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Edito 101


Santé conjuguée n°101 - décembre 2022

To do list

Débordés, pas le temps, la tête remplie de listes des choses à faire pour le boulot, pour l’engagement citoyen, pour la vie privée…
Même quand on s’oblige à s’arrêter, c’est comme une autoroute dans la caboche. C’est grave docteur ? La thématique du temps est rarement réfléchie, sauf par des auteurs d’économie pour objectiver les capacités de rentabilisation productive d’une entreprise. Pourtant, n’est-ce pas la cause de nombreux maux ?
Le rythme des urgences traverse toute la société. Il entretient des stress chroniques qui peuvent provoquer de fortes tensions entre les individus, parfois lourdes de conséquences.
Depuis la pandémie, les politiques publiques d’appels à projets ont renforcé ce phénomène de gestion court-termiste des problèmes de santé publique. Les missions à durée déterminée
deviennent monnaie courante. Nous-mêmes avons été sommés par nos autorités d’accepter
des missions ô combien essentielles pour les populations, comme l’aide aux réfugiés ou la mise en oeuvre de territoires en santé, mais tellement plus complexes à mettre en oeuvre quand nous savons que le temps est compté.
Dans cette logique, les asbl sont contraintes de créer des postes précaires instaurant un climat d’inéquité entre les travailleurs. Si bien que ces associations commencent à résister en ne répondant plus aux appels à projets, en témoigne le dossier des dentisteries mobiles en Wallonie qui peine à aboutir.
Un philosophe inspirant a tiré sa révérence cette année, Bruno Latour. Il nous rappelait que le temps de l’espèce humaine sur Terre est compté. Contrairement à ce que les penseurs du progrès technologique tentent de nous faire croire, ce n’est pas nous, les êtres humains, qui sommes en mesure de dompter la
planète : c’est elle qui nous domine. Repenser les temps du travail, du repos, de nos modes de consommation, de nos façons de soigner… pour mieux nous écologiser, voilà une belle leçon
de philosophie. De son côté, le biologiste Olivier Hamant nous invite à adopter le rythme de vie des plantes. Un éloge de la lenteur.
Comment appliquer cette pensée à notre travail ? Prendre le temps de réfléchir collectivement à l’état du système de santé n’est pas un luxe, c’est une nécessité.

Fanny Dubois, secrétaire générale de la Fédération des maisons médicales

Cet article est paru dans la revue:

Santé conjuguée, n°101 - décembre 2022

Le travail, c’est la santé ?

La dégradation des conditions de travail entraine des conséquences redoutables – quand elles ne sont pas fatales – sur la santé physique et mentale des travailleurs et travailleuses. Au cours des dernières années, le nombre de pathologies liées à des méthodes d’organisation du travail toujours plus éprouvantes a explosé et cette tendance ne semble pas prête de s’inverser. Dans cette première partie, nous parcourons quelques données chiffrées pour prendre la mesure du phénomène à l’échelle nationale, européenne et mondiale.
- Pauline Gillard

Étude : Travailler… au péril de sa santé ?

Introduction n° 101   Le travail occupe une place centrale dans nos vies et détermine pour une large part notre santé, selon les conditions dans lesquelles il s’exerce. Qu’il s’agisse d’un emploi, d’un volontariat, de travail(…)

- Pauline Gillard

Quelles mutations dans le monde du travail ?

Tous les indicateurs de santé au travail exposés dans la première partie de cette étude sont au rouge. Comment expliquer les atteintes croissantes du travail à la santé physique et mentale des travailleurs et travailleuses ? Quelles transformations structurelles se sont opérées dans le monde de l’entreprise au cours des dernières décennies ? Dans cette deuxième partie, nous mobilisons les analyses de plusieurs sociologues du travail pour rendre compte de ces grandes mutations et de leurs effets.
- Pauline Gillard

La prise en charge des souffrances au travail en maison médicale

Cette étude s’ancre dans un travail empirique sur la prise en charge globale et interdisciplinaire des souffrances au travail des patients des maisons médicales. Dans cette troisième partie, nous présentons les objectifs, la question de recherche et la méthodologie à laquelle nous avons recouru. Puis, nous analysons les données recueillies auprès de travailleurs et de patients de maisons médicales.
- Pauline Gillard

Bien-être au travail et prévention des risques psychosociaux

Depuis 1996, la loi sur le bien-être au travail constitue le cadre législatif en matière de prévention des risques professionnels et de protection de la sécurité et de la santé des travailleurs.
- Pauline Gillard

Santé au travail et action syndicale

Qu’elles soient mises en œuvre dans les entreprises privées, les administrations ou les associations, les formes contemporaines de managements tendent à positionner les travailleurs et travailleuses dans un « face-à-face direct et solitaire avec l’organisation » [efn_note]Y. Miossec, Y. Clot, « Le collectif de travail : entre fragilité et ressource », in A. Thébaud-Mony et al., Les risques du travail. Pour ne pas perdre sa vie à la gagner, La Découverte, 2015.[/efn_note]. Un enjeu majeur pour l’action syndicale en matière de santé au travail.
- Pauline Gillard

Conclusions et perspectives

Au cours de l’année écoulée, les travailleurs et travailleuses de la Fédération des maisons médicales ont déployé un processus d’éducation permanente structuré autour de la problématique des souffrances au travail. Destiné aux soignants et soignantes des(…)

- Pauline Gillard

Bibliographie

V. Amboldi, « Et si la santé des travailleuses devenait une priorité ? », www.cepag.be, février 2016. P. Bérastégui, « Les accidents du travail mortels en hausse dans 12 États membres », European Trade Union Institute, www.etui.org, novembre 2022. P.(…)

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Actualités n° 101

Edito 101

To do list Débordés, pas le temps, la tête remplie de listes des choses à faire pour le boulot, pour l’engagement citoyen, pour la vie privée… Même quand on s’oblige à s’arrêter, c’est comme une autoroute(…)

- Fanny Dubois

Florence Caeymaex : « Nous avons la possibilité, mais aussi la responsabilité de notre façon d’être dans le monde »

Florence Caeymaex est professeur de philosophie à l’université de Liège et membre du comité consultatif de bioéthique de Belgique. Elle nous donne sa définition de l’éthique et des valeurs qu’elle mobilise. Elle nous interroge également sur les choix qui déterminent notre vie en société. Propos recueillis par Pascale Meunier, rédactrice de Santé conjuguée.
- Pascale Meunier

Travail sur soi ou enjeu politique?

Les circonstances extérieures à l’individu – inégalités, crises, publicité, précarité… – ont des effets délétères visibles sur sa santé mentale mais qui restent néanmoins peu reconnus. Quand on veut, on peut ? On tend surtout ainsi à le surresponsabiliser et à déresponsabiliser le collectif.
- Mélanie Lannoy

Femmes et sans-abri, la double peine

L’Ilot a mené une étude-action[efn_note]E. Blogie, Sans-abrisme au féminin : sortir de l’invisibilité. Recherche-action sur les violences faites aux femmes les plus précaires (sans-abri) et préfiguration d’un centre de jour pour femmes, L’Ilot asbl, janvier 2022, https://ilot.be.  [/efn_note] sur les femmes en situation de sans-abrisme à Bruxelles. Ses constats sont sans appel : le nombre de femmes sans-abri ou mal logées est largement sous-évalué et l’offre de services ne leur est pas adaptée alors qu’elles subissent plus de violences – notamment liées au genre – que leurs homologues masculins.
- Élodie Blogie

Quelles leçons tirer des inondations ?

Plus d’un an après les crues qui ont ravagé la région de Liège, qu’avons-nous appris de ces événements pour mieux agir et réagir ? Ancrées dans leur quartier, les maisons médicales ne sont-elles pas de potentielles actrices de la résilience territoriale face au changement climatique ?
- Sophie Wiedemann