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Introduction


25 mars 2021, Florence Paligot

permanente politique à l’intergroupe liégeois et à la Fédération des maisons médicales

Aidant proche, bénévole dans une association ou un groupe d’entraide, pair-aidant, expert du vécu… Qu’est-ce qui pousse – qu’est-ce qui nous pousse – à un moment de notre vie à endosser un rôle de « soignant » ?

Contre rémunération ou non, de plein gré ou par la force des choses, moyennant un statut ou en attente de reconnaissance, ces nouvelles figures de soins occupent une place de plus en plus importante dans notre système de santé. Que disent-elles de ce système ? À quels besoins répondent-elles ? Comment ces fonctions s’articulent-elles avec celles des acteurs conventionnels de la santé : médecin, infi, aide-soignant… quand tous se retrouvent au chevet d’un même patient ?

Le vieillissement de la population, l’augmentation des maladies dites complexes, la pénurie de certains métiers et le cruel manque de moyens ont poussé le gouvernement ces dernières années à revoir sa politique de soins. Souvent maladroitement et sans grande concertation avec les travailleurs de terrain ni avec la population. Des projets pilotes et des réformes ont vu le jour et poussé les professionnels de santé à se réorganiser, à travailler ensemble, parfois avec questionnements, difficultés… et douleurs. Pourtant, la collaboration entre la première et la deuxième ligne semble toujours difficile, que ce soit dans le cadre de la réforme en santé mentale ou dans l’approche des projets pilotes autour de la prise en charge des patients atteints de maladies chroniques ou celle des projets pilotes d’hospitalisation à domicile.

Aujourd’hui, des patients peuvent être suivis chez eux pour des pathologies qui jusqu’à présent étaient prises en charge en milieu hospitalier, modifiant ainsi la conception du système de santé mais aussi la dynamique autour des acteurs qui le composent. Ce changement de paradigme amène l’entourage et les proches à se repositionner dans la relation. Plus éclairés sur la maladie, partageant parfois un vécu ou une expérience similaire, ils représentent pour les patients un soutien plus attentif pour les aider à traverser leurs difficultés. Quelle est leur place dans un système de soins où chaque intervenant, institutionnel ou privé, est invité à trouver d’autres marques, à se repositionner par rapport à lui-même et à ses compétences, à ses capacités et dans sa relation à l’autre ? La pandémie que nous vivons et ses dommages collatéraux psychiques et sociaux mettront-ils ces nouvelles figures de soins davantage encore en valeur, leur donneront-ils une place à part entière dans notre système de santé ?

Cet article est paru dans la revue:

mars 2021 - n°94

Les nouvelles figures de soins

Santé conjuguée

Tous les trois mois, un dossier thématique et des pages « actualités » consacrés à des questions de politique de santé et d’éthique, à des analyses, débats, interviews, récits d’expériences...

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