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Plaidoyer

Des assistants sociaux dans les maisons médicales, pas du luxe, une nécessité !

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Communiqué de presse

Dans un contexte où les fragilités se multiplient et où les démarches deviennent de plus en plus complexes, la présence d’une assistante sociale au sein d’une maison médicale est un levier essentiel pour garantir un accès réel aux droits, à la santé et à la dignité. Pourtant, le financement des assistants sociaux dans les maisons médicales wallonnes arrive à échéance au 31 décembre 2025. Une cinquantaine de postes risquent de disparaître, et avec eux, l’accompagnement indispensable de milliers de personnes en situation de précarité.

En 2022, le gouvernement wallon a donné son accord pour l’intégration d’assistants sociaux au sein des maisons médicales wallonnes, dans le cadre d’un projet pilote. Il s’agissait d’une subvention facultative pour un mi-temps par ASI (Association de Santé Intégrée), pour une durée de 12 mois. Cette mesure a ensuite été renouvelée annuellement. Une cinquantaine d’ASI ont pu en bénéficier. L’AVIQ a été chargée d’évaluer la mesure, en vue de questionner l’intérêt d’une pérennisation.

En juillet dernier, nous avons appris que la mesure serait prolongée finalement pour 6 mois au lieu d’un an, et donc limitée au 31/12/2025. L’objectif est de laisser le temps à l’administration d’évaluer la mesure, et au gouvernement wallon de se positionner sur le bien-fondé de son renouvellement.

Pourtant, en tant que Fédération représentant les maisons médicales en Wallonie et à Bruxelles, nous avons eu l’occasion de participer au gros chantier d’évaluation du plan de lutte contre la pauvreté, mené par le Ministre wallon de la Santé, Yves Coppieters et son cabinet. Entre février et avril, ce sont plus de 125 personnes, acteurs de terrains, académiciens, représentants d’associations, etc, qui ont consacré du temps de travail à définir les besoins de la population et les meilleures façons d’y répondre. En est ressorti un important rapport, compilant toute une série de recommandations. Parmi ces recommandations, une nous intéresse directement et était soutenue par tous les acteurs de terrain ayant participé au groupe de travail « santé et santé mentale ». Il s’agit du financement d’assistants sociaux au sein des ASI (Associations de Santé Intégrée) en Région Wallonne.

À ce jour, nous nous inquiétons pour la cinquantaine de travailleurs sociaux et travailleuses sociales dont le contrat de travail risque de ne pas être renouvelé au premier janvier. Nous nous inquiétons pour les milliers de bénéficiaires qui sont accompagnés par ces travailleurs et travailleuses et qui risquent de se retrouver seuls avec leurs difficultés dès le mois de janvier. Nous nous inquiétons aussi pour les équipes au sein des maisons médicales, qui s’apprêtent à accueillir une population de plus en plus précarisée par les mesures antisociales du Gouvernement Arizona. Or, on le sait, plus une population souffre de précarité, plus elle est à risque de développer des problèmes de santé et plus elle aura de difficultés à y faire face.

La présence d’assistants sociaux et d’assistantes sociales au sein des équipes pluridisciplinaires des ASI n’est pas un luxe, c’est une nécessité !

Dans la presse

Reportage de RTL Tvi à la maison médicale de La Thyle (Court-Saint Étienne). Pour voir ou revoir la séquence, c’est par ici : « C’est ce qu’on redoute le plus » : ces travailleurs pourraient disparaître des maisons médicales, ce qui impacterait plusieurs milliers de patients (rtl.be)