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Edito


Santé conjuguée n°97 - décembre 2021

Solidarité, dialogue, inclusion et respect de chaque individu dans ses différences… Nous devons défendre les principes qui contribuent à développer la cohésion sociale de notre société

Face à l’obligation vaccinale du personnel soignant, notre réflexion est avant tout guidée par des principes de santé publique centrés sur les populations et pas seulement sur les individus, et par la nécessité absolue de garantir la continuité des soins.

Le vaccin contre le Covid-19 permet de réduire les formes graves de la maladie et par conséquent le nombre de personnes ayant besoin de soins intensifs, ces lits étant dès lors préservés pour les autres interventions qui doivent avoir lieu. Par ailleurs, nous sommes sensibles à la surcharge de travail que provoque cette nouvelle vague de contamination, tant en première qu’en deuxième ligne de soins. Nos équipes sont fatiguées, débordées, et notre rôle est de relayer cette réalité.

L’obligation vaccinale d’une population ciblée ferait peser sur notre système de soins des risques très inquiétants : jusqu’à 15 % des aides-soignantes et aides-soignants pourraient quitter la profession alors que nous manquons déjà d’effectifs et que des services doivent fermer par manque de personnel dans certains hôpitaux. Cette obligation vaccinale et les sanctions qui y seraient associées (chômage, rupture de contrat, perte du numéro INAMI) pourraient en outre toucher fortement les dynamiques d’équipe. La stigmatisation par rapport à un statut, vacciné ou non vacciné, est par ailleurs réductrice. La vaccination est une mesure parmi d’autres, comme le port du masque, l’aération des locaux, le lavage fréquent des mains… qui doivent continuer à faire partie du quotidien des soignants pour limiter au maximum les risques de transmission.

Enfin, rappelons à quel point les principes de prise en charge globale, accessible et préventive des patients et d’investissements dans la première ligne de soins et l’éducation à la santé permettraient de façon structurelle le désengorgement des urgences hospitalières. Cette crise sanitaire ne pourra être résorbée via des politiques publiques disparates et stigmatisantes. Nous encourageons nos dirigeants à l’observer dans sa globalité en introduisant des mesures plus systémiques.

Cet article est paru dans la revue:

Santé conjuguée, n°97 - décembre 2021

Participation des patients et empowerment

Les actions menées actuellement pour favoriser la participation des patients rencontrent des freins sur le terrain et pourraient s’enrichir d’actions à visée des professionnels et des institutions, dans une vision de transformation globale.
- Joanne Herman

Vivre la maladie chronique

De 2018 à 2021, le projet Participate Brussels, mené par des chercheurs de l’UCLouvain et de la Haute École Léonard de Vinci, s’est penché sur la personnalisation des soins pour les personnes vivant avec une maladie chronique en région bruxelloise.
- Isabelle Aujoulat, Julie Servais, Marie Dauvrin, Olivier Schmitz, Tyana Lenoble

Vers un nouveau modèle de soins ?

Depuis 2018, douze projets pilotes « Integreo » [1] expérimentent de nouveaux modèles d’organisation des soins des personnes malades chroniques. Ces projets, qui s’appuient sur la collaboration entre les différents dispensateurs de soins et d’aide sur un territoire donné, devraient constituer une première étape vers des soins intégrés pour tous en Belgique.
- Marinette Mormont

Agir sur les déterminants de la santé

Bien que notre système de soins soit reconnu comme l’un des meilleurs au monde, il reste impuissant à agir sur la plupart des facteurs qui influencent les maladies chroniques. Plusieurs études constatent que, parmi les facteurs qui impactent la santé, le système de soins et la biologie représentent 30 % ; les autres 70 % sont le résultat de l’impact des modes de vie et des environnements [1].
- Martine Bantuelle

Le fardeau des maladies chroniques

Étant donné qu’elles entrainent également une augmentation de la consommation de soins de santé et un risque accru de complications en raison d’une plus grande consommation de médicaments, les maladies chroniques nécessitent une mobilisation importante de moyens.
- Brecht Devleesschauwer, Lisa Van Wilder

De l’inégalité des vies

Parler d’inégalité des vies n’est plus seulement s’interroger sur les disparités de leur durée, mais considérer les différences entre ce qu’elles sont et ce que les individus sont en droit d’en attendre. On ne parle plus là de quantité, mais de qualité, non plus de longévité, mais de dignité [1].
- Didier Fassin

Maladies chroniques et précarité financière

Quel est le lien entre la précarité économique et la probabilité d’être atteint de certaines maladies chroniques ? Des éléments de santé encodés dans les dossiers médicaux informatisés permettent de le documenter.
- Estibaliz San Anton, Marie Marganne, Roger van Cutsem

La complexité du diagnostic

Une longue expérience de médecin de famille a un beau jour été bousculée par une expérience de patiente développant une maladie pulmonaire chronique fibrosante. Long chemin, pas toujours confortable, vers un diagnostic complexe, où s’entremêlent, de manière pas toujours heureuse, les rôles de médecin et de malade. Ce qui suit raconte les fragments d’une histoire individuelle dans les méandres d’une médecine de pointe, confrontée à une pathologie complexe.ainsi construites avec nos soignants.
- Miguelle Benrubi

L’éducation thérapeutique à la rescousse du patient

Education thérapeutique du patient et maladies chroniques : un mariage d’amour ou de raison ? Sur quels leviers s’appuyer lorsque la maladie s’invite au long cours dans le parcours de vie des patients dits « chroniques » ?
- Geneviève Aubouy

Une approche en réseau qui porte ses fruits

Depuis sa création en 2003, le Réseau Santé Diabète Bruxelles œuvre pour favoriser l’accès à une alimentation équilibrée et à l’activité physique tout en développant une approche globale de la santé et en mettant l’accent sur les déterminants sociaux de la santé, les inégalités qui en découlent ainsi que sur la prise en charge pluridisciplinaire et intersectorielle de la maladie et de ses facteurs de risques.
- Bénédicte Hanot, Thomas Deschepper

L’interdisciplinarité, un choix incontournable

Le développement de l’interdisciplinarité est lié à la chronicisation des maladies. Les disciplines de santé et les rapports qu’elles entretiennent entre elles ont évolué au rythme des transitions épidémiologiques et des représentations sociales qui les ont accompagnées. Elles vont se diversifier progressivement face aux défis sociétaux avant que l’importance relative des maladies chroniques n’encourage les institutions de santé et les professions à se réorganiser et à favoriser (au moins dans les discours) le travail collaboratif et l’approche holistique du patient [1].20.
- Céline Mahieu, Jessica Mellier, Laetitia Buret

Un nouveau défi pour la première ligne

Plusieurs mois après la contamination, des personnes malades du Covid se plaignent de la persistance de certains symptômes, et ce indépendamment de la sévérité de l’infection initiale. Assiste-t-on à l’émergence d’une nouvelle maladie chronique ? Rien n’est moins sûr, mais, à l’image d’autres patients vivant avec une maladie chronique, les personnes souffrant de Covid long ont des besoins multiples et complexes dans les sphères médicales, sociales et psychologiques.
- Charline Maertens de Noordhout, Célia Primus-de Jong, Diego Castanares-Zapatero, Irina Cleemput, Jens Detollenaere, Karin Rondia, Koen Van den Heede, Laurence Kohn, Marie Dauvrin

Actualités n°97

Vers une consommation plus responsable ?

Les maisons médicales ne sont pas exclusivement des structures où l’on dispense des soins de santé. Elles peuvent également être appréhendées comme des lieux dans lesquels des pratiques soucieuses de l’environnement et de la justice sociale s’observent.
- Pauline Gillard

Quelle confiance dans un monde numérique ?

La confiance est une affaire sérieuse et la crise du Covid-19 l’a mise au premier plan : confiance dans les autorités politiques, sanitaires, confiance les uns en les autres, confiance dans le vaccin… Mais qu’est-ce que la confiance ?
- Mark Hunyadi

Edito

Solidarité, dialogue, inclusion et respect de chaque individu dans ses différences… Nous devons défendre les principes qui contribuent à développer la cohésion sociale de notre société Face à l’obligation vaccinale du personnel soignant, notre réflexion est(…)

- Fanny Dubois

Marius Gilbert : « Il y a une difficulté intrinsèque au système à sortir d’une gestion au jour le jour »

L’épidémiologiste, aussi directeur de recherche au FNRS à l’ULB, est connu de tous grâce à ses multiples interventions dans les médias. Dans un récent ouvrage [1], il décortique la pandémie de Covid-19 et en dégage plusieurs enseignements.
- Marius Gilbert, Pascale Meunier