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Lettre au monde politique et appel aux forces sociales

24 juin 2020

Depuis bientôt deux siècles, la démocratie de notre pays s’est construite progressivement dans le conflit social, bien plus que dans les parlements. C’est au travers des grèves, des manifestations, de l’occupation de l’espace public, de la liberté d’expression que les citoyen.nes en Belgique ont conquis des droits sociaux. C’est par la lutte sociale qu’il.elles ont sans cesse réinventé la démocratie pour éviter que notre pays ne glisse vers des pouvoirs forts et une démocratie capturée, comme c’est le cas aujourd’hui dans plusieurs pays européens.

Aujourd’hui, alors que vous autorisez ces citoyen.nes à se regrouper dans les supermarchés, que vous les appelez à reprendre le travail ou à mettre leurs enfants à l’école, vous prenez la décision de suspendre la liberté de manifester.

Nous sommes un front large composé d’organisations syndicales, d’associations œuvrant dans différents champs de la société, de collectifs en lutte pour conquérir de nouveaux droits pour les personnes vivant dans la précarité, pour les travailleur.euses avec ou sans emploi, pour les sans-papiers, pour les artistes. Nous nous mobilisons contre les inégalités économiques, le racisme et le sexisme.

À ce titre, nous voulons vous exprimer notre volonté de faire front face à cette décision inacceptable. La liberté de manifester est un droit et nous l’exercerons. Dans ce cadre, nous soutenons avec force les sans-papiers qui revendiquent leur régularisation, le personnel soignant qui manifeste pour améliorer ses conditions de travail, les militant.es climatiques ou ceux.celles qui militent pour une plus grande justice fiscale, et toutes celles et ceux qui, d’ici à l’été, feront entendre leurs revendications.

Nous tenons, avec d’autres, à vous rappeler que l’action collective (y compris le droit à manifester dans l’espace public et à faire grève) et la liberté d’association et de réunion publique sont des principes fondamentaux qui ont été l’objet de limitations exceptionnelles et provisoires durant le confinement, et que ces limitations doivent cesser sans délai. En France et en Allemagne, le Conseil d’État et la Cour constitutionnelle ont d’ailleurs fait primer la liberté de réunion et de manifestation.

Vous ne confisquerez ni nos luttes, ni nos imaginaires, ni le monde de demain, c’est une promesse.

Faire front est un espace de convergence sociale, écologique et démocratique qui rassemble actuellement une soixantaine d’organisations sociales et de collectifs. Dans ce cadre, cette lettre est notamment portée par la CNE, la Santé en lutte, Solidaris, le CNCD, la Centrale Générale de la FGTB, Attac Bruxelles, CGé, le Ciré, le MOC, Présence et Action Culturelles, la Fédération des Maisons Médicales, Carta Academica, CGSP ACOD ALR, les Actrices et Acteurs des temps présents, le CETRI, les jeunes FGTB, Oxfam MDM, le CADTM, le CEPAG, les FPS, le Bureau des femmes de la FGTB Wallonne, le Forum Gauche Écologie, ASPH, Attac Liège, Raoul Collectif, Action Logement Bruxelles...

contact@frontsocialecologique.be

Pour en savoir plus sur l’initiative


Photo : Dominique Botte - Jérôme Peraya - Collectif Krasnyi