Pas touche au logement social !
La FMM est signataire de cette pétition pour dénoncer la mise en vente de logements sociaux par la Région bruxelloise, dans un contexte où près de 60.000 ménages attendent un logement social à Bruxelles. Le texte a été initié par les Équipes populaires, la FéBUL, la FGTB Bruxelles, Bonnevie, le Rassemblement Bruxellois pour le Droit à l’Habitat (RBDH) et SAAMO asbl.
Pour le signer, c’est par ici :
https://www.mypetition.org/petition/social/touche-logement-social-bruxellois/28324
Dans la presse :
Schaerbeek : associations et citoyens dénoncent la vente de logements publics bruxellois (rtbf.be)
L’annonce est tombée début 2026 : le gouvernement bruxellois a décidé de revendre une partie de son patrimoine de logements sociaux. Déjà, l’annonce de la suspension de tout nouveau projet de construction représentait une véritable catastrophe pour les Bruxellois·es précaires, en hypothéquant l’avenir du logement social pour des générations. Revendre du patrimoine déjà acquis continue de creuser la tombe du logement public : une aberration dans un contexte d’une crise aiguë du logement à Bruxelles.
L’accès au logement à Bruxelles
- Bruxelles compte environ 41 000 logements sociaux, soit moins de 7 % du parc immobilier.
- Un tiers de la population bruxelloise vit sous le seuil de pauvreté, et la moitié rentre dans les critères d’admission au logement social.
- Près de 60 000 ménages sont sur liste d’attente, parfois depuis plus de 15 ans. Le temps d’attente moyen est de 11 ans.
- 54% des ménages sont contraints de se loger sur le marché privé, de moins en moins accessible. Ainsi, les 20% des Bruxellois·es avec les plus faibles revenus en dépensent quasiment la moitié pour leur logement. Pour ces personnes, il ne reste que 13€ par personne et par jour pour couvrir les autres dépenses.
- De très nombreux propriétaires et agences exigent pourtant des locataires qu’ils gagnent au minimum trois fois leur loyer – une pratique discriminatoire avalisée récemment par le Conseil d’état. Au final, les moins nanti·es se retrouvent exclu·es sur tous les plans.
De combien de logements parle-t-on ?
Jusqu’à présent, la perte liée aux reventes se chiffrerait à environ 700 logements : deux bâtiments à Woluwé-St-Lambert et Schaerbeek qui devaient servir pour des reconversions futures, ainsi qu’une partie aussi des logements neufs qui seront achevés en 2026 (entre 300 et 450 logements selon les sources). C’est sans compter les ventes qui viendront encore très certainement gonfler ces chiffres.
Et il n’y a pas que dans le logement social que des ventes sont envisagées : on entend aussi que la même logique est à l’œuvre dans les communes, où l’on vend des logements publics souvent sans conditions, et avec l’aval du gouvernement régional censé contrôler les ventes de patrimoine public.
La politique d’austérité entamée par le Gouvernement régional va paralyser le développement du logement public dans les prochaines années. On va perdre de nouveau 10 ans de développement, alors que la courbe de la demande sociale est exponentielle. Pire encore, le stock disponible va diminuer au profit du marché privé. Les expériences passées le montre : l’Etat sort toujours perdant sur le long terme lorsqu’il se sépare de son patrimoine public. Vendre sans condition est aujourd’hui socialement couteux. Dans quelques années, on regrettera sans aucun doute cette perte financière énorme.
Le logement abordable : une priorité politique ?
L’argument avancé pour ces reventes est budgétaire : les caisses de la Région sont vides, les opérateurs sont endettés, et produire, entretenir et rénover des logements sociaux coute cher. Mais il s’agit surtout d’un choix politique sans précédent.
Cette décision intervient alors que l’on commençait à récolter les fruits des politiques volontaristes des plans logements qui se sont enchainés depuis 2005. Entre 2005 et 2018 (13 ans), la SLRB a réceptionné 1627 logements. Entre 2019 et 2025 (6 ans), 2129 logements ont été livrés, et on attend 776 logements pour 2026. Ce chiffre record repose surtout sur des choix antérieurs qui ont mis de longues années à se matérialiser, car pour le futur, il n’est plus question de subsidier de nouveaux projets, même si on n’est pas arrivé au bout des plans logement.
Par ailleurs, le logement social continue de souffrir de sa mauvaise gestion, signe également du trop peu de moyens qui lui sont accordés. En témoignent le très grand nombre de logements sociaux vides, pour partie en rénovation ou en attente de rénovation profonde (68%) et pour partie en vide locatif (32%), c’est-à-dire en attente d’être reloués. Les scandales récurrents autour de la gouvernance (dont le plus récent autour du Foyer anderlechtois) décrédibilisent aussi fortement le logement social aux yeux du grand public : il est tout bonnement inacceptable que le logement social soit instrumentalisé à des fins personnelles et politiques. Pour autant, nous continuons à défendre fermement cet instrument essentiel de lutte contre la pauvreté.
Nos exigences
- L’arrêt immédiat de la vente du patrimoine de la SLRB.
- Un débat public transparent sur la gestion du patrimoine public.
- Le renforcement ambitieux de la production de logements sociaux.
- La transparence la plus totale sur les récents soupçons de mauvaises gestions qui touchent une partie du logement social bruxellois
- Une gestion transparente du parc actuel qui inclut les locataires sociaux.
Une action est prévue le 30 septembre, les infos arrivent sur le site du RBDH. Site web : https://rbdh-bbrow.be/pas-touche-au-logement-social/