Des huissiers envoyés aux portes des supermarchés Delhaize pour empêcher les travailleurs des piquets de grève de défendre leurs droits. Des responsables politiques qui discutent une mesure visant à renforcer le contrôle dans les manifestations publiques. L’industrie pharmaceutique engrangeant plus d’un milliard de bénéfice via la sécurité sociale sur le remboursement de prix de médicaments complètement déraisonnables. L’Espagne qui brûle et l’Italie qui se noie sous les effets des dérèglements climatiques. Des femmes qui meurent sous les coups de la violence conjugale. Le domicile du maire de la petite ville française de Saint-Brevin-les-Pins incendié par des militants d’extrême droite opposés à la construction d’un centre pour demandeurs d’asile dans leur commune… Le droit de manifester, les droits d’égalité entre les genres, les droits sociaux fondamentaux, le droit d’asile… ne sont jamais acquis, il faut sans cesse les défendre et les (re)conquérir.
Notre mouvement a toujours été défenseur de démocratie. Nous pouvons en citer quelques principes. La multidisciplinarité, le croisement des savoirs des professionnels de soins améliore la qualité de la prise en charge de la personne. Le patient partenaire, une philosophie qui reconnait le savoir expérientiel de l’usager et donc son pouvoir d’action dans sa trajectoire sanitaire. Un autre principe encore est l’autogestion, gage de la diminution des rapports d’exploitation au travail.
Toutefois, l’autocongratulation est trop facile. J’entends souvent que faire grandir la base de nos membres, c’est prendre le risque de voir nos valeurs se diluer. Pourquoi ne pas se donner collectivement l’objectif de convaincre le plus grand nombre que nos valeurs donnent sens à l’humanité ? Qu’une société plus démocratique, c’est une société qui ne nie pas la parole des exclus, qui stimule la parole entre les peuples plutôt que la construction de murs entre eux. J’aime l’idée qu’assumer nos idéaux nous fait toutes et tous grandir. Faire vivre les questions démocratiques à différentes échelles du mouvement, c’est la condition de sa survie en tant qu’acteur politique défenseur d’idées alternatives dans le système de santé.
Cet article est paru dans la revue:
Santé conjuguée, n°103 - juin 2023
Introduction n°103
Pénurie de médecins généralistes, infirmiers et infirmières qui rendent leur tablier… Les métiers du soin et en particulier en première ligne attirent moins. Pourquoi ? Mauvaises conditions de travail ? Surcharge ? Manque de reconnaissance ? Épuisement post-Covid ? Ce dossier(…)
Un manque généralisé
Chronique d’une pénurie annoncée
New Deal pour la médecine générale, New Deal pour les maisons médicales ?
Le forfait, un attrait pour les généralistes ?
La métamorphose de la médecine générale
Pratique diversifiée en médecine générale : menace ou opportunité ?
Le social-santé et ses métiers flous
La nage à contre-courant
Des CPAS sans AS…
Pénurie, quelle pénurie ?
L’enterrement des illusions
Marchandisation et conflits éthiques en MRS
Actualités n°103
Edgar Szoc : « L’État de droit est une condition nécessaire, mais pas suffisante de la démocratie »
Démocratie en danger
Des huissiers envoyés aux portes des supermarchés Delhaize pour empêcher les travailleurs des piquets de grève de défendre leurs droits. Des responsables politiques qui discutent une mesure visant à renforcer le contrôle dans les manifestations publiques.(…)