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Vers une vie sans tabac

La Maison Médicale organise un module de préparation à l’arrêt du tabac destiné à des groupes d’une dizaine de fumeurs. Chaque module comprend 6 séances. Ce projet s’adresse aux fumeurs (patients ou habitants du quartier) qui souhaitent mener une réflexion par rapport à leur consommation de tabac, à ceux qui souhaitent diminuer ou arrêter totalement de fumer. Le principe est d’encourager le participant et de l’accompagner dans son cheminement tout en évitant l’approche culpabilisante. Il est tenu compte du contexte particulier dans lequel chacun évolue. Outre les groupes, un suivi individuel est proposé par les médecins généralistes et les kinésithérapeutes de la Maison Médicale. Des affichages sur le tabac sont régulièrement organisés. Les outils d’information et les supports sont disposés en salle d’attente, à l’accueil et dans les cabinets des soignants dans le but d’informer les patients et de susciter la discussion. La publication trimestrielle de la Maison Médicale permet aussi de transmettre des informations sur le tabac, de faire part aux patients des activités et des aides qui sont proposées par l’équipe et de diffuser des témoignages de patients.

Quel est notre point de départ ?

Le projet « Vers une vie sans tabac » a démarré il y a quelques années sur base de plusieurs éléments :

A côté de l’aide individuelle proposée, l’équipe a décidé de développer plus particulièrement l’approche collective en offrant aux fumeurs un accompagnement sous forme de groupes de parole. Cette approche s’inscrit particulièrement bien dans les missions de prévention et de santé communautaire de la maison Médicale.

Le projet fonctionne depuis des années de manière ponctuelle. Il est en évolution constante. Au fil du temps, l’importance donnée à l’information des participants a diminué, laissant plus de place à la participation et l’interaction. Le travail de la motivation se fait en fonction de l’expérience de chaque participant. Le projet est perpétuellement réactualisé et les outils sont renouvelés.

A qui s’adresse le projet ?

Le projet s’adresse à tous les fumeurs, patients et habitants du quartier qui souhaitent mener une réflexion par rapport à leur consommation de tabac. La population du quartier de la maison médicale est très mixte et en évolution permanente. Plusieurs communautés se côtoient et les niveaux socio-économiques sont extrêmement diversifiés. Nous souhaitons retrouver cette diversité, notamment au sein des groupes de paroles. Une attention particulière est portée aux personnes précarisées.

Place des participants dans le projet :

Au niveau des séances elles-mêmes, l’expression des participants occupe une place centrale puisque le projet s’apparente à un groupe de parole.

Au niveau de la définition et de l’organisation du projet :
- Les participants prennent part à l’évaluation de chaque séance et donnent une appréciation plus complète à la fin du module.
- Lors de la première rencontre, les attentes de chacun sont présentées au groupe. Ces attentes sont prises en compte et réévaluées en cours de route. Lors de la dernière séance, un bilan est réalisé avec les participants afin de savoir si leurs attentes ont été rencontrées.
- Les participants peuvent choisir le thème d’une des séances mais ils ne participent pas à la conception du programme dans son ensemble. Nous souhaitons orienter progressivement la démarche vers une participation de chacun à l’élaboration du projet dans plusieurs de ses étapes.

Quels sont nos objectifs ?

(objectifs généraux)

Que mettons-nous en place ?

(objectifs opérationnels et planification de l’action)

1.Organisation d’une campagne d’affichage et d’information au sein de la Maison Médicale. Toute l’équipe participe afin de susciter la réflexion chez les patients. L’information se fait via plusieurs moyens :

2.Diffusion de l’information en dehors de la Maison Médicale Des dépliants et des affiches sont distribués dans les associations, les groupes d’habitants et les maisons médicales du quartier – utilisation du réseau communautaire.

3.Constitution d’un groupe de personnes désireuses de participer au groupe de parole. Les personnes qui auront eu l’information et sont intéressées par l’approche en groupe, s’inscrivent auprès des animatrices pour le groupe de parole. Les animatrices recontactent ces personnes par téléphone avant le début des séances.

4.Organisation de séances en groupe, co-animées par la kiné et la responsable des projets de santé communautaire

5. Suivi individuel des patients par les médecins, l’infirmière et les kinésithérapeutes :

Objectifs pour toucher les patients les plus précarisés :

Ça se passe quand ?

Laps de temps sur lequel se déroule l’action :

Sur une période de quelques mois en ce qui concerne les groupes, si on compte à partir du début de l’affichage jusqu’à la séance de trois mois après le module et le temps de l’évaluation. Pour le suivi individuel, il a lieu toute l’année.

Qui collabore au projet ?

Collaborations internes :

Toute l’équipe participe, ne fût-ce que pour relayer l’information concernant les groupes et inscrire les patients. Les soignants informent, sensibilisent et cultivent la motivation des patients fumeurs lors des consultations.

Collaborations externes :

Quelles sont nos ressources ?

Quel est notre bilan ?

Par rapport à ce qui a été réalisé, nous pouvons faire quelques constats. Certains points sont à améliorer, d’autres sont plutôt positifs :

  1. Nous ne parvenons pas facilement à faire participer le public le plus précarisé. Plus interpellant encore, il est arrivé que certaines personnes que nous sentions plus fragilisées, entament la démarche mais « décrochent » après une ou deux séances. Nous avons émis l’hypothèse que ces personnes ne se sentaient peut-être pas à leur place dans le groupe. Les groupes que nous organisons semblent drainer en majorité des personnes dont le niveau d’études est relativement élevé, ce qui a tendance à intellectualiser le débat, donnant hélas à d’autres le sentiment de ne pas être suffisamment compétentes. Nous souhaitons l’éviter à l’avenir.
  2. En tant qu’animatrices nous nous sentons particulièrement démunies pour soutenir dans le cadre du groupe, les personnes qui manquent de confiance en elles. Plus globalement, nous souhaiterions acquérir de meilleures techniques pour l’animation de groupe.
  3. Le contenu des séances est relativement structuré. Le temps de parole nous a parfois semblé insuffisant ainsi qu’aux participants. Au fil du temps, nous avons essayé d’augmenter le temps de parole.
  4. Nous ne voyons pas concrètement comment nous pourrions faire évoluer le projet actuel vers quelque chose de plus participatif (où le sujet serait impliqué dans chacune des étapes de la réalisation du projet). Les sujets en sont-ils demandeurs ? Et est-ce nécessaire ?
  5. Les participants s’expriment en général plutôt facilement et de manière relativement intime.
  6. Globalement, le taux de participation aux différents modules que nous avons réalisés était bon (nous avons réuni à chaque fois entre 6 et 10 personnes dont la majorité restait jusqu’à la fin du module)
  7. Les participants ont émis des critiques positives et négatives concernant l’animation et les outils utilisés. La séance sur la santé, qui comprenait un exposé informatif sur les effets du tabac sur le corps et le moral était souvent controversée. Nous avons supprimé l’information au profit des questions posées par les participants. Un tabacologue du FARES a participé et a co-animé la séance. Nous pensons qu’une prochaine fois, nous demanderons aux participants de nous donner leurs questions à l’avance pour bien préparer les réponses. Cette fois, les participants ont trouvé que la séance manquait d’informations. Il faut un juste milieu.
  8. La séance où nous travaillions sur les freins et les motivations à l’arrêt du tabac était en général une des plus appréciées. C’était aussi une des seules où nous n’utilisions aucun outil de présentation (pas de photo-langage, pas d’exposé,...) et où le temps de parole de chacun était plus important.
  9. Afin de mieux toucher la population plus précarisée, nous envisageons d’identifier ensemble (avec l’aide des différents intervenants de l’équipe : kinés, infirmière, assistante sociale, accueillantes) les patients qui auraient besoin d’une aide plus soutenue pour se lancer dans le projet et les accompagner plus spécifiquement (plus de contact personnel,...).

Procédure d’évaluation déjà en place :

Ce qu’on prévoit comme dispositif pour améliorer notre évaluation dans le futur :

Ce que nous avons mis en place pour nous former avant de nous relancer dans le projet :

Bilan du retour en équipe et de ce que les formations nous ont apporté

Retours à l’équipe :


Ce projet a reçu le soutien de la Commission communautaire française.