Pascaline d’Otreppe, médecin généraliste à la maison médicale ASASO (Saint-Gilles),
Gaël Duprat, kinésithérapeute à Repère Santé, maison de santé de Jemelle,
tous deux membres du bureau stratégique de la Fédération des maisons médicales.
Bruxelles et le Plan social santé intégré (PSSI). La Wallonie et Proxisanté… Les régions étant compétentes pour l’organisation des soins de première ligne, chacune mène son processus de manière distincte, avec des méthodologies différentes, mais aussi de nombreux points communs. Le principal : une refonte de son approche, désormais bâtie sur la notion de territoires. Principalement défini en silo, par spécialité ou par pathologie, notre système de santé est repensé dans une logique fonctionnelle autour de lieux de vie et d’objectifs de vie. Cette restructuration en profondeur est un chantier titanesque et pourrait en décourager plus d’un si on ne se limitait qu’à en relever les freins et les barrières… Un tel chantier est pourtant indispensable pour voir notre système évoluer et répondre aux défis à venir en matière de santé globale : une santé sociale, physique, mentale et environnementale.
Seul, on va plus vite. Ensemble on va plus loin
Ce proverbe fait écho aux processus de concertation qui ont été menés : le travail collectif apporte de la richesse dans la création et l’émergence de possibles. Car travailler sur la base d’un territoire nécessite des rencontres, force l’interdisciplinarité, invite à s’ouvrir et s’inspirer de l’autre dans l’optique, ici, d’une plus grande intégration des services entre eux.
Quelles sont les raisons qui amènent de plus en plus de régions et de pays, dont la Belgique aujourd’hui, à franchir ce pas. Pourquoi une base territoriale ? Comment adapter nos pratiques ? Qui sont les acteurs et les bénéficiaires de ce changement ? Comment allier proximité et santé globale ? Et comment réussir cette transition ?
Notre société nous pousse à aller vite, mais le changement doit s’inscrire dans la durée. Inspirée par le biologiste français Olivier Hamant qui voit la robustesse comme un nouvel axe du progrès humain, l’idée de santé commune (humaine, sociale, territoriale) doit être pensée en termes similaires : dans le respect des habitants du territoire, dans le respect de la lenteur du processus, dans le respect du futur. En pensant à l’environnement, en prenant soin de notre territoire. En tant que travailleurs et travailleuses de terrain, n’oublions pas qui sont les experts de ce territoire : les bénéficiaires. Quelle place laissons-nous aux habitants dans nos politiques, nos actions, nos réflexions ? Leurs objectifs de vie sont au cœur du système, au même titre que les structures de soins primaires de leurs bassins de vie.
Cet article est paru dans la revue:
Santé conjuguée, n°104 - septembre 2023
Une organisation territoriale, pourquoi ?
Bruxelles se dote d’un plan social santé intégré
Proxisanté : l’outil wallon de la réforme de la première ligne
À l’heure d’écrire cet article, et sauf blocage de dernière minute par l’une ou l’autre partie prenante pesant dans les décisions du Gouvernement, la Wallonie devrait avoir son décret validé avant la fin de cette législature.(…)
Les soins intégrés en Flandre
La responsabilisation populationnelle
Les maisons médicales, au cœur d’un territoire
Prévention et promo santé à l’épreuve des territoires
Lutter pour une ville hospitalière
Mouscron, ville santé
Une seule santé, mais beaucoup de questions
La participation en santé, derrière la polysémie
Quand le médecin traitant vient à manquer…
Introduction n°104
Pascaline d’Otreppe, médecin généraliste à la maison médicale ASASO (Saint-Gilles), Gaël Duprat, kinésithérapeute à Repère Santé, maison de santé de Jemelle, tous deux membres du bureau stratégique de la Fédération des maisons médicales. Bruxelles et(…)
Actualités n° 104
Face à la complexité
Le système de soins de santé est encore largement dominé par des logiques marchandes. Comme alternative sociale, le modèle des maisons médicales tel que la Fédération le défend reste minoritaire… alors que les victimes de ces(…)