Au sein du Réseau ABC – VBH, plusieurs groupes de travail ont été constitués en fonction des caractéristiques et de la temporalité du cheminement du patient dans le réseau de soin. Un premier groupe s’est plus spécifiquement intéressé au passage du patient d’une institution à une autre du point de vue de l’envoyeur vu comme celui qui adresse la demande à une institution.
Nous avons ainsi isolé quelques caractéristiques de cette demande dans le domaine des assuétudes et discuté, à partir de nos différents points de vue et d’action. Ces points de vue représentaient eux-mêmes un possible cheminement de la demande puisque le groupe de travail réunissait des intervenants représentants de la première ligne : un médecin généraliste membre de la Fédération des associations des médecins généralistes de Bruxelles – FAMGB, de la seconde ligne comme l’Unité de crise-Addictions des cliniques Saint-Luc, l’Ambulatoire-Forest, de l’accueil hospitalier en aigu comme le service de psychiatrie des Cliniques de l’Europe (site Saint-Michel) et de l’accueil de postcure comme le développent le centre d’accueil et de traitement du Solbosch – CATS ou encore le centre médical Enaden. Nos positionnements, vécus et difficultés spécifiques ont tout d’abord été discutés à travers la réalisation d’un « sociogramme institutionnel » où chaque structure présente était l’origine d’une demande particulière pour un patient et d’un questionnement sur les difficultés liées à cette demande. Nous nous sommes ensuite penchés sur quelques particularités de cette demande : • Son caractère souvent urgent dans les addictions qui se heurte à la latence paradoxale de la réponse comme « système construit » des structures prenant en charge ce type de problème : longue phase de pré-admission, test de motivation, exigence d’un sevrage à l’entrée de certaines structures… Urgent pour qui ? … Malentendu ou dialogue de sourds entre la famille et le généraliste, entre celui-ci et les services plus spécialisés… Urgent pourquoi ? … Projet ambulatoire à long terme, hospitalisation pour besoins somatiques ou psychiatriques ou même parfois sociaux ? • Son caractère contraint ou lourdement appuyé par l’extérieur : de l’influence du milieu de vie ou familial souvent plus en souffrance exprimée et plus demandeur que le patient luimême jusqu’à l’intervention de la justice dans le projet de soins à travers la mise en place de mesures alternatives à l’emprisonnement ou de projets de reclassement-réinsertion. • Ses « nouveautés » dans l’émergence d’une toxicomanie « différente » chez les jeunes : les jeunes seraient souvent plus enclins à reconnaître une souffrance mentale avant de reconnaître leur dépendance-consommation alors que les adultes admettraient plus facilement un problème de consommation qu’un problème psychique. La consommation d’héroïne concerne moins les jeunes que les adultes après trente ans qui se retrouvent d’ailleurs majoritaires dans les structures de soins plus centrées sur ce type de toxicomanie comme le CATS. L’hypothèse émise par le groupe est que l’apparition de traitement de substitution diminuerait le côté transgressif de l’héroïne et permettrait de maintenir un minimum de vie sociale, ce qui retarde l’âge moyen de prise en charge de type communauté thérapeutique. Les drogues stimulantes comme la cocaïne semblent être plus attractives pour la jeune génération ainsi que le cannabis dont la consommation est actuellement fortement banalisée. Le groupe s’est alors posé la question de l’adéquation des structures existantes pour la prise en charge de ces « nouvelles » toxicomanies chez les jeunes. • Enfin, nous avons réfléchi et proposé une rencontre et confrontation “in vivo” entre demande des usagers et réponse des professionnels : nous avons ainsi invité des membres d’associations de patients (Psytoyens) et écouté leurs témoignages, leur « expertise » sur notre réseau et leur propre questionnement. Ces différentes rencontres d’intervenants ont ainsi tissé les questionnements et réflexions que nous avons voulu mettre au travail dans l’organisation d’un atelier centré sur le débat contradictoire de deux intervenants appartenant à des réalités différentes autour de trois thématiques : la demande « a minima » versus la « spécialisation des soins » dans le dialogue entre un médecin généraliste et le représentant d’un service d’hospitalisation en alcoologie, la demande contrainte dans le dialogue entre un assesseur du Tribunal de l’application des peines et un intervenant d’un service ambulatoire qui dispense de nombreux suivis « sur mandat » et enfin la demande urgente dans la discussion entre un représentant des usagers et un dispensateur de soins urgents… Les textes qui suivent reprennent les grands points abordés dans ces discussions.Documents joints
Cet article est paru dans la revue:
Santé conjuguée, n° 59 - janvier 2012
Les pages ’actualités’ du n° 59
La Fédération des maisons médicales a participé à la grève générale du 30 janvier. Parce que le monde tourne à l’envers, parce que quand les inégalités se creusent, les soins de santé sont sur la brèche….
Les politiques d’austérité sont aujourd’hui brandies comme la seule réponse réaliste à la crise économique et financière. Au nom de leurs associations, les signataires de cette carte blanche dénoncent cette politique à sens unique qui privilégie(…)
L’appréhension de la mixité culturelle constitue une question de société grandis-sante. Au-delà des difficultés de communication auxquelles sont confrontés les patients issus de milieux socioculturels très variés, dues notamment à la méconnaissance de la langue ou(…)
L’organisation des soins de santé s’oriente de plus en plus vers un développement des soins de première ligne et la prise en charge en ambulatoire. Les besoins en soins et en prévention sont croissants, et de(…)
Introduction
Présentation
Atelier 2 : à l’origine du réseau : le patient
Cet atelier est le fruit de plusieurs rencontres entre quelques travailleurs de différentes institutions. Lors de ces réunions, nous avons, dans un premier temps, abordé la question du réseau comme nous l’entendons habituellement, au sens large,(…)
L’histoire de Damien est exemplaire. Elle nous montre combien l’intervention coordonnée de différents intervenants est nécessaire au patient mais en même temps comment les intervenants autour du patient deviennent eux-mêmes parties du système du patient. «(…)
Une conception largement répandue du réseau a sa place dans les institutions : pour être correctement pris en charge, il est important de faire partie d’un réseau diversifié et pluridisciplinaire qui met au centre de son(…)
Atelier 3 : la (dis)-continuité des soins ou comment aborder la question de l’« Après » ?
Nous sommes souvent confrontés à la question de la fin de la prise en charge dans nos dispositifs. L’offre de soins en matière d’assuétude, telle qu’organisée actuellement, nécessite de réfléchir à la question de l’« Après(…)
Comment affronter les questions qui se posent « après » la prise en charge institutionnelle ? Nous avons décidé de présenter les collaborations entreprises entre le Foyer Georges Motte (FGM) et l’asbl Transit. Ces collaborations sont(…)
Au niveau local, une coordination structurée entre différents types d’intervenants, spécialisés et généralistes améliore, la connaissance des uns et des autres et permet des synergies propices à une prise en charge plus globale des problématiques des(…)
Beaucoup de patients portent un « double diagnostic » de maladie mentale + assuétude. Ces patients complexes compliquent l’accompagnement en institution et rendent très difficile le travail préparant à « l’après hospitalisation ».
Ouvertures
Atelier 1 : quelles demandes pour quels problèmes
L’atelier s’articulera autour de trois spécificités de la demande : la demande a minima, l’absence de demande et parfois la contrainte aux soins, son caractère urgent du point de vue de l’envoyeur, du demandeur et du(…)
Au sein du Réseau ABC – VBH, plusieurs groupes de travail ont été constitués en fonction des caractéristiques et de la temporalité du cheminement du patient dans le réseau de soin. Un premier groupe s’est plus(…)
Ce n’est pas parce que la demande est « a minima » qu’elle n’est pas complexe. Exemple de l’accès à un séjour en hôpital.
La demande ’a minima’ adressée au généraliste met en évidence les défauts de communication et de collaboration entre eux et le secteur spécialisé.
La mise en place du Tribunal de l’application des peines (TAP) en 2007 a défini les modalités de l’exécution des peines et y a introduit le débat contradictoire.
De Lausanne à Bruxelles
La drogue évolue. Ses usagers d’aujourd’hui sont différents de ceux d’hier et la société pose sur eux et sur l’accompagnement à leur apporter un nouveau regard (que ne partagent pas les vieux démons moraux encore vivaces).(…)
En Belgique, la place du généraliste dans les dispositifs de prise en charge des assuétudes est reconnue mais mal identifiée. L’expérience vaudoise ouvre des pistes pour clarifier cette place et invite à repenser globalement notre système.
Face au modèle vaudois exposé par le professeur Besson, le « modèle bruxellois » de prise en charge des assuétudes se caractérise par la richesse et la diversité du secteur mais aussi par son éclatement. Il(…)
Le moment hospitalier est un point très particulier dans le parcours d’une personne souffrant de dépendance. C’est une rupture complète par rapport aux différents milieux qu’il a connu jusque là, une bulle parfois idéalisée entre un(…)
En matière de drogues, Psytoyens souligne l’importance de la prévention, notamment sous certains de ses aspects moins abordés, de la formation et du soutien des acteurs, et d’une prise en charge non stigmatisante s’installant dans la(…)