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Pour le pire, et le meilleur ?


Santé conjuguée n°91 - juin 2020

Nous traversons une épreuve historique. La pandémie du coronavirus bouscule l’entièreté de notre système : la santé, l’économie, la politique. Elle nous touche aussi au cœur de nos familles, de nos relations, de notre travail. Tandis que le nombre des victimes s’accroit de par le monde, le productivisme aveugle ralentit, ce qui ranime l’idée d’une meilleure répartition du temps de travail pour vivre mieux, plus longtemps, et dans un environnement plus durable. Cette menace sociosanitaire qui concerne l’ensemble des citoyens met aussi en lumière des pans entiers de la société habituellement relégués dans l’ombre. Les métiers du soin et du social, les métiers d’évacuation des déchets, de l’éducation, de la recherche scientifique… sont aujourd’hui considérés comme essentiels. Les maisons médicales ont aussi bénéficié de cet éclairage particulier, démontrant que leur modèle de santé fondé sur la pluridisciplinarité, la prévention et la solidarité répond de façon plus efficace, efficiente, sociale et humaine aux besoins de la crise. Mais il ne faut pas être naïf, le pire reste à venir. La crise économique qui s’annonce engendrera une crise sociale, un accroissement des inégalités d’une intensité effroyable si le paradigme néolibéral dominant ne se remet pas en question. Mutualiser les ressources, penser à tous les déterminants de la santé dans chaque nouvelle politique publique, valoriser la prévention, préserver le vivant et son environnement… sont des enjeux à reconsidérer d’urgence. Ce sont les bases élémentaires de la vie en société.

Documents joints

 

Cet article est paru dans la revue:

Santé conjuguée, n°91 - juin 2020

Introduction

Comment fixe-t-on le prix des médicaments ? Qui décide de leur remboursement ? Combien nous coutent-ils vraiment et combien coutent-ils à la société ? Quelles avancées représentent réellement les nouveaux produits mis sur le marché ? Nous avons choisi de(…)

- Hélène Dispas

Un nouveau rapport aux médicaments

Mai 2040. Une (utopique ?) consultation pluridisciplinaire.
- Hélène Dispas

Le rôle du pharmacien

Le rôle du pharmacien a fortement évolué et se développe avant tout dans une optique de collaboration interdisciplinaire.
- Chaspierre Alain

Quel impact environnemental ?

Tout au long de leur cycle de vie, les médicaments libèrent des substances dans l’environnement. Présents dans l’eau, les sols et les organismes vivants, ces résidus suscitent l’intérêt croissant des scientifiques et d’organisations internationales. Pourtant, leurs effets à moyen et long terme sur les écosystèmes sont encore largement méconnus.
- Pauline Gillard

Prescrire : pour et par des praticiens de terrain

Prescrire, revue française indépendante sur les médicaments, a trente-neuf ans et plus de 25 000 abonnés. L’équipe qui la produit compte plus de cent médecins et pharmaciens (et infirmiers, chirurgiens-dentistes, etc.). Depuis l’origine, sa raison d’être est d’apporter aux professionnels de santé – et grâce à eux aux patients – les informations claires, synthétiques et fiables dont ils ont besoin, en particulier sur les médicaments et les stratégies diagnostiques et thérapeutiques.
- © Prescrire

L’indépassable conflit d’intérêts

Interdite dans certains cas et autorisée dans d’autres... La publicité pour les médicaments est soumise à un cadre légal définissant à la fois son contenu et les modes de communication.
- Perrine Seron

La polymédication chez les aînés

La polymédication – la prise de cinq médicaments ou plus par jour – est une réalité fréquente chez les aînés. Selon l’Inami, elle est présente chez un patient sur trois âgé de 75 ans ou plus[efn_note] Inami, symposium « Polymédication dans le cadre d’une utilisation rationnelle des médicaments chez la personne âgée », 2015.[/efn_note]. En institution, cette proportion est plus élevée encore : les résidents en prennent neuf en moyenne[efn_note]P. Anrys et al., J Am Med Direct Assis n°19, 2018.[/efn_note], sans compter les prises parfois multiples pour un même médicament. Quelles en sont causes, les conséquences et la prise en charge ?
- Ariane Mouzon, Benoit Boland, Fanny Vaillant

Un marketing efficace

Les firmes pharmaceutiques, fleurons du capitalisme mondial, puisent paradoxalement une bonne part de leurs ressources dans nos services de sécurité sociale, basés sur un principe plutôt progressiste : « De chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins ». Leur investissement dans la publicité est souvent plus rentable que l’investissement dans la recherche.
- Dr André Crismer

Danger : médicaments !

« Le désir de prendre des médicaments est sans doute le fait qui différencie l’homme de l’animal », écrivait William Osler[efn_note]W. Osler (1849-1919), médecin canadien.[/efn_note]. L’homme a probablement oublié qu’en grec pharmakon signifiait le remède, mais aussi le poison. Comme drug, en anglais, signifie à la fois médicament et drogue.
- Dr André Crismer

Soigner, à tout prix ?

Le dépassement cumulé du budget des médicaments pour les années 2015 à 2018 s’élève à un milliard d’euros, dénoncent les mutualités. Une croissance des dépenses qui s’explique par la manière dont sont fixés les prix des médicaments innovants, principalement des anticancéreux. Mais qui est compensée par des mécanismes de rétribution de la part des industries pharmaceutiques, tempère l’Inami. Explications.
- Marinette Mormont

Le scénario et les acteurs

L’innovation pharmaceutique a généré l’arrivée d’une quarantaine de médicaments contenant une nouvelle substance active en Europe en 2018[efn_note]EMA, Annual Report 2018, www.ema.europa.eu.[/efn_note]. Ces médicaments ont connu un processus de recherche et développement comprenant des étapes précises et distinctes. D’abord, il y a bien sûr la découverte et la première synthèse d’une nouvelle molécule, pour laquelle le fabricant déposera une demande de brevet. C’est le début du vaste programme de recherche et développement qui – si tout se passe bien – aboutira à l’autorisation de mise sur le marché.
- Philippe Van Wilder

Le poids du secteur en belgique

Le secteur pharmaceutique, poids lourd de l’économie mondiale, est remis en lumière à la faveur de la crise du Covid-19. Son importance pourrait encore s’accroitre, notamment en Europe si les appels à la relocalisation sont entendus, stimulés, voire forcés, dans un contexte de dépendance envers les choix de production et de distribution. La Belgique, à la pointe de l’industrie au niveau européen, semble bien armée pour faire face à ces enjeux.
- Marcus Wunderle

Big Pharma, le dessous des cartes

Notre société a fait le choix d’abandonner aux entreprises pharmaceutiques le développement des médicaments. Un choix lourd de conséquences, car elles pratiquent des prix extravagants, exerçant ainsi une pression croissante sur la viabilité de notre Sécurité sociale.
- Martine Van Hecke

Les pages ’actualités’ du n°91

Céline Nieuwenhuys : « Les travailleurs de la santé et du social ne lâchent pas, car ils sont inquiets »

Céline Nieuwenhuys est la secrétaire générale de la Fédération des services sociaux (FdSS). À ce titre, elle fait partie du GEES, le groupe d’experts en charge du déconfinement[efn_note]Le Groupe d’experts en charge de l’exit strategy (GEES) est chargé « d’élaborer une vision stratégique afin de guider la période d’assouplissement des mesures prises dans le cadre de la lutte contre le coronavirus ».[/efn_note]. Son analyse de la crise du Covid-19 est alarmiste, mais elle témoigne aussi de sa confiance et de son soutien aux travailleurs du secteur social- santé.
- Céline Nieuwenhuys, Pascale Meunier

Diabète et littérature

C’est peu de le dire, mais le diabète est une sale affaire. Une maladie vicieuse et sournoise ! Il s’installe en vous progressivement, sans que vous y preniez garde, et puis, un jour, c’est le coup de tonnerre, la catastrophe… Je m’explique.
- Pierre Mainguet

La santé en lutte

Partout en Europe, les professionnels de santé réclament un refinancement du secteur et de meilleures conditions de travail et de soins. En Belgique, le collectif La santé en lutte défend un système de santé basé sur l’humain plutôt que la rentabilité financière.
- Pauline Gillard

Contrôle des épidémies ? L’OMS avait la solution… il y a 40 ans

Pour une fois, tout le monde est d’accord. Les systèmes de santé intégrés, équitables et accessibles à tous et toutes représentent le seul moyen pour lutter efficacement contre le Covid-19. C’est précisément la solution que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) préconisait à ses États membres lors de la Conférence internationale sur les soins de santé primaires organisée en 1978 à Alma Ata.
- Alison Katz

Pour le pire, et le meilleur ?

Nous traversons une épreuve historique. La pandémie du coronavirus bouscule l’entièreté de notre système : la santé, l’économie, la politique. Elle nous touche aussi au cœur de nos familles, de nos relations, de notre travail. Tandis que(…)

- Fanny Dubois