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Rêves de santé


29 mars 2022, Pascale Meunier

journaliste

Le journaliste Matthieu Cornélis a interviewé une vingtaine de personnalités qui ont fait et font encore le mouvement des maisons médicales. Un recueil sonore qui contribue à l’oeuvre de mémoire et de transmission.

Le projet remonte à l’été 2021, à l’envie de marquer le coup pour les quarante ans de la Fédération des maisons médicales en recueillant les témoignages de ses pionniers. Pour se rappeler d’où l’on vient, du contexte et des enjeux de l’époque, des di􀌍 cultés auxquelles ils ont dû faire face dans le développement d’une politique de soins pour toutes et tous à un prix raisonnable, par des équipes pluridisciplinaires en Wallonie et à Bruxelles. Il y avait un intérêt marqué pour la parole des anciens, mais aussi de plus jeunes, hommes et femmes, qui s’impliquent dans le mouvement actuellement. La somme de leurs traits, de leurs expériences et de leurs idéaux donne un visage à la Fédération.

Polyphonie et unisson

« Mon objectif dans ce métier de portraitiste sonore, explique Matthieu Cornélis, c’est d’ouvrir un canal de communication privilégié avec chaque personne, d’instaurer une confi ance et d’aller chercher en elle les mots qui la racontent. » À chaque témoin une tonalité, une anecdote, un éclairage, une interrogation, une aspiration, un combat, une victoire… « J’ai vraiment été surpris par le degré d’engagement de ces personnes, poursuit-il. J’ai rencontré des gens portés, animés, presque envahis par leur métier et le sens qu’ils y mettent. Tous sont désireux de se battre jusqu’au bout pour changer les choses, pour faire admettre que la première ligne est l’avenir des soins de santé, pour réduire les inégalités sociales. Oui, j’ai rencontré beaucoup d’idéalistes »

Pourquoi utiliser uniquement le son et pas l’écriture ou la vidéo ? « J’ai découvert les émotions que le son, que la voix, pouvait procurer. L’écrit permet des descriptions, mais il n’off re pas cette proximité avec la personne qui s’exprime, on n’a pas les silences, on n’a pas les hésitations, on n’a pas ces moments où l’on entend qu’elle a besoin d’un peu plus de temps pour formuler une réponse. Les silences en radio, ça veut dire quelque chose. Cela permet de dresser un portait plus humain. Il y a des mots que je ne parviendrais pas à recueillir avec une caméra, qui est plus frontale, qui intimide davantage. L’image distrait aussi le spectateur alors que l’audio lui permet de rester concentré sur le message. »

Une vingtaine de témoins se sont livrés. L’histoire institutionnelle est ainsi faite d’histoires personnelles, de la conjugaison de valeurs individuelles et collectives, à l’échelle d’un quartier et de la société. « Certains d’entre eux se sont impliqués dans la Fédération dès sa constitution, d’autres l’étaient plutôt dans leur maison médicale et c’était leur manière de changer les choses. Avec beaucoup d’humilité, ils ne considèrent pas avoir joué un rôle énorme. Quand je leur demandais quel était le sens de leur témoignage, pourquoi à leur avis je m’adressais à eux, tous répondaient à peu près la même chose : j’imagine que j’ai joué un rôle dans la consolidation de la Fédération ou que j’ai participé à un projet qui a du sens… Mais nous étions nombreux ! »

Ces podcasts sont disponibles sur https://40ans-fmm.be/#podcasts. Les pages qui suivent présentent des extraits retranscrits de ces entretiens. Les vignettes de couleur renvoient au livre De A à Z, Histoire(s) du mouvement des maisons médicales, un abécédaire coécrit par les archivistes et historiens Annette Hendrick et Jean-Louis Moreau.

Cet article est paru dans la revue:

mars 2022 - n°98

40 années d’innovations

Santé conjuguée

Tous les trois mois, un dossier thématique et des pages « actualités » consacrés à des questions de politique de santé et d’éthique, à des analyses, débats, interviews, récits d’expériences...