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Plaidoyer pour le droit à l’alimentation

4 mai 2022

JPEG La Fédération des maisons médicales est signataire de ce plaidoyer pour le droit à l’alimentation.

Avec des citoyens et associations, nous nous mobilisons pour l’accès de toutes et tous à une alimentation de qualité en termes nutritionnels et de santé, abordable financièrement,adéquate culturellement, facilement disponible par une offre de proximité en suffisance.

Ce que nous voulons : sortir de l’urgence, garantir l’accès à une alimentation de qualité pour toutes et tous, et se réapproprier la décision sur le contenu de nos assiettes ! Que chacun.e soit en mesure de choisir sa nourriture sans se voir imposer une alimentation soumise aux diktats de l’agro-industrie, et en dehors de toute détresse, sans devoir dépendre des contraintes d’un système d’aide. Bref, garantir le droit à l’alimentation pour toutes et tous.

Ce texte sera présenté le samedi 7 mai à Liège dans le cadre de L’autre Festival, organisé par TempoColor et d’une mobilisation solidaire sur la question du droit à l’alimentation.

Le droit à l’alimentation est un droit humain fondamental et universel. L’accès à la nourriture doit être considéré, non pas comme un besoin, mais comme un droit. Le droit à l’alimentation recouvre l’accès à une alimentation :

Pourtant, aujourd’hui encore, près d’un tiers de la population mondiale est en insécurité alimentaire. En 2019, 2 milliards de personnes n’avaient pas régulièrement accès à une alimentation sûre, nutritive et suffisante. Le Covid-19 a beaucoup aggravé la faim chronique, qui atteint aujourd’hui 9,9 % de la population mondiale[1].

En fait la malnutrition nous concerne tous. « Que ce soit au sud comme au nord, tant les mangeurs que les producteurs d’aliments font les frais de politiques pas assez ambitieuses, fortement influencées par le secteur privé et ne respectant pas les droits humains » (FIAN)[2]. Le système agro-industriel actuel appauvrit l’offre alimentaire, mais aussi la santé, l’environnement… Dans ce contexte, l’accès à la nourriture et le contenu de nos assiettes sont largement conditionnés par des logiques de profit et échappent à la délibération citoyenne. Pour faire court : nous ne choisissons pas vraiment ce qui arrive dans nos assiettes…

Parallèlement, en concentrant la production dans les mains de quelques-uns, le système agro-industriel appauvrit paysan.es, petits producteur.ices et ouvrier.es agricoles[3]. Plus largement, la crise économique et sanitaire, les mesures d’austérité fragilisent de plus en plus de citoyen.es. Partout les écarts se creusent entre les plus riches et les plus pauvres et la précarité alimentaire augmente. Un chiffre pour la Belgique : on estime que près de 600.000 personnes[4] dépendent aujourd’hui de l’aide alimentaire pour se nourrir… Si l’aide alimentaire est nécessaire pour faire face à l’urgence, elle ne permet cependant pas de changer le système qui la provoque.

Pour être garanti, le droit à l’alimentation implique en effet un changement de système qui passe par l’évolution vers un système agro-alimentaire durable, respectueux des personnes et des ressources ; la lutte pour ce droit s’insère aussi dans un combat global de lutte contre la pauvreté.

Nous pouvons agir à différents niveaux pour induire ce changement, par exemple :

Des différents modèles alternatifs qui se pensent actuellement, la notion de sécurité sociale alimentaire nous semble une piste prometteuse, tout en posant beaucoup de questions sur sa mise en œuvre. La sécurité sociale alimentaire se propose comme un moyen de remédier au manque d’accès de certains publics à une alimentation suffisante, de qualité, et comme une solution pour orienter les acteurs agricoles de la fourche à la fourchette. Le principe est une « cotisation » (sur les salaires, cotisations sociales, valeur-ajoutée…) à l’échelle d’un large territoire (national, régional) qui alimenterait ces caisses. Ces caisses localisées « conventionneraient » des produits alimentaires se basant sur des principes démocratiques : seuls les produits répondant à certains critères pourraient être achetés avec cet argent (ex : revenu décent pour le producteur, technique durable de production, plafond de prix…)[5].

Dans l’état actuel des choses, il reste évidemment essentiel de faire face à l’urgence, et l’amélioration du fonctionnement de l’aide alimentaire est une priorité afin qu’un accès digne à la nourriture soit assuré pour les plus précaires. Toutefois, les associations partenaires du Collectif TempoColor veulent défendre ici avec force la nécessité de penser un autre modèle.

Une mobilisation collective portée par : }

------ [1] https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/07/12/pres-d-un-tiers-de-la-population-mondiale-en-insecurite-alimentaire-en-forte-hausse-en-2020_6088026_3244.html [2] FIAN : anciennement Food first Information and Action Network, FIAN est un Réseau d’information et d’Action pour le Droit à une Alimentation Adéquate présent dans plus de 50 pays, il dispose d’un statut consultatif auprès de 50 pays). https://www.fian.be/ [3] https://www.cncd.be/-Souverainete-alimentaire- [4] https://www.rtbf.be/info/societe/detail_le-nombre-de-demandes-d-aide-alimentaire-en-forte-hausse?id=10514134 [5] https://www.fian.be/La-Securite-Sociale-Alimentaire-Kezako