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La coordination : un outil pour l’interdisciplinarité ?


1er mars 2016, Claire-Marie Causin

secrétaire politique de la Fédération des maisons médicales

, Florence Paligot

permanente au service développement et gestion de la Fédération des maisons médicales.

, Gaëlle Chapoix

chargée de mission dans l’équipe de l’Éducation permanente de la Fédération des maisons médicales.

, Marianne Prévost

sociologue et chercheuse à la Fédération des maisons médicales.

De nombreuses questions traversent les maisons médicales depuis que la fonction de coordination est nommée. Il semble utile d’en préciser les enjeux spécifiques, non seulement par rapport à la gestion mais aussi en ce qui concerne l’interdisciplinarité  : la coordination est-elle un outil pour cette pratique  ? Oui… non... bien au contraire  ? Réflexions à partir d’observations de terrain.

Une fonction à clarifier, et distinguer  ?

Si on se réfère à la définition du mot coordination, on trouve les éléments suivants  : il s’agirait de disposer de manière cohérente, et selon certains rapports, les différentes parties d’un ensemble dans une intention déterminée. Ou organiser harmonieusement l’action de plusieurs services afin de leur donner un maximum d’efficacité dans l’accomplissement d’une tâche ou d’un objectif défini (la mission du coordinateur est parfois rattachée à celle du « chef de projet »). Dans un groupe, se coordonner exprime l’action de «  se combiner harmonieusement  ». Ou encore de favoriser les interactions entre les membres du groupe [1].

Au vu de ces quelques définitions, il semblerait que tout soit déjà dit. La fonction de coordination ne mériterait peut-être pas qu’on s’y attarde, tant les choses semblent simples, claires, précises. En maison médicale, il fut un temps, pas si lointain, où le métier de coordinateur n’existait pas la coordination était une fonction traversant les autres et qui semblait théoriquement «  aller de soi  », au point de ne pas toujours être explicite.

Le bruit court que l’apparition de cette fonction en maison médicale est concomitante à la diversité des pratiques, des compétences, des problématiques, ou encore à l’agrandissement des structures, à la complexification des situations rencontrées et des contextes. C’est probablement vrai, au moins en partie.

Les cheminements sont variés, et notamment liés au moment où la fonction est créée. Elle peut être mise en place d’emblée dans certaines équipes, surtout si elles sont grandes, et se configurer en même temps que le projet. Dans de très petites équipes, la fonction de coordination est parfois envisagée lorsque l’équipe grandit et rencontre des difficultés nouvelles dans l’articulation du travail, qui l’incitent à formaliser une coordination jusqu’alors informelle. Souvent, c’est même d’abord la fonction de gestion qui émerge, puis de là, celle de coordination, Il s’agit alors pour le coordinateur de «  faire sa place  », de se situer face à des attentes souvent très grandes - et parfois face à des réticences plus ou moins exprimées.

L’émergence progressive d’une fonction explique sans doute le flou qui l’entoure bien souvent, parfois même quand elle est créée dès l’origine d’un projet. Ce flou n’est d’ailleurs pas propre à notre mouvement, d’autres expériences en témoignent. Ainsi le Pôle ressources recherche formation en action sociale indique à propos du secteur social  : «  Comme nous l’avons déjà évoqué, il n’existe pas de définition formelle du coordinateur. A défaut, nous tentons à partir des propos entendus, dans le cadre de notre étude, de construire les éléments structurant une définition (méthode inductive). Force est de constater que cet objectif est une gageure. En première analyse, nous pourrions, de suite, conclure que chaque institution a sa propre définition. Voire même dans un