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Edito


17 décembre 2021, Fanny Dubois

Secrétaire générale de la Fédération des maisons médicales

Solidarité, dialogue, inclusion et respect de chaque individu dans ses différences… Nous devons défendre les principes qui contribuent à développer la cohésion sociale de notre société

Face à l’obligation vaccinale du personnel soignant, notre réflexion est avant tout guidée par des principes de santé publique centrés sur les populations et pas seulement sur les individus, et par la nécessité absolue de garantir la continuité des soins.

Le vaccin contre le Covid-19 permet de réduire les formes graves de la maladie et par conséquent le nombre de personnes ayant besoin de soins intensifs, ces lits étant dès lors préservés pour les autres interventions qui doivent avoir lieu. Par ailleurs, nous sommes sensibles à la surcharge de travail que provoque cette nouvelle vague de contamination, tant en première qu’en deuxième ligne de soins. Nos équipes sont fatiguées, débordées, et notre rôle est de relayer cette réalité.

L’obligation vaccinale d’une population ciblée ferait peser sur notre système de soins des risques très inquiétants : jusqu’à 15 % des aides-soignantes et aides-soignants pourraient quitter la profession alors que nous manquons déjà d’effectifs et que des services doivent fermer par manque de personnel dans certains hôpitaux. Cette obligation vaccinale et les sanctions qui y seraient associées (chômage, rupture de contrat, perte du numéro INAMI) pourraient en outre toucher fortement les dynamiques d’équipe. La stigmatisation par rapport à un statut, vacciné ou non vacciné, est par ailleurs réductrice. La vaccination est une mesure parmi d’autres, comme le port du masque, l’aération des locaux, le lavage fréquent des mains… qui doivent continuer à faire partie du quotidien des soignants pour limiter au maximum les risques de transmission.

Enfin, rappelons à quel point les principes de prise en charge globale, accessible et préventive des patients et d’investissements dans la première ligne de soins et l’éducation à la santé permettraient de façon structurelle le désengorgement des urgences hospitalières. Cette crise sanitaire ne pourra être résorbée via des politiques publiques disparates et stigmatisantes. Nous encourageons nos dirigeants à l’observer dans sa globalité en introduisant des mesures plus systémiques.

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Cet article est paru dans la revue:

décembre 2021 - n°97

Maladies chroniques, tous concernés !

Santé conjuguée

Tous les trois mois, un dossier thématique et des pages « actualités » consacrés à des questions de politique de santé et d’éthique, à des analyses, débats, interviews, récits d’expériences...