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Lecture des réalités sociales et de santé - Université Ouverte en Santé 2008

5 décembre 2008
Christian Legrève

animateur au Centre Franco Basaglia. De janvier 2005 à mars 2018, responsable du service éducation permanente de la Fédération des maisons médicales

C’est évident, ces gens-là forment un mouvement… Ils ont du plaisir à se voir. Ils ont toujours des choses à se dire. La rencontre est toujours chaleureuse, pleine et spontanée. Deux jours à Wépion, sous le patronage de Léonard de Vinci, artiste et scientifique. Numérologie.

Une seule issue.

Deux poids deux mesures.

Trois rois mages.

Quatre éléments.

Cinq sens…

Cinq groupes. Cinq animateur-trice-s. Cinq rapporteuses ( !). Cinq collègues qui jouent le jeu. Qui prennent le risque et qui s’exposent. Cinq patient-e-s. Cinq belles personnes. Fortes, riches, fragiles et complexes. Des gens, quoi ! Qui vivent, qui soufrent, qui aiment et qui espèrent. Un sociologue.

En février 2006, le congrès de la Fédération était l’occasion de lancer le projet de l’Université Ouverte en Santé.

En octobre de la même année, la première session permettait de rassembler les partenaires de ce projet, d’approfondir ses enjeux, et de le confronter aux méthodes et aux ressources de l’éducation populaire.

En 2007, la deuxième session explorait les enjeux de l’articulation des questions sociales et de santé entre les niveaux individuel, communautaire et sociétal.

En 2008, nous voulions outiller cette articulation, et montrer comment notre démarche peut s’inscrire dans la réalité de la formation des intervenants.

Une expérience d’observation critique de la rencontre entre des intervenants du social et de la santé et des usagers. Des consultations en présence d’un groupe d’observateurs, des séances filmées, des analyses en atelier et en plénière.

La participation de non-professionnel-le-s apporte énormément à la réflexion.

Mais cet apport est contradictoire. Les discours ne se rencontrent pas toujours.

La contradiction elle-même est porteuse. En tant que professionnel de la relation d’aide, on est toujours tenté de la réguler, de la réduire. Une telle expérience sert pourtant à apprendre de la contradiction. Et à formuler des pistes pour articuler les deux niveaux d’action du soignant de maison médicale : la relation individuelle, et l’action collective. Il faut traduire la contradiction dans l’espace social, ce qui nécessite de la faire s’exprimer, et il faut aider la personne, ce qui nécessite de réduire la tension.

Au moins, dans une situation comme celle de ce week-end peut-on renoncer à parler de…, à la place de…

La méthodologie de cette participation reste problématique, comme l’est l’importance des moyens qui la soutiennent. Les montagnes ne se soulèvent pas avec des nic-nac (Lao-Tseu). Le théâtre forum présenté par ATD et l’espace promotion santé expérimente une autre méthode.

L’idée d’une construction, à l’intérieur de ces deux jours, et dans une perspective, était mise en évidence.

Elle permet de rendre perceptible la marche d’un chantier de la Fédération, depuis la pratique quotidienne des intervenants jusqu’à l’initiative dans la sphère publique.

Il nous a paru essentiel, dans un projet d’éducation populaire, de partager les enjeux et les contraintes d’un projet qui va encore demander beaucoup d’investissement, et dans lequel se projette une attente essentielle de notre mouvement pour la mise en œuvre de soins de santé de qualité, au sens où nous l’entendons.

Ce chantier doit prendre place dans un univers qui existe, où la formation est une fin en soi, et un marché. Où l’hyper compétence et la technicité sont les réponses hystériques à la complexité de la vie. Ces deux jours ont montré à nouveau que la Fédération veut y tenir la place spécifique d’un mouvement d’acteurs de terrain qui portent un projet radical de transformation sociale.

La soirée de détente, enfin, a permis de montrer que la révolution se fera en chantant…