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ÉDITO

Place aux jeunes


18 mars 2019, Christophe Cocu

Secrétaire général de la Fédération des maisons médicales depuis 2016.

« Les jeunes passent tout leur temps sur les smartphones et les jeux vidéo ». « Les jeunes ne s’intéressent plus à la politique. » « Quand j’étais jeune, on s’engageait vraiment. » Autant de lieux communs que l’on entend régulièrement à propos des jeunes de 2019. Rappelons que si c’est vrai qu’il y a cinquante ans Mai 68 a été l’occasion pour toute une génération de se mobiliser pour une société plus juste, plus solidaire, plus ouverte à la différence et aux libertés, c’est aussi cette génération et toutes les suivantes qui ont créé la finance déliée de l’économie, l’ultra libéralisme, le capitalisme vaniteux, l’impuissance des États, le désenchantement démocratique.

Pour la première fois arrive une génération qui connait la vérité sur son avenir. Sans changement rapide de nos modes de consommation, de production, de vie, il y a un risque réel qu’elle se retrouve dans la mouise : appauvrissement de la biodiversité, montée des eaux, famines, écroulement de nos sociétés et même, à terme, extinction de l’espèce humaine.

Depuis plusieurs semaines, tous les jeudis, de jeunes Belges se réunissent pour manifester en faveur d’une politique climatique ambitieuse. Les pouvoirs publics, mais aussi l’opinion publique regardent ce mouvement avec étonnement (voire un peu de suspicion), et aussi beaucoup de condescendance. Ils posent un acte de rébellion contre le système, contre l’inaction et contre le court-termisme. Alors oui, ces jeunes brossent l’école, mais quand on voit la violence que le système actuel leur promet à plus ou moins brève échéance, rater quelques heures de cours est une réponse plutôt mesurée.

C’est l’inaction des trente dernières années et l’inaction actuelle qui créent ces rebelles. Le vieux monde les regarde en se justifiant mollement, en proposant plus de la même chose, en les soupçonnant de se faire manipuler par d’autres intérêts. Il ne faudrait quand même pas trop se foutre de leur gueule. Sans réponse adéquate, cette génération politisée et motivée par un objectif qui se réussit sur le temps d’une vie va passer de la manifestation à la révolte. Car « ce ne sont pas les rebelles qui créent les problèmes du monde. C’est les problèmes du monde qui créent les rebelles. La révolte c’est la vie, la soumission c’est la mort » (Ricardo Flores Magón).

Cet article est paru dans la revue:

mars 2019

LGBTQI+ des patient.e.s aux besoins spécifiques

Santé conjuguée

Tous les trois mois, un dossier thématique et des pages « actualités » consacrés à des questions de politique de santé et d’éthique, à des analyses, débats, interviews, récits d’expériences...