la part des usagers. Comment répondre à ce phénomène au niveau de l’institution alors qu’il est le signal clair d’un contexte global qui se dégrade ?
- Marinette Mormont

L’urgence du genre

Comment le genre se traduit-il dans un service d’urgences médicales ? Les données recueillies grâce à une observation participante[efn_note]Ch. Marbaix, L’urgence du genre, comment le genre se traduit dans un service d’urgences médicales, master de spécialisation en études de genre, UCL, 2022.[/efn_note], principalement lors des consultations de tri, ont permis d’analyser les stéréotypes de genre et préjugés sexistes présents sur ce terrain.
- Charline Marbaix

Faire face aux paradoxes sociétaux

Comment s’énoncer sans heurter les sensibilités, prendre position sans être menacé ? Les acteurs de la santé sont attendus à répondre dans l’immédiateté et l’efficacité tout en devant souvent se garder de questionner la portée signifiante de tel ou tel acte du patient.
- Emmanuel de Becker

Violences de l’exil violences de l’accueil

L’expérience de l’exil et de l’arrivée sur un territoire où les conditions de vie tranchent avec celles que l’on avait imaginé trouver est une épreuve difficile, voire dévastatrice. Quelles violences s’opèrent tout au long de ces trajectoires ? Avec quelles conséquences sur la santé mentale des personnes concernées ?
- Pauline Gillard

La prudence en travail social face à la nouvelle gouvernance managériale

Comme nous l’avons montré avec Sylvie Mezzena1, le travail social présente les caractéristiques d’une activité prudentielle, c’est-à-dire une activité mobilisant la « prudence » comme qualité professionnelle. Cette prudence vient littéralement se heurter aux prescrits contemporains d’une nouvelle gouvernance managériale pénétrant de nombreux services sociaux dans divers secteurs de l’intervention.
- Didier Vrancken

L’État social actif : entre contrainte et inefficacité

À l’heure où L’État social actif inspire de nouvelles réformes excessivement dures qui seront mises en place dans les prochains mois et les prochaines années, son efficacité doit être questionnée. Notamment au regard de son impact délétère sur le bien-être général des nombreux bénéficiaires de la Sécurité sociale et de l’aide sociale qu’il a poussés vers la précarité.
- François Perl

Systémique de la violence

Dans les métiers du social et de la santé, il est commun de « faire avec » une certaine forme d’agressivité. Sans la banaliser, elle fait partie des situations que les travailleuses et travailleurs ont appris, le plus souvent par la pratique, à gérer. Néanmoins, des formes plus graves ou la répétition des agressions peuvent générer une souffrance et un sentiment de peur souvent tabous. Non dite et à la fois omniprésente, cette peur isole, entraine des impressions de disqualification et brouille les ressentis.
- Muriel Allart

Collaboration sous tension

Les violences institutionnelles touchent la plupart des lieux de soins et d’aide aux personnes. Elles peuvent être notables dans certains lieux et se faufiler plus subtilement dans d’autres. Elles font désormais l’objet d’une attention particulière, d’analyses sociologiques, psychologiques et politiques. Rien d’étonnant vu la conjoncture qui tend à criminaliser les précaires et les malades, les coupes budgétaires dans la plupart des secteurs et la fragilisation du tissu associatif.
- Stefania Marsella

Introduction n°111

Quel service d’aide ou de soins peut aujourd’hui se targuer d’échapper à des manifestations répétées de violence ou d’agressivité ? Leurs formes varient : physiques, verbales, symboliques ou psychologiques, rapports de force et de domination… et se traduisent(…)

- Pascale Meunier

Actualités 111

Frank Vandenbroucke : « Même dans des moments budgétaires difficiles, il faut préserver le système basé sur la solidarité »

Le ministre fédéral de la Santé et des Affaires sociales (Vooruit) rempile dans un gouvernement d’alliance de quelques socialistes et d’une majorité conservatrice. Quelle place, quels moyens pour la santé dans un contexte d’austérité ?
- Pascale Meunier

Prévention du suicide : la première ligne peut faire la différence

Quelles lignes directrices et attitudes adopter lors des consultations avec des patients en détresse ? Quelles précautions prendre pour évaluer la dangerosité d’un acte suicidaire ? La coordination institutionnelle en cas de crise suicidaire, la réflexion collective et la mise en place de protocoles clairs pour prévenir et gérer les situations de crise revêtent aussi une grande importance.
- Tsolair Meguerditchian

Agir contre les pollueurs

Le cycle de conférences-débats organisé par la Fédération des maisons médicales s’est clôturé avec des leviers juridiques disponibles pour obtenir réparation, faire cesser une activité polluante ou faire reconnaitre la responsabilité des pollueurs.
- Pascale Meunier

Petit coup de pouce

Il y a quelques années, chaque semaine dans le British Medical Journal (BMJ), un médecin présentait un livre qui avait modifié sa pratique. Passionnant !
- Dr André Crismer

De grèves en manifs…

Depuis l’installation du nouveau gouvernement fédéral, la grogne monte dans le secteur du non marchand. L’aide à la jeunesse, l’insertion, les soins de santé, les services sociaux… sont des socles qui tiennent debout des pans entiers(…)

- Fanny Dubois