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Les auteurs de cet article nous racontent l’histoire de deux quartiers hollandais qui ont voulu se développer en partant du bien-être des enfants. Deux projets implémentés à partir de concepts inspirés de l’anthropologie urbaine1, mais selon des dynamiques différentes : à Zaandam, l’approche est méthodique et planifiée, tandis qu’à Rotterdam, elle est née d’une initiative des habitants. Adapter les quartiers aux enfants : l’avenir de la ville ?

La ville planifiée et la ville vécue

Pour développer un quartier adapté aux enfants, il est important de comprendre la dynamique qui se joue entre la « ville planifiée » et la « ville vécue », deux visages de la ville identifiés par l’anthropologie urbaine. Le concept de ville planifiée se réfère au point de vue des professionnels (concepteurs, dirigeants, décideurs et exécutants) tandis que la ville vécue, c’est le monde des gens, des enfants, des parents, des écoles, ainsi que les différents équipements qu’ils utilisent. Ville planifiée et ville vécue sont deux réalités distinctes dont les acteurs ne parlent pas le même langage, n’ont pas le même regard et les mêmes aspirations. En revanche, ils forment ensemble le ‘système’ de la ville. Prendre en compte ces deux visions et les articuler donne lieu à un processus professionnel stimulant qui permet de développer un espace extérieur agréable, solide et de qualité.

A Zaandam, le trajet des quatre voies

Le quartier Poelenburg à Zaanddam a déjà acquis une certaine expérience en matière de projets réunissant enfants et professionnels. Aujourd’hui, il est à l’aube d’un vaste projet de restructuration, envisagé de manière assez méthodique et qui vise à accorder un véritable espace à la jeunesse de Poelenburg. La commune, les sociétés, les écoles, la mosquée, les habitants et les institutions d’aide sociale sont prêts à investir dans ce projet. Le plan de restructuration du Nouveau Poelenburg comprend notamment une route adaptée aux enfants et l’Atelier Rijksbouwmeester a chargé l’équipe Stipo2 de développer une ‘boîte à outils’ pour créer cette route. Ce travail s’est mis en place suivant le modèle du ‘viersporentraject’3 (approche des quatre voies, indices) basé sur quatres axes correspondant à des expressions jouant sur le terme ‘sporen’. Ce terme renvoie à l’idée de mouvement : un enfant est continuellement en mouvement, un quartier évolue dans le temps et même la ville planifiée forme un ensemble dynamique… L’approche des quatre ‘sporen’ tient compte de ces réalités et la boîte à outils se construit sur base d’actions entreprises au niveau de chacun de ces quatre axes, tant dans la ville vécue que dans la ville planifiée. capture-6.jpg Chercher des indices (‘Sporenzoeken’) Pour chercher des indices dans la ville vécue, il suffit de se promener en rue et de se mêler aux enfants, aux parents et aux autres personnes qui s’y trouvent. L’anthropologue urbaine chargée de cet axe du projet s’est glissée pour un temps dans la peau d’une habitante de Poelenburg : elle est allée y faire ses courses, jouer avec son enfant et bavarder avec la voisine. De leur côté, les enfants de l’école ont mené quelques enquêtes. Tout cela a permis de se forger une idée assez précise des rituels, des routes, des routines et des relations des enfants du quartier. Par exemple, les enfants empruntent souvent des itinéraires fixes et les baptisent d’après ce qu’ils rencontrent en chemin. C’est ainsi qu’un petit garçon avait trois alternatives pour revenir de l’école ; la route des animaux, la route des gens et la route de la nature. Il choisissait l’une des trois selon son humeur. Le concept de la route des enfants s’inspire directement de cette observation. Une autre observation frappante, c’est que les ‘rituels quotidiens’ des enfants sont alimentés par les éléments qu’ils croisent en chemin : bordures, poteaux et poubelles deviennent les supports de leurs petits jeux et exercices imaginaires. Cette observation est devenue l’un des points de départ du projet final. Tracer des voies (‘Sporentrekken’) Pour réussir une route destinée aux enfants, il ne suffit pas de concevoir des éléments adaptés et de les disposer le long de la rue. L’aspect social est tout aussi important : comment faire en sorte que les enfants, les parents et les riverains reconnaissent (aux deux sens du terme), empruntent et restent ‘fidèles’ à cette route des enfants ? Par le biais de concours, de dessins de mode et d’un petit film promotionnel, les enfants ont été encouragés à se sentir en quelque sorte les propriétaires d’une portion de la rue. Les constructeurs de la commune, les responsables de la société de logement, les associations d’habitants et les autres parties concernées ont examiné le processus ensemble et ont intégré cet aspect social de l’appropriation dans le développement physique du quartier destiné aux enfants. Laisser une empreinte (‘Sporenachterlaten’) La recherche et la mise sur pied du projet ont suscité l’enthousiasme et l’adhésion des enfants, des parents et des professionnels du quartier ; les idées récoltées ont permis de concevoir une boîte à outils regorgeant de précieuses recommandations. Tout cela a suscité la rénovation de deux aires de jeux et l’aménagement d’un itinéraire clair adapté aux enfants. Ces idées ont également encouragé d’autres acteurs et professionnels à passer à l’action. Ainsi, les sociétés de logement s’efforcent d’aménager au mieux les endroits autour de leur propriété afin de les mettre à la disposition des enfants, les écoles et la mosquée organisent des activités visant à promouvoir l’utilisation de la route des enfants : par exemple le ‘cortège’ annuel le long de la route des enfants le jour de la rentrée, l’exploitation de la route lors de la journée mondiale du jeu… Le modèle des quatre ‘sporen’ a notamment permis de mettre en lumière les investissements sociaux réalisés par de nombreux acteurs du quartier et qui ont joué un rôle important dans son développement. Ces investissements ne proviennent pas uniquement des investisseurs ‘traditionnels’ tels que l’administration et les sociétés de logement, mais aussi d’organisations à visée sociale ainsi que des habitants. Faire ses preuves (‘Sporenverdienen’) Poser les premiers jalons ne suffit pas : pour qu’un quartier s’adapte concrètement aux enfants, il faut que les concepts identifiés et définis soient mis en oeuvre et exploités et que les acteurs professionnels, les enfants, les parents et les habitants de la ville ‘réelle’ restent actifs sur le long terme – du moins jusqu’à ce que la route des enfants ait réellement fait ses preuves et soit devenue une réalité incontournable. Pour soutenir cette continuité, une série d’acteurs ont formé une coalition et nommé un ‘instigateur’ chargé de l’exploitation des idées émises, lesquelles ont ainsi pu être intégrées à des projets existants comme la restructuration du quartier, le programme d’enseignement de la commune et des initiatives de plates-formes d’habitants et d’organismes à visée sociale. De cette manière, ‘l’attention aux enfants’ est devenue partie intégrante de projets courants.

A Rotterdam, l’action communautaire

Dans le quartier OudeNoorden, le niveau d’instruction, le taux d’emploi et la santé des habitants se situent sous le seuil de la moyenne de la ville. En outre, les possibilités d’intervention physique à grande échelle pour améliorer le quartier sont limitées. La société de logement social Havensteder désirait étudier les moyens d’améliorer le quartier, en menant par exemple des actions sociales ou en accroissant le rôle des habitants dans la gestion du milieu de vie. Ces éléments formèrent le point de départ du développement d’une stratégie sociale. Fruit d’une étroite collaboration entre l’école primaire ‘de Klimop’, la fondation Havensteder4, la commune Noord, différentes institutions et les habitants, le quartier offre aujourd’hui un véritable espace de vie aux enfants, au sens littéral comme au sens figuré. Contrairement à Poelenburg, le quartier Erasmus n’a pas débuté son projet en définissant une méthodologie globale. Les petites modifications amorcent souvent de grands changements : ce fut le cas ici. Des professionnels et des parents, aussi tenaces que passionnés voulaient donner aux enfants la possibilité de grandir dans un environnement sûr et sain : une série d’activités isolées ont vu le jour et se sont ensuite regroupées de manière presqu’organique pour former une approche cohérente, intégrée par le réseau des acteurs. L’attention aux enfants a été un thème catalyseur qui a stimulé les habitants, les professionnels et les différents partenaires du quartier à entrer en action. Pour et avec les habitants du quartier Erasmus L’école primaire De Klimop occupe une place centrale dans ce processus. Non contente d’être un lieu de rencontre, cette école joue également un rôle prépondérant dans le développement de l’individu et du quartier – une maman qui amène son enfant à l’école discute avec d’autres parents ou les professeurs… Dans un second temps, des professionnels passionnés issus de diverses organisations ont compris le rôle et l’engagement qu’on attendait d’eux et se sont joints à l’entreprise. Ensemble, habitants, professionnels et enfants ont étudié la manière de rendre l’école et le quartier plus sûr et plus attrayant. Les résultats de cet exercice de recherche ont servi de piliers au réaménagement de la cour d’école, des rues avoisinantes et des terrains du quartier. Cette entreprise a permis de créer des liens non seulement entre les habitants mais également entre les utilisateurs et les constructeurs du quartier, dans sa forme actuelle et future. Contribuer à la cohérence de l’ensemble L’objectif du projet du quartier Erasmus est d’aménager un quartier adapté aux enfants dans lequel toutes les personnes concernées se concentrent avant tout sur le développement des talents des enfants et les traduisent en actions auxquelles contribuent les différentes organisations impliquées. Les aspects suivants occupent une place centrale : la problématique locale en tant que priorité principale, la participation active des enfants, des parents, des autres habitants et des institutions et enfin une vision pédagogique unique partagée par toutes les parties concernées. Celles-ci ont approuvé l’approche avec enthousiasme et ont rapidement adhéré au projet qui a pu être incorporé au programme urbain Quartiers adaptés aux enfants5. La collaboration qui règne au sein du quartier Erasmus porte ses fruits6. Des résultats tangibles ont été obtenus (étape ‘tracer des voies’) à travers tout le quartier. Outre le réaménagement de la cour d’école, les rues avoisinantes sont désormais interdites aux voitures, des jeux ont été installés dans les cours intérieures et des petits jardins ont été aménagés dans l’école. Une pièce a été aménagée pour les jeunes filles ainsi qu’sun abri dessiné par les jeunes pour devenir leur lieu de rencontre, construit sur un chantier de démolition. Parallèlement, 20 nouveaux arbres ont été plantés, dans 13 endroits différents on a procédé à la verdurisation des façades, 25 espaces entourant les arbres du quartier ont été aménagés ainsi que 220 mètres de jardinets d’habitations qui sont entretenus par les enfants du quartier. Le système d’évaluation ‘Rotterdam Kindvriendelijk 20107, laissait déjà apparaître clairement l’amélioration du quartier, et les derniers indices de santé sociale et de sécurité sont en hausse dans le quartier du OudeNoorden. Réconcilier la ville planifiée et la ville vécue Les enfants de diverses écoles primaires du quartier ont imaginé huit œuvres d’art. Ces dernières bordent la route des enfants qui traverse le quartier et relie le quartier Erasmus aux autres quartiers avoisinants. En outre, les enfants ont pu attribuer le nom d’un animal à chacune des rues bordant cette route. Enfin, 311 pavés ornés des empreintes de ces animaux ont été posés sur la route. Il y a des retombées indirectes à ce projet : trois autres écoles primaires dans le voisinage ont adhéré aux mêmes idées et des travaux de verdurisation ont été entrepris dans deux places du voisinage. Tout comme c’était le cas dans le NieuwPoelenburg, la dynamique entre la ville vécue et la ville planifiée est bien visible dans le quartier. Fondées autour de la problématique locale, les mesures qui ont été prises tiennent compte des souhaits des personnes et des enfants (ville vécue). Et d’autres mesures s’inscrivent dans la réalité de la ville planifiée, par exemple la conception de la route des enfants ou l’interdiction aux voitures dans les rues avoisinant l’école. En fin de compte, l’adoption d’une vision pédagogique univoque a permis de maintenir une cohérence entre les différentes mesures adoptées. Ce qui a débuté comme un projet isolé se dessine de plus en plus comme un véritable programme au sein duquel différents projets visent un objectif commun : un quartier adapté aux enfants.

Des pistes communes

On peut tirer plusieurs leçons des projets de Rotterdam et de Zaandam. Le développement d’une stratégie sociale stimule le développement durable d’un quartier Si le renouvellement complet d’un quartier est un processus de longue haleine, les organisations impliquées peuvent néanmoins obtenir assez rapidement des résultats en mettant en place des actions de type social ; celles-ci ont l’avantage de pouvoir être réalisées assez rapidement, contrairement aux actions physiques qui requièrent généralement un temps de préparation beaucoup plus long. À l’époque actuelle où les sociétés de logement social et les autorités publiques ont une marge de manoeuvre réduite en matière d’investissements, une stratégie plus sociale permet de maintenir la qualité du quartier, voire de l’améliorer. Au départ, ce sont les habitants concernés qui s’engagent et participent aux efforts ; mais ensuite des groupes moins impliqués se joignent à eux pour défendre vigoureusement les intérêts des enfants. De tels projets renforcent l’interaction entre les habitants et leur capacité d’autogestion. Ainsi, dans le quartier Erasmus, les locataires et les acheteurs ont fondé un groupe de résonance actif dans le développement du quartier. Maintenant que l’approche physique se stabilise, la stratégie sociale stimule le développement durable du quartier. Une approche méthodique favorise la compréhension et la cohérence Ces deux exemples prouvent que l’anthropologie urbaine ainsi que son modèle articulant la ville vécue et la ville planifiée constituent une approche cohérente pour développer un quartier adapté aux enfants. La méthodologie des quatre ‘sporen’ fournit une base utile pour l’étude de la vie quotidienne d’un quartier en proposant des récits inspirants et des points d’actions concrets. On assiste à un échange de connaissances et de talents entre habitants et professionnels. La méthodologie aide à inscrire le développement d’un quartier adapté aux enfants dans une perspective plus large et à définir le rôle des professionnels issus de différentes disciplines. Cette méthode apporte une certaine cohérence dans différentes mesures et favorise l’adhésion des différentes organisations impliquées. C’est d’ailleurs une condition indispensable à la garantie et à la continuité de l’approche. Commencer petit pour pouvoir ensuite évoluer rapidement L’approche ‘faire la ville et être la ville’ peut accélérer le processus. Les parties concernées se réunissent plus rapidement autour de la table, chacune d’entre elles amenant ses connaissances, ses investissements et ses responsabilités. Ceci génère une synergie entre les investissements, accélère et améliore la qualité du processus. Il ne s’agit pas de gros investissements mais souvent d’une combinaison de petits investissements : ‘les petites choses l’emportent sur les grandes’. En outre, lorsque le débat s’ouvre tôt, les problèmes potentiels sont identifiés plus rapidement. Les acteurs impliqués accordent aussi beaucoup d’importance au fait que l’approche adoptée augmente leur niveau de satisfaction dans leur activité professionnelle. En collaborant avec d’autres disciplines, chacun est davantage conscient de sa propre valeur ajoutée, et de celle des autres. Seule une collaboration à long terme peut garantir un succès durable Aussi bien dans le cas du NieuwPoelenburg que dans le quartier Erasmus, il apparaît clairement que la réalisation d’un quartier adapté aux enfants n’est pas un simple projet comprenant un début et une fin. C’est plutôt un processus de collaboration, où il s’agit de développer un programme complet autour d’un élément fondateur : une vision pédagogique, une boîte à outils, une route dédiée aux enfants… Le succès de l’entreprise se maintient si tous les acteurs concernés axent leurs activités sur ce programme. Cette cohérence est le ciment de la collaboration dans laquelle professionnels et habitants conjuguent leurs compétences, leurs capacités, leurs connaissances et leur expertise pour atteindre un objectif. C’est ainsi que se développe un réseau puissant de ‘co-fondateurs’ de la ville vécue et planifiée, qui peut garantir un quartier adapté aux enfants sur le long terme.

Partir des enfants pour développer la ville à grande échelle

Les expériences de Rotterdam et de Zaandam remontent déjà à plusieurs années. Entre-temps le champ d’action en matière de développement urbain s’est encore élargi. Les investisseurs traditionnels tels que les administrations communales et les sociétés de logement disposent de moins de moyens et doivent définir des priorités. Cela ne veut pas dire qu’il ne se passe plus rien au niveau du quartier et que cette évolution met systématiquement en péril l’attention portée aux enfants dans les quartiers. Un quartier de 4.000 habitants représente une réalité économique d’environ 150 à 200 millions. Ceci comprend notamment des investissements dans les soins, l’enseignement, le travail, le sport, l’écologie, la culture, l’énergie, la sécurité, que les habitants, les acteurs sociaux et d’autres organismes dédient à un quartier8. Des investissements sectoriels peuvent régulièrement être dédiés aux projets visant à adapter l’environnement aux enfants. On peut par exemple investir dans la prévention en investissant dans la culture des légumes sains sur des terrains vagues avec l’aide des enfants ; dans les quartiers où de nombreux enfants souffrent de surcharge pondérale, ceci peut représenter un cas d’école intéressant pour les acteurs des soins de santé et les assurances maladies. On peut par exemple aussi exploiter une salle de gym en la mettant à la disposition des enfants pendant les heures creuses. Le projet des ‘agents de sécurité’ (portiekportiers) développé par le bureau Babel, propose aux enfants de participer au renforcement de la sécurité dans les entrées des immeubles. Non seulement, cette action a un effet positif sur la sécurité, mais elle renforce les liens sociaux du quartier. En conclusion, on peut dire que le fait d’investir dans le bien-être des enfants améliore le climat de vie mais également les capacités organisationnelles du quartier. L’approche anthropologique urbaine qui tend à réconcilier la ville planifiée et la ville vécue ouvre ainsi de nouvelles perspectives en matière de chances et de possibilités.

Documents joints

  1. Dans la revue ‘Tijdschriftvoor de Volkshuisvesting’, Bart Kesselaar et Jeroen Laven écrivirent un article sur les quartiers adaptés aux enfants. Dans cet article, ils actualisent les perspectives et l’inscrivent dans le cadre plus large du développement urbain.
  2. Stipo, équipe dédiée au développement urbain. www.stipo.nl.
  3. Ce concept a été développé par Stipo et le bureau Buitenom.
  4. Le 1er juillet 2011, Com·wonen et le PWS Rotterdam ont fusionné pour donner naissance à la fondation Havensteder. www.havensteder.nl
  5. Rotterdam Programma Kindvriendelijke wijken 2008 (Programme Quartiers adaptés aux enfants 2008).
  6. Rotterdamse inzending 1e prijs Kind- en gezinsvriendelijke initiatief 2011 Netwerk ChildfriendlyCities, Unicef, VNG, VWS.
  7. Rotterdam monitor Programma Kindvriendelijke wijken 2010.
  8. Stipo a identifié une série de voies dans le trajet NIMB€ (nieuwe investeringen met bestaande euros – nouveaux investissements avec les euros existants).

Cet article est paru dans la revue:

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