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Un rien de plus...

6 novembre 2009
Christian Legrève

animateur au Centre Franco Basaglia. De janvier 2005 à mars 2018, responsable du service éducation permanente de la Fédération des maisons médicales

choeur parléSamedi 24 octobre. 15H30. Hôtel Leonardo, Wépion.

Les participant-es à la session 2009 de l’UOS assistent à la représentation impromptue du chœur parlé.

Réalisée à partir de l’atelier d’écriture du matin, cette performance restera sans aucun doute un des tout grands moments de cette rencontre…

« Je l’ai embrassé, j’ai dégusté ses lèvres, je lui ai sauté dessus. Surpris, pris de panique et réveillé par une folle, il m’a balancé une torgnole, la plus belle de ma vie, mon premier râteau.

Malgré tous mes efforts, je perds prise, je ne contrôle plus mon corps, mon esprit est en crise. Prise d’émotion, prise de panique, crise de folie. Mon corps est en cage, mes jours s’ébouillantent, la mort est une image et pourtant si vivante.

Plus ou moins, pas plus, plus rien, rien de plus, plus tard, plus tôt, j’en profite plus, en plus, plus, une seconde de plus, un rien de plus, voir plus loin

Cerise sur ma crise, mort sur mon corps, bêtise que cette crise, remord sur ce corps. Et corps-écart et crise-écrase, cerise cette crise, cœur au corps, cri à la crise comme un cor au corps

La saisir par l’oreille, doucement, vérifier d’un coup d’œil si elle est présentable, la poser devant soi et savourer déjà jusqu’à ce que l’envie soit trop forte. Ou alors, attendre d’être deux, ou plus, pour donner plus de saveur.

Plus d’amour, pourquoi plus, jamais plus, plus ou moins, plus tard, plût au ciel, paraplu, Plutarque, plutonium

Je cherche une bonne excuse pour aller dormir plus tôt, je cherche les clés de la voiture que tu as prise la dernière, je cherche un sens à ma vie qui puisse servir de moteur, de carburant et de frein, je cherche un mouchoir, je n’aurais jamais dû aller me promener au bord de la mer

Plus ou moins, pas plus, plus rien, rien de plus, plus tard, plus tôt, j’en profite plus, en plus, plus, une seconde de plus, un rien de plus, voir plus loin

Voilà, la crise, elle prend corps dans nos corps, mon corps est en crise, mon corps est souillé, j’ai peur de sombrer

L’objet sert à punir, faire rentrer dans le droit chemin, couper de façon directe la personne qui dit une bêtise, se venger ou faire mal par plaisir, il peut être utilisé pour ôter les poils des sourcils difformes

Je crois que je suis fatiguée, je crois que mon père avait toujours une expression : « il ne faut pas croire, il faut penser », je crois que je ne crois pas en grand’chose, je crois qu’il est temps de, je crois en toi.

Plus ou moins, pas plus, plus rien, rien de plus, plus tard, plus tôt, j’en profite plus, en plus, plus, une seconde de plus, un rien de plus, voir plus loin

C’est la crise et pourtant on en veut encore. Le corps, insatisfait, se fait boule, s’étire, fait sa crise. Les bouches se ferment mais les corps parlent. Malades mais non coupables.

En cas de pustules jaunes arrivant à maturation, contactez sans tarder le médecin le plus proche en nommant la marque de cet appareil et le degré de température dépassé.

Le corps se crisse, le corps est en crise, le corps se grise. La crise d’accord, le corps d’abord ! La crise au corps et le corps à crise, le corps aux cris, tout part du corps

J’ai envie de partir, merci d’autres possibles, j’ai envie de retirer mes chaussures, de trouver ce que je cherche, de trouver ma voix dans le décor de feuilles, de me faire teindre en blonde…

Plus ou moins, pas plus, plus rien, rien de plus, plus tard, plus tôt, j’en profite plus, en plus, plus, une seconde de plus, un rien de plus, voir plus loin »