Pour une adaptation continue : immersion et échanges internationaux
Sabine Wibaut
Santé conjuguée n° 64 - avril 2013
Le contexte international conditionne de plus en plus l’évolution du métier et de la formation en soins infirmiers. Les enjeux liés à l’intégration des nouveaux professionnels dans les équipes soignantes sont aussi des opportunités de faire évoluer nos pratiques pédagogiques.
Le métier d’infirmier évolue au gré des avancées de la médecine. Toujours en interaction forte avec celle-ci, l’infirmier a pourtant acquis une autonomie. Nous avons depuis 2004 un code de déontologie des praticiens de l’art infirmier belge et, depuis 2006, une liste des prestations techniques de soins infirmiers (arrêté royal du 13 juillet 2006). Tous ces acquis nous permettent d’être reconnus avec un rôle propre et nous permettent d’avoir une activité reconnue car balisée. La formation de ces infirmiers « nouvelle génération » doit, elle aussi, évoluer. L’ensemble des cursus de formation en soins infirmiers a fait l’objet d’une évaluation qualité par l’Agence pour l’évaluation de la qualité de l’enseignement supérieur – AEQES. Des experts de l’Europe toute entière ont procédé à une évaluation minutieuse de la formation et ont émis des recommandations. Ces recommandations nous poussent à offrir une formation qui s’appuie sur des données probantes, d’axer nos pratiques en lien avec l’EBN (Evidence Base Nursing). Nous devons nous tourner vers la recherche, peut-être changer de paradigme en passant des soins infirmiers à des sciences infirmières. D’autres défis nous mobilisent. Nous devons revoir notre pédagogie, parler en termes de compétences, de capacités et d’acquis d’apprentissage de module d’intégration, et plus en termes de savoir, savoir-être, savoir faire… L’accompagnement de l’étudiant dans le processus de formation « professionnalisante » est surtout basé sur la pratique. Les immersions sur le terrain sont donc essentielles. Là aussi, il y a des évolutions. En effet, depuis le 1er mars 2000, une nouvelle fonction est apparue dans les hôpitaux pour l’accompagnement des étudiants et des personnels entrants en art infirmier et obstétrical, l’Icanes : l’infirmier chargé de l’accompagnement du nouveau personnel et stagiaires. Son rôle est de faciliter l’intégration du nouveau personnel, la reprise du travail après une interruption de longue durée ou lors d’un transfert d’unité et la prise en charge des étudiants infirmiers sur les unités de soins. Les infirmiers de terrain ont de plus en plus un rôle à jouer dans la formation des stagiaires. Se profile un rôle propre d’infirmier référent des étudiants. Certains instituts, comme la Haute Ecole Galilée, la Haute Ecole de Namur ou encore le Centre de formation pour les secteurs infirmier et de santé (CPSI), offrent une formation spécifique de « praticien formateur ». Les objectifs de ces formations sont de renforcer le partenariat, de permettre à chaque acteur de clarifier et de construire son rôle dans une approche par compétences, de réfléchir à « comment accompagner l’étudiant » dans le développement de ses compétences professionnelles. S’inspirer d’ailleurs Dans l’établissement où j’enseigne, chaque année, les étudiants sont amenés à découvrir les soins infirmiers hors frontière. Ils sont toutefois de moins en moins partants pour des mobilités longues (trois mois), car ils sont préoccupés d’acquérir l’ensemble des compétences attendues (analyse, jugement clinique, gestes professionnels, communication, engagement) à la fin de leur trois ans de formation. Les enseignants sont, quant à eux, invités dans les universités partenaires1 et des échanges de bonnes pratiques nous permettent d’être dans une dynamique continue de remise en question de notre rôle pédagogique. Ainsi, par exemple, du cours de soins de base consacré à la toilette d’un patient. Suite aux nombreux échanges avec d’autres équipes pédagogiques, dont celle de l’IFSI-Lionnois à Nancy, nous avons complètement revu notre manière d’enseigner ce soin. Nous abordons désormais avec les étudiants les concepts de pudeur, d’intimité. Les étudiants sont davantage acteurs de l’apport de savoir sur la matière, car ils sont amenés à faire une recherche sur ce thème. Cela donne, sur le terrain, des étudiants qui semblent mieux s’adapter.Documents joints
Cet article est paru dans la revue:
Santé conjuguée, n° 64 - avril 2013
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