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Pour les kinésithérapeutes, l’activité tourne-t-elle au ralenti ? Pas vraiment.

19 mars 2020

« Le nombre de visites à domicile a considérablement chuté, explique Gaël Duprat, kiné à la maison médicale Espace santé à Ottignies. On se rend chez les patients au cas par cas, essentiellement chez ceux qui ont besoin de kiné postopératoire et dont la situation se dégraderait sans notre passage. En cas de doute on en discute en équipe. À nos patients communs, les infis peuvent transmettre nos messages et faire le lien avec nous pour diminuer les contacts patients/soignants.  » Pour les autres cas, un suivi par téléphone a été mis au point. «  Je propose à mes patients des exercices adaptés, je les conseille sur ce qu’ils pourraient faire, je réponds à leurs questions, on établit ensemble une progression pour les charges et les répétitions… », poursuit Gaël, qui réfléchit encore à la possibilité de les contacter par Skype ou par d’autres systèmes vidéo. Cette procédure de suivi par téléphone fait l’objet d’un encodage spécifique, qui permet de garder le fil des consultations. «  Nous restons aussi joignables bien entendu », ajoute-t-il.

À la maison médicale de Tilleur, les kinés assurent aussi la continuité des soins. « Nos patients sont soulagés quand on les appelle », constate Marie Van Langenacker. Elle a proposé de mettre en place un suivi régulier par téléphone pour prendre de leurs nouvelles, voir comment ils se portent et elle est prête à se rendre chez eux, si les consignes le permettent, en fonction de la dégradation de leur situation. Elle a aussi ses astuces pour les aider, par exemple en leur transmettant sur papier les exercices qu’ils doivent faire. «  On envisage également de créer des vidéos à mettre en ligne sur notre site. Plutôt que de simplement lister les liens vers des cours en ligne, je pense que les patients seront plus réceptifs avec des têtes familières et des exercices plus adaptés. Mais certains patients n’ont pas accès à internet et il ne faut pas les oublier non plus. Après cette crise du Coronavirus, il y aura aussi beaucoup de travail, car les gens pour qui les soins non “vitaux” ou “dispensables” ont été annulés risquent d’avoir perdu de leur mobilité. »

Actuellement limités dans leurs sorties, ces kinés mettent leur temps et leur énergie à profit pour soulager leurs collègues, notamment à l’accueil. « Leurs journées sont dures, soulignent de part et d’autre Marie et Gaël. On essaie de les aider dans le travail administratif, on actualise les dossiers…  » Ils peuvent également soutenir les médecins généralistes, qui n’auront sans doute pas de répit avant longtemps, en assurant par exemple un suivi téléphonique des patients chroniques, des personnes plus fragilisées par leur âge ou leur situation psychosociale qui ne peuvent être suivies comme d’habitude. « Ça me parait important, si la situation se prolonge, de reprendre et de maintenir le contact avec eux. On ne va pas attendre deux mois pour le faire », dit Gaël. À la maison de santé Clémentine, aussi à Ottignies, cette démarche proactive est déjà lancée. « On appelle tous nos patients chroniques et les patients anxieux une fois par semaine, dit Julie Spoden, médecin généraliste. Nous avons confié à notre kiné la mission de leur booster le moral. »

Ajustement temporaire de leur travail ou adaptation aux nécessités ? Ces soignants s’attendent d’ici à deux ou trois semaines à un afflux de nouvelles demandes de soins de kiné respiratoire à domicile. Un autre défi en perspective.

Questionnaire sur les pratiques kiné en maison médicale

Vous êtes kinésithérapeute en maison médicale ? Votre expérience de terrain et vos questions nous intéressent ! Merci de prendre connaissance du questionnaire en cours :

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