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Simple et difficile


1er avril 2012, Christian Legrève

Animateur à l’intergroupe liégeois et responsable du service éducation permanente de la Fédération des maisons médicales.

Le point de départ de notre étude, c’est une interrogation inquiète à l’occasion des élections à venir. La démocratie représentative est en panne. Les gens n’écoutent plus les politiques, qui ne savent plus ni les entendre, ni comment leur parler. La machine tourne à vide. Elle ne produit plus qu’un bruit indistinct. Et pourtant, l’urgence est criante, de construire et rendre fort une forme de contrepouvoir au système économique et financier. Cet enjeu se situe au niveau mondial, mais on a l’intuition qu’il y a un terrain à occuper sur le plan local pour en constituer la base. Un terrain étrangement déserté. Mais qu’y peuvent les intervenants en santé ?

On voit dans les deux premières parties du cahier que la question de la santé fait lien horizontalement entre les champs de l’action politique. Elle fait lien verticalement entre tous les niveaux du pouvoir public. Elle fait lien entre les besoins individuels et les ressources collectives, et inversement. Entre les politiques, les usagers et les professionnels. Elle fait lien entre les générations et les classes sociales. En bref, elle fait lien social.

Mais ce lien ne va pas de soi. Il doit s’incarner. Prendre corps. Etre rendu visible, concret. C’est l’enjeu. Quelques acteurs, d’identités diverses, on le voit, essayent de le prendre en compte. On peut constater qu’en ce qui concerne les maisons médicales, les valeurs et objectifs décrits dans leur charte convergent vers cet enjeu.

Pour arriver à le matérialiser, il est indispensable que nos actions - toutes nos actions - soient pensées en lien avec tous ces niveaux, et dans un rapport entre les parties prenantes qui ouvre la possibilité de ces liens. C’est le sens des rapports particuliers que nous essayons de construire entre nous, avec les patients et les usagers des maisons médicales, et avec nos divers partenaires. Révolutionner au quotidien les rapports humains individuels et collectifs reste une nécessité absolue pour répondre aux défis de nos sociétés.

C’est là ce que nous pouvons faire. Chacune et chacun, à chaque instant. Pour citer Berthold Brecht, c’est ’la chose simple et difficile’ que nous pouvons faire.

Le premier regard par la fenêtre au matin

Le vieux livre retrouvé

Des visages enthousiastes

De la neige, le retour des saisons

Le journal

Le chien

La dialectique

Prendre une douche, nager

De la musique ancienne

Des chaussures confortables

Comprendre

De la musique nouvelle

Ecrire, planter

Voyager

Chanter

Etre amical.

B. Brecht, traduction Maurice Regnaut

Juste avant d’écrire cette conclusion, je suis allé voir le fantastique spectacle ’Un uomo di meno’ de Jacques Delcuvellerie. Il y fait souvent référence à Brecht, et y insère un petit poème que je ne connaissais pas : Bonheurs.

Cet article est paru dans la revue:

n° 60 - avril 2012

Prendre pied sur le terrain communal

Santé conjuguée

Tous les trois mois, un dossier thématique, et des pages « actualités », consacrées à des questions de politique de santé et d’éthique, à des analyses, débats, interviews, relations d’événements (colloques, parutions récentes), au récit d’expériences vécues...

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