Salut Marc
Santé conjuguée n° 48 - avril 2009
Un homme pour la vie…
Nous avons à vous dire combien nous sommes très malheureux, très malheureux qu’un homme de la qualité de Marc Hombergen nous quitte si précocement, alors qu’il avait encore tant de choses à vivre et à bien vivre. Tant de plaisir à goûter, à savourer voire à en abuser car bonheur et plaisir sont à boire jusqu’à la lie.
Né au milieu des années 50, Marc est apparu dans
notre paysage, au moment où la Fédération des maisons
médicales se structurait sous les effets conjugués du retrait
de la vague soixante-huitarde et de la demi-victoire contre
les chambres syndicales Wynen.
… Lorsque la Fédération campait dans les combles de
la maison médicale de Forest au début des années 80,
il en fut le premier secrétaire et celui par qui les idées
atterrissent….
Il fût aussi l’organisateur du premier congrès en 86 sur le
thème « Les centres de santé, base d’une politique de
santé » et à sa suite, coordinateur du Secrétariat européen
des pratiques de santé communautaire.
Il aura marqué de son empreinte la promotion du forfait,
les négociations bruxelloises sur les décrets et les accords
du non marchand en 2001.Il était membre actif du
conseil consultatif à la Commission communautaire
française.
Avec la création et la gestion de FIGAC, il aura fait
progresser la réalité des Dossiers santé informatisés.
A l’initiative de la Fédération des associations sociales
et santé, il en a exercé la présidence jusqu’il y a peu. Il
était aussi revenu récemment au conseil d’administration
de la Fédération des maisons médicales.
La maison médicale Esseghem dont il était un des pères
aura donné naissance à trois filles ; elle aura aussi
parrainé un projet de centre de santé au Cameroun.
Il avait l’Afrique en horizon, c’est là, sur les routes du
Burkina Fasso qu’il a perdu la vie.
Homme de projets en rapport avec un idéal social
constant, Marc était ce qu’on peut appeler un caractère,
à la voix forte, aux coups de gueule francs et au coeur
encore plus gros.
La rue Besme, havre d’accueil et de convivialité, en a
hébergé plus d’un.
La Vie avec un grand V, un appétit de vie, une boulimie
pleine et totale : la bonne chère et le bon vin, le
parapente, le théâtre, le resto, l’informatique, la moto. Il
voulait tout faire, tout essayer, l’action syndicale, l’action
patronale, l’action politique, partout il s’investissait avec
une grande énergie et une grande lucidité sur les
partenaires.
Une force pugnace, une lucidité, un idéalisme
pragmatique, Marc, un bon-homme qui nous manquera.
Nous embrassons Brigitte et les enfants qui font leur vie,
sans doute un peu de la sienne…
La Fédération des maisons médicales,
Jacques Morel
À Marc, On raconte souvent Que nul n’est irremplaçable Il y a 14 ans, Marc, tu as eu une idée folle ! Celle de créer une antenne de maison médicale dans un coin perdu… A Berchem-Sainte-Agathe. Histoire de soigner mieux, de soigner plus. Brigitte, infirmière et Pascale, médecin t’ont suivi dans le délire. Ensuite, Catherine la kiné et puis, petit à petit, tous les autres… Aujourd’hui, cette idée folle est devenue une maison médicale Dans laquelle il fait bon vivre Une chouette bande de copains qui travaillent ensemble. Aussi improbable que cela puisse paraître aujourd’hui. Et tu en faisais partie Marc. Nous n’étions pas tes collègues, nous étions tes copains. Et ces mots sont pesés… Tu as toujours été là, Plus qu’un référent, un maître, Extrêmement présent, lorsque nous avions besoin de toi. Et on raconte pourtant Que nul n’est irremplaçable… Au milieu de nous, ce n’est pas un énorme vide que tu laisses, Mais ce sont des traces… indélébiles Nous nous souviendrons : Que le dialogue dans le respect est précieux pour une équipe Que rire ensemble permet de tenir face à la douleur et face à l’adversité Et puis, que la vraie folie C’est de laisser ses rêves dans un tiroir… Nul n’est irremplaçable ? Sauf peut-être toi, Marc. L’équipe de ta maison médicale Kattebroek.
Un entrepreneur du non-marchand… les pieds dans la boue et la tête dans le politique… Il m’a fallu quelques jours pour prendre la plume, tellement la nouvelle de décès de Marc était insupportable. C’est en mon nom et au nom de la maison médicale Espace Santé que je me décide à écrire ce petit mot. Marc est, un peu sans le savoir, à la base de la maison médicale Espace Santé en ayant mis en contact médecins et kinésithérapeute désireux de se lancer à l’aventure… Car Marc était comme cela : on fonce, on avance, parfois sans trop se soucier ni des moyens, ni des formes car l’urgence et la finalité du projet justifient et imposent d’avancer. Je me suis quelques fois confronté à lui, quand j’assumais ad intérim, la fonction de référent informatique de la Fédération et même si nous n’étions pas toujours du même avis, j’ai toujours senti chez lui un profond respect, une grande sensibilité dissimulée derrière une bonne tape dans le dos, une capacité à se remettre en question et à passer l’éponge après un bon coup de gueule, et surtout une boulimie de la vie. Il avait aussi cette conviction que les changements ne doivent pas se faire uniquement sur le terrain mais aussi dans un engagement politique au sein de la Fédération et en dehors… Et c’est précisément dans un de ces combats que la mort l’a pris par surprise… Il nous laisse en héritage, hormis tout ce qu’il a fait émerger, la nécessité de poursuivre le chemin d’engagement. Je voudrais, au nom d’Espace Santé, envoyer à Brigitte et à ses enfants tous nos encouragements et notre reconnaissance de nous avoir si souvent « prêté » Marc… Bon courage. Bon vent Marc, je sais que quelque soit le lieu où tu es, te connaissant, tu continueras le combat… Pour la maison médicale Espace Santé Thierry Wathelet
Chers tous, Je voudrais m’exprimer au nom de l’équipe de la maison médicale Esseghem. Je pourrais parler des heures de notre collaborateur, de celui qui à juste titre considérait la maison médicale Esseghem comme son bébé (même si les bébés ne se font pas seuls) et qui s’y est dévoué corps et âme même lorsque les temps difficiles des tensions humaines ou matérielles furent venus. Celui qui a toujours fait front pour le bien de toute l’équipe et a veillé – oserais-je dire paternellement ? – à garder le bateau à flot et à conserver le cap en cherchant le bon courant, là où d’autres auraient peut-être quitté le navire. Il y est arrivé, au-delà même de ses espérances. Mais c’est l’homme avant tout que notre équipe tient à célébrer. Sa personnalité, d’un abord simple, mais en réalité complexe, demandait du temps à être connue, et si je devais faire son panégyrique, je ne citerais certainement pas en premier comme qualités la discrétion, la tempérance ou la retenue – même s’il savait en faire preuve si la situation l’exigeait. Mais je relèverais plutôt que, à l’instar des personnages d’Hergé, il y’avait en lui du Tintin pour la curiosité insatiable, le goût de l’aventure et l’intérêt pour l’autre jamais démenti, du Haddock pour la tonitruance, les coups de gueule, la générosité débridée et l’amour des bonnes choses et du Milou pour l’humour, les traits parfois acerbes et surtout la fidélité jamais prise en défaut. Tel était le Marc que nous avons côtoyé quotidiennement et qui nous a marqué à un point tel que le vide laissé est proprement vertigineux, et son silence assourdissant. Qu’allons-nous faire sans lui ? Cette question, il l’avait anticipée et nous l’avait posée déjà dans le passé mais la nature humaine est ainsi faite qu’on ne tend à réellement en réaliser le bien-fondé que lorsque la réalité nous tend impitoyablement le miroir de notre propre mortalité. Cependant, quelque soit notre affliction, elle doit rester modeste face à la douleur indicible de ses proches. Concernant l’équipe d’Esseghem, nous tâcherons de faire face en ayant toujours en mémoire le projet et les visions de Marc, en espérant qu’ils nous guident dans les aléas du futur. Pour la maison médicale Esseghem, Philippe Dupont
A la base de Santé conjuguée
Pendant près d’une quinzaine d’années, Marc Hombergen a animé le Courrier de la Fédération des maisons médicales, à une époque héroïque où, sans informatique et sans télématique, les publications du monde associatif étaient littéralement portées à bout de bras par les rédac’chefs. Il a mené cette tâche à bien jusqu’à plus de 100 numéros, avant de céder le flambeau à l’équipe actuelle. Peu après, le Courrier de la Fédération des maisons médicales et les Cahiers du GERM s’unissaient pour devenir Santé conjuguée, que Marc continua à soutenir. Sans toi, nous n’aurions peut-être jamais existé. Merci Marc. L’équipe de Santé conjuguéeDocuments joints
Cet article est paru dans la revue:
Santé conjuguée, n° 48 - avril 2009
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