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Evolution des fonctions en première ligne en Belgique


1er avril 2013, Fédération des maisons médicales et des collectifs de santé francophones

Une étude [1] réalisée par la Fédération des maisons médicales en 2011 a mis en évidence les enjeux en matière d’évolution des fonctions et les orientations privilégiées par la Fédération. Rappel des principaux enseignements en ce qui concerne plus particulièrement les infirmiers.

Premièrement, des fonctions émergent soit dans le sens d’une spécialisation des infirmiers (diabétique, santé mentale,...), soit par délégation de fonctions d’appui des médecins vers les infirmiers ou des infirmiers vers des assistants. Face à cette double évolution, les auteurs de l’étude pointent le risque de perdre la vision la plus globale possible du patient et préconisent, comme antidote, de privilégier le développement des nouvelles fonctions en soutien et renfort des fonctions généralistes plutôt que l’inverse.

En matière de coordination entre première ligne et deuxième ligne ou hôpital, fonction qui n’est pas neuve mais prend de l’ampleur, l’étude préconise, dans tous les cas de figure (maison médicale ou service de soins à domicile) que ce soit un infirmier qui soit chargé de cette fonction.

Corollaire de ces orientations, l’étude penche en faveur d’une formation en soins infirmiers qui privilégie un profil généraliste, élargissant le spectre des rôles attribuables aux infirmiers sans en faire des assistants administratifs des médecins généralistes.

Face à l’évolution de la première ligne consistant à organiser les soins autour de maladies particulières (disease management), l’étude de la Fédération privilégie l’option d’équipes pluridisciplinaires de soins primaires : la première ligne est renforcée, en tant que structure d’interface entre la population et d’autres structures plus spécialisées ou institutionnelles. L’équipe pluridisciplinaire, comprenant des infirmiers généralistes s’articule alors autour d’une fonction généraliste. Elle permet notamment de mieux intégrer le lien entre le biomédical et la promotion de la santé, de mieux développer des soins centrés sur la personne.

Ces orientations privilégiées par l’étude de la Fédération s’appuient sur la conviction qu’il est préférable d’adapter les fonctions, la répartition des rôles et les formations existants plutôt que de créer ex nihilo de nouvelles fonctions. Elles intègrent la possibilité pour des spécialisations (par exemple infirmier en soins palliatifs) de venir en appui des équipes pluridisciplinaires généralistes.

D’une manière générale, l’étude note que les différents métiers véhiculent des représentations variées des évolutions souhaitables / souhaitées de leurs fonctions respectives. Les auteurs préconisent que les éventuels transferts de fonctions ou d’actes soient le fruit de concertations étroites entre les professionnels concernés.

[1Fédération des maisons médicales, Les métiers de demain de la première ligne de soins, à la demande du service public fédéral de Santé publique, Sécurité de la chaîne alimentaire et Environnement, 2011.

Cet article est paru dans la revue:

n° 64 - avril 2013

Les infirmièr-es sous les projecteurs

Santé conjuguée

Tous les trois mois, un dossier thématique, et des pages « actualités », consacrées à des questions de politique de santé et d’éthique, à des analyses, débats, interviews, relations d’événements (colloques, parutions récentes), au récit d’expériences vécues...