Dans le secteur de l’hébergement des sans-abri, les tensions entre les contraintes de la vie collective et la prise en charge individualisée sont très fortes. C’est pourquoi il importe de développer la connaissance réciproque et la collaboration entre hébergement et services spécialisés.
Je voudrais remercier les organisateurs de cette journée de me donner l’occasion de vous faire découvrir, en quelques flashes, un secteur social quelque peu périphérique de l’aide, celui de l’hébergement d’adultes en difficulté, seuls ou en famille, confrontés souvent à de multiples problèmes, dont des addictions. Avant, après ou en cours d’actions, vous avez sans doute déjà pu collaborer avec le home Baudouin Source, l’Ilot et toutes les autres structures qui offrent plus de 1000 lits en sus des « lits d’urgence » proposés par le SAMU social qui gère le dispositif hivernal et par Pierre d’Angle, asile de nuit pour sans-abri, qui par son accueil inconditionnel et gratuit, est en permanence saturé été et hiver. Il faut envisager les questions de santé à travers la structure mise en place par le Gouvernement régional bruxellois et les Collèges pour concrétiser l’adhésion de la Région au réseau des Villes et Région en Santé de l’Organisation mondiale de la santé, depuis 2002. Bien sûr, à ce niveau, on aborde les choses en termes de bien-être, de cadre de vie suffisamment épanouissant et limitant, autant que faire se peut, les dangers de l’exclusion sous toutes ses formes. En un mot, il s’agit de développer une approche transversale des politiques régionales (logement, emploi, économie) et d’aide à la personne qui permet, entre autres, de mener des politiques diversifiées de lutte contre la pauvreté. Cela se concrétise aussi à travers la fixation d’objectifs de politiques régionales en ce compris de santé et de bien être, ce que nos amis néerlandophones appellent globalement le welzijnzorg. Pour vous, comme pour nous, participer, en tant qu’acteurs, aux consultations prochaines dans le cadre du Plan régional de développement durable (PRDD) a donc tout son sens, par exemple, pour créer et améliorer le cadre de vos et de nos actions futures et actuelles. Les maisons d’accueil, et Pierre d’Angle avec ses spécificités d’asile de nuit, pratiquent de longue date le travail en réseau. Ceci au gré des besoins ponctuels et des conséquences que peut avoir ce travail sur l’autonomie des personnes recourant, sur une base plus ou moins volontaire, à vos et à nos services pour tenter de se reconstruire et de retrouver « un meilleur être » en rapport avec leurs potentialités du moment. Les addictions et plus largement la santé mentale constituent des problématiques prégnantes auxquelles, comme vous, nos travailleurs sociaux sont confrontés. Leurs demandes ou attentes sont variées, parfois très immédiates et « pratico pratiques » : • comment « gérer » au sein de leurs structures ; • comment orienter les personnes vers les services adéquats ; • comment gérer la non demande et parfois la violence. Tout cela n’est pas simple à gérer au quotidien ; les tensions entre les contraintes de la vie plus ou moins collective et l’importance d’une prise en charge individualisée sont très fortes. Au point que l’on n’affichera pas forcément la possibilité d’héberger les personnes souffrant d’addictions, tout en devant faire face aux situations concrètes qui s’y rapportent. Une compréhension réciproque basée sur une connaissance des potentialités et limites de chaque service, à travers rencontres, journées d’étude, échanges et inter-visions entre acteurs des secteurs spécialisés ou non ne pourra qu’améliorer l’ensemble des services offerts aux personnes, que ce soit dans la crise, la pseudo urgence, ou tout simplement la vie quotidienne. Car notre/votre défi n’est-il pas finalement, malgré nous, de compenser l’absence de communauté pour une partie de la patientèle, et même parfois une incapacité momentanée à s’y intéresser, vu les rejets vécus antérieurement.Documents joints
Cet article est paru dans la revue:
Santé conjuguée, n° 59 - janvier 2012
Les pages ’actualités’ du n° 59
La Fédération des maisons médicales a participé à la grève générale du 30 janvier. Parce que le monde tourne à l’envers, parce que quand les inégalités se creusent, les soins de santé sont sur la brèche….
Les politiques d’austérité sont aujourd’hui brandies comme la seule réponse réaliste à la crise économique et financière. Au nom de leurs associations, les signataires de cette carte blanche dénoncent cette politique à sens unique qui privilégie(…)
L’appréhension de la mixité culturelle constitue une question de société grandis-sante. Au-delà des difficultés de communication auxquelles sont confrontés les patients issus de milieux socioculturels très variés, dues notamment à la méconnaissance de la langue ou(…)
L’organisation des soins de santé s’oriente de plus en plus vers un développement des soins de première ligne et la prise en charge en ambulatoire. Les besoins en soins et en prévention sont croissants, et de(…)
Introduction
Présentation
Atelier 2 : à l’origine du réseau : le patient
Cet atelier est le fruit de plusieurs rencontres entre quelques travailleurs de différentes institutions. Lors de ces réunions, nous avons, dans un premier temps, abordé la question du réseau comme nous l’entendons habituellement, au sens large,(…)
L’histoire de Damien est exemplaire. Elle nous montre combien l’intervention coordonnée de différents intervenants est nécessaire au patient mais en même temps comment les intervenants autour du patient deviennent eux-mêmes parties du système du patient. «(…)
Une conception largement répandue du réseau a sa place dans les institutions : pour être correctement pris en charge, il est important de faire partie d’un réseau diversifié et pluridisciplinaire qui met au centre de son(…)
Atelier 3 : la (dis)-continuité des soins ou comment aborder la question de l’« Après » ?
Nous sommes souvent confrontés à la question de la fin de la prise en charge dans nos dispositifs. L’offre de soins en matière d’assuétude, telle qu’organisée actuellement, nécessite de réfléchir à la question de l’« Après(…)
Comment affronter les questions qui se posent « après » la prise en charge institutionnelle ? Nous avons décidé de présenter les collaborations entreprises entre le Foyer Georges Motte (FGM) et l’asbl Transit. Ces collaborations sont(…)
Au niveau local, une coordination structurée entre différents types d’intervenants, spécialisés et généralistes améliore, la connaissance des uns et des autres et permet des synergies propices à une prise en charge plus globale des problématiques des(…)
Beaucoup de patients portent un « double diagnostic » de maladie mentale + assuétude. Ces patients complexes compliquent l’accompagnement en institution et rendent très difficile le travail préparant à « l’après hospitalisation ».
Ouvertures
Atelier 1 : quelles demandes pour quels problèmes
L’atelier s’articulera autour de trois spécificités de la demande : la demande a minima, l’absence de demande et parfois la contrainte aux soins, son caractère urgent du point de vue de l’envoyeur, du demandeur et du(…)
Au sein du Réseau ABC – VBH, plusieurs groupes de travail ont été constitués en fonction des caractéristiques et de la temporalité du cheminement du patient dans le réseau de soin. Un premier groupe s’est plus(…)
Ce n’est pas parce que la demande est « a minima » qu’elle n’est pas complexe. Exemple de l’accès à un séjour en hôpital.
La demande ’a minima’ adressée au généraliste met en évidence les défauts de communication et de collaboration entre eux et le secteur spécialisé.
La mise en place du Tribunal de l’application des peines (TAP) en 2007 a défini les modalités de l’exécution des peines et y a introduit le débat contradictoire.
De Lausanne à Bruxelles
La drogue évolue. Ses usagers d’aujourd’hui sont différents de ceux d’hier et la société pose sur eux et sur l’accompagnement à leur apporter un nouveau regard (que ne partagent pas les vieux démons moraux encore vivaces).(…)
En Belgique, la place du généraliste dans les dispositifs de prise en charge des assuétudes est reconnue mais mal identifiée. L’expérience vaudoise ouvre des pistes pour clarifier cette place et invite à repenser globalement notre système.
Face au modèle vaudois exposé par le professeur Besson, le « modèle bruxellois » de prise en charge des assuétudes se caractérise par la richesse et la diversité du secteur mais aussi par son éclatement. Il(…)
Le moment hospitalier est un point très particulier dans le parcours d’une personne souffrant de dépendance. C’est une rupture complète par rapport aux différents milieux qu’il a connu jusque là, une bulle parfois idéalisée entre un(…)
En matière de drogues, Psytoyens souligne l’importance de la prévention, notamment sous certains de ses aspects moins abordés, de la formation et du soutien des acteurs, et d’une prise en charge non stigmatisante s’installant dans la(…)