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Presse

Débat "À Votre Avis" : bientôt vers la gratuité des soins de santé ?

10 décembre 2019
Hélène Dispas

permanente politique à la Fédération des maisons médicales et médecin généraliste en maison médicale

Hélène Dispas (du bureau stratégique de la Fédération et médecin en maison médicale) est intervenue sur le plateau de "À Votre Avis" (La Une RTBF). En débat, une question, un droit même, qui nous occupe au quotidien : l’accès aux soins de santé. Revoir l’émission.

Le Belge est celui qui, en Europe, dépense le plus en médicaments non remboursés. D’après une étude menée par l’ONG Médecins du Monde, un ménage dépense une moyenne de 1.100 euros par an en soins non remboursés. C’est 500 euros de plus que la moyenne européenne. Dans cette même étude, il est précisé qu’un Belge sur 5 ne peut pas se permettre de payer des soins dentaires ou une consultation chez le psychologue. Les effets de cette privation sont catastrophiques à long terme : l’espérance de vie des personnes concernées chute de 10 à 13 ans. Il faut dire que les tarifs médicaux sont élevés et qu’on parle aujourd’hui d’une médecine de classes, c’est-à-dire qu’il n’est accessible que par les individus qui ont les moyens. " Prenons l’exemple de l’accouchement. En chambre privée, l’accouchement coûte en moyenne 2.100 euros. En chambre à deux lits, 150 euros " affirme Jean Hermesse, secrétaire général de la Mutualité Chrétienne.

Comment éviter ces charges ?

La moitié des répondants à notre sondage déclarent avoir recours à l’auto-médication. Ce n’est pas forcément négatif mais cela pourrait être dangereux d’après Hélène Dispas, médecin généraliste en maison médicale. Pour y remédier, il faudrait soutenir la médecine générale, la première ligne, en mettant en place un système de soins échelonnés. En d’autres termes, le patient devrait passer d’abord chez son médecin généraliste et ensuite consulter un spécialiste dont l’honoraire est bien plus élevé. " Il faudrait beaucoup plus de prévention et dans 90 % des cas, on trouve de simples solutions, pas chères et qui ne nécessitent pas d’examen complémentaire ".

Et cette première ligne justement, peut-elle être gratuite ? Patrick Prévot, député fédéral PS répond " oui ". Elle devrait même l’être pour coûter moins cher à la société ! " Il faut renforcer cette première ligne et surtout la gratuité pour permettre à tout le monde de se soigner et traiter des pathologies au plus tôt qui coûteraient donc moins cher à la société ". Au plus tôt le problème de santé est pris en charge, moins il a besoin de soins, moins il coûtera.

Surtout que d’après Jean Hermesse, il n’y a pas besoin de dispositif pour rendre possible le remboursement des médicaments et des prises en charges médicales comme les soins dentaires. Il suffit que les prix imposés soient réalistes et restent cohérents par rapport au coût réel. Il faut donc réguler les prix et rester transparent à leur propos.

Les honoraires trop élevés, c’est aussi dû au fait qu’un nombre de médecins ne sont pas conventionnés. Pour prendre l’exemple des dentistes, ils sont quatre sur dix à être dans le cas et donc, à fixer le tarif qu’ils souhaitent. Caroline Taquin, députée fédérale MR ne veut pas imposer cette convention chez les médecins mais plutôt les pousser à s’y accorder. Elle évoque également la possibilité de sanctionner ceux qui ne respectent pas l’accord.

En attendant la mise sur pied de ces propositions, beaucoup de Belges se sont déjà tournés vers une alternative moins coûteuse, tout en continuant de consulter un médecin généraliste : la maison médicale. Hélène Dispas constate qu’il y a une recrudescence de patients dans ces structures forfaitaires. Elle nous donne ce chiffre : il y a 420.000 patients pris en charge en maison médicale. Sur les cinq dernières années, c’est une hausse de 50 %. Elle explique ce phénomène par une meilleure connaissance des maisons médicales et aussi, par la précarisation de la population.