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« Soignants, soignés, ensemble contre les traités ! »

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Santé conjuguée n° 79 - juin 2017

Sur papier, dans la rue, en défilant et en chantant, la maison médicale Alpha Santé, à Schaerbeek, mobilise ses patients contre les grands traités internationaux.

Tout a commencé par un débat avec des patients sur ce que la santé représente, sa marchandisation, sa commercialisation. Puis est venue la question du TTIP, beaucoup d’entre eux ne savaient pas trop de quoi il s’agissait. On était en 2014, on n’en parlait pas encore autant qu’aujourd’hui. Dans la foulée, on a organisé une conférence sur le sujet et on a réuni plus d’une vingtaine de participants de la maison médicale Alpha Santé et de celle du Noyer. La dynamique s’est enclenchée. Première manif le 19 décembre : rendez-vous à 6 heures et demi du matin. Il tombait des cordes et on y était et on chantait ! Depuis lors des groupes se sont formés. L’un a travaillé à la rédaction d’un tract que l’on a distribué et affiché aux fenêtres, un autre à la publication d’une carte blanche dans La Libre. Un autre encore a rejoint la mobilisation citoyenne locale pour déclarer « Schaerbeek hors TTIP » en assistant en force au conseil communal et en l’interpellant. En 2015, plus question de quitter le pavé : manifestation contre le TTIP en avril, flash mob en juin pour sensibiliser les petites et moyennes entreprises et la société civile, interpellation de lobbyistes en juillet, participation à une chorale anti-TTIP en septembre, marche européenne en octobre… On a même mis à profit la journée de grève du 7 octobre. La position de la maison médicale n’est pas de fermer ces jours-là car cela pénalise les patients, on choisit plutôt de les informer. Cette fois, on leur a proposé de fabriquer des calicots, c’était notre manière à nous d’être constructifs et soutenants par rapport à ce mouvement social. Les participants ont défini les slogans, ils les ont rédigés sur des supports : « Soignants, soignés, ensemble contre le TTIP ! », « La démocratie n’est pas à vendre », « Oui à l’Europe pour les gens, non à l’Europe de l’argent »… C’est intéressant de voir fonctionner ce groupe. Une dynamique s’est installée qui n’est pas juste de manifester mais aussi de produire et de réfléchir. Il y a eu un tract, un article publié dans un grand quotidien, une interview en radio. Des pétitions ont été signées. Ça nous a permis de voir et d’être vus. Des patients et des participants à nos divers cours se mobilisent pour une cause, ils y trouvent leur place. Nos collègues aussi nous soutiennent. Tous ne viennent pas aux manifs mais ils nous encouragent. Ils sont contents qu’on les représente. Aujourd’hui le groupe reste réactif, il ne demande qu’à bouger et agir selon l’actualité. Le dossier de Santé conjuguée vient à point nommé pour relancer la réflexion car on a le projet d’éditer un nouveau flyer pour expliquer aux patients les enjeux des traités internationaux. On voit que tout se détricote, que des acquis sociaux se perdent, et pas seulement depuis ce gouvernement-ci. Toutes ces mobilisations et le fait de s’engager dans des idées qui défendent la société, c’est tout de même le fondement des maisons médicales… Faire participer la population, c’est aussi la rendre responsable de sa santé. Cela apporte confiance en soi et estime de soi. Les gens se battent pour autre chose que leurs petits maux personnels. Les manifs, cela resserre aussi les liens, et certains en ont vraiment profité dans le sens où ça leur a fait du bien. C’est gratifiant et ça nourrit le groupe de voir que ses actions ont des répercussions. Les gens ne se sont pas mobilisés pour rien, pour eux sans doute, pour le groupe sûrement, et au-delà également.

Documents joints

Cet article est paru dans la revue:

Santé conjuguée, n° 79 - juin 2017

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