Situations de Handicap et accessibilité aux soins de santé
Santé Conjuguée n°114 (mars 2026)
L’Organisation mondiale de la santé estime que 1,3 milliard de personnes, soit 16 % de la population mondiale, sont aujourd’hui atteintes d’un handicap important. En matière d’accessibilité aux soins de santé, les obstacles qu’elles rencontrent ne sont pas uniquement physiques, mais également informationnels, organisationnels et relationnels. Un dossier de Santé conjuguée vient de paraître pour mieux comprendre ces enjeux autour de l’accessibilité aux soins de santé des personnes en situations de handicap.
De l’enfance à l’âge mûr, ces personnes croiseront des professionnels souvent peu formés à leurs particularités médicales et communicationnelles, peineront à accéder à des locaux non adaptés, souffriront de la lourdeur administrative et trouveront difficilement des lieux de vie inclusifs. L’article 25 de la Convention des Nations unies affirme pourtant le droit des personnes handicapées de jouir du meilleur état de santé possible, sans discrimination fondée sur le handicap. Un état de santé qui, comme nous le savons, ne se limite pas à une approche médicale, mais dépend de nombreux pans de la vie.
Ce dossier en traverse quelques-uns, dans une logique de continuité et d’approche multidisciplinaire : la santé sociale et les loisirs ; la santé sexuelle, la contraception et la parentalité ; la santé mentale et la complexité des doubles diagnostics ; le vieillissement et l’après-parent ; l’expression et la compréhension de la douleur… Comment aussi adapter nos pratiques ? Comment sensibiliser et mieux former les soignants ? Quels sont les outils disponibles pour faciliter les échanges ? Quelle juste place occuper dans l’accompagnement des personnes en situation de handicap, entre elles, leurs proches et les soignants ? Quels aménagements matériels raisonnables opérer – comme la Constitution de notre pays l’impose depuis 2021 ?
Deux voies convergent pour améliorer l’accessibilité des personnes en situation de handicap aux soins de santé comme aux autres nécessités qu’elles rencontrent tout au long de leur vie. Impliquer les meilleurs experts qui soient : les personnes à besoins spécifiques elles-mêmes. Et nous détacher du validisme ambiant, qui minorise les incapacités et les insuffisances, et qui tend toujours à faire de la norme une productrice d’anormalité.