Vous êtes ici :
  1. La Fédération
  2. Organes institutionnels
  3. Collège de coordination
  4. Actualités...
  5. Le réseau de lutte contre la pauvreté interpelle le futur gouvernement

Le réseau de lutte contre la pauvreté interpelle le futur gouvernement

Communiqué de presse du Réseau belge de lutte contre la pauvreté
2 juillet 2010
délégation belge 9e Rencontre européenne des personnes en situation de pauvreté

A l’occasion des 9e rencontres européennes des personnes en situation de pauvreté, le réseau de lutte contre la pauvreté a fait part de plusieurs revendications.

Il demande, pour 1,6 million de personnes en situation de pauvreté, un vice-Premier ministre dans le prochain gouvernement. Il appelle également le gouvernement à augmenter les revenus les plus bas au-dessus du seuil européen de pauvreté. Et il l’invite à une politique d’emploi qui combine un revenu suffisant, un marché de l’emploi inclusif, et enfin l’accès aux services.

Prendre la lutte contre la pauvreté au sérieux – il en est grand temps, le chiffre de pauvreté n’ayant pas baissé en Belgique ces dernières années – signifie pour le Réseau Belge de Lutte contre la Pauvreté (BAPN) qu’un plan fédéral, fort et ambitieux, de lutte contre la pauvreté devra être approuvé par le prochain gouvernement. Cela signifie également que ce plan devra être coordonné par un Vice-Premier Ministre. Un poste de ministre à part en matière de lutte contre la pauvreté, s’impose en constatant qu’un Belge sur sept vit avec un risque accru de pauvreté, soit 15% ou 1,6 million de personnes. Une approche ainsi que des actions – fortement coordonnées et transversales – sont indispensables afin d’obtenir des résultats probants. 15% de la population ont droit à un Vice-Premier Ministre qui lutte pour eux et qui défend leurs intérêts.

En outre, BAPN appelle le gouvernement à augmenter les revenus les plus bas au-dessus du seuil européen de pauvreté. Le seuil européen de pauvreté est fixé à 60% du revenu médian national. En Belgique, il correspond à 899 € pour un célibataire (chiffres de 2008). Pourtant les allocations pour un célibataire s’élèvent à 725,79 € et se trouvent dès lors au-dessous de ce seuil européen de pauvreté. D’ailleurs, beaucoup de salaires se trouvent également au-dessous de ce seuil. Ceci est une injustice dans notre société belge en doit être rectifiée le plus vite possible !

BAPN se pose également de nombreuses questions quant à la politique actuelle en matière d’emploi. Cette politique doit davantage prendre en considération les personnes ayant une position plus faible sur le marché de l’emploi. Il faut une politique de l’emploi davantage taillée sur mesure des personnes en situation de pauvreté.

Dans la lutte contre la pauvreté, l’emploi est souvent considéré comme un outil magique et une solution miracle. Parce que celui qui travaille, rapporte de l’argent et ça y est. Nous sommes d’accord que l’emploi peut être un levier important de la lutte contre la pauvreté ; or, proposer uniquement l’emploi comme solution ne donnera pas de résultats. La lutte quotidienne contre une accumulation de problèmes et de soucis, ne permet pas à la personne en situation de pauvreté de donner directement suite à une offre d’emploi. « Si votre enfant souffre d’une otite à cause de l’humidité des murs et si vous n’avez pas les moyens pour payer une visite chez le médecin ou pour améliorer votre logement qualitativement, vous n’allez pas amener votre enfant à l’accueil pour pouvoir aller travailler. En outre, l’offre d’emploi est souvent intérimaire. Vous ne prendrez pas de risque pour ça. » La situation est alors beaucoup plus complexe. Les personnes en situation de pauvreté doivent d’abord être soulagées dans d’autres domaines, avant que l’emploi puisse paraître comme une alternative solide. L’emploi peut certes être un instrument pour échapper à la pauvreté, à condition que la politique de l’emploi vise une combinaison de trois éléments inséparables (tous les trois sont indispensables pour une réussite) :

La chance d’obtenir un emploi est alors bien plus que de recevoir tout simplement une offre d’emploi. Beaucoup d’autres facteurs de stress doivent être affrontés simultanément et de façon permanente et ce, afin de diminuer les obstacles vers un emploi. La logique de l’analyse coûts-avantages s’applique également ici. Nous constatons que, malheureusement, cette considération n’est pas toujours visible chez tout le monde car une bonne notion de la pauvreté est souvent méconnue, ce qui contribue à la stigmatisation.

La Commission Européenne a déjà reconnu ce triangle (revenu suffisant – marché de l’emploi inclusif – accès aux services) et l’a accepté dans une recommandation d’inclusion active des personnes exclues du marché du travail. Mais ceci reste trop souvent lettre morte. BAPN demande que le prochain gouvernement soit le pionnier de l’insertion active de ces trois piliers dans la politique de l’emploi. La Belgique peut jouer un rôle marquant au niveau européen. 2010 est l’Année européenne de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale et l’année pendant laquelle la Belgique assure la présidence tournante du Conseil de l’Union Européenne pendant 6 mois. Le gouvernement doit donner un signal à l’Europe afin d’insérer cette recommandation au cœur de sa politique.


Pour mieux connaître le réseau et les actions qu’il propose, rendez-vous sur le site www.bapn.be.

Sur le même thème

accès aux soins
précarité