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Une infirmière face à ses paires


1er avril 2013, Une infirmière, sous couvert d’anonymat

Un coup de tonnerre dans un ciel bleu et je me suis retrouvée à l’hôpital. Durant cette période, j’étais aussi en questionnement sur ma profession et sa reconnaissance.

Je ne vais pas vous parler de l’anxiété, du stress, de se retrouver « de l’autre côté de la barrière ». S’il est important de signaler combien les actes réalisés étaient donnés avec professionnalisme et en coordination entre les professionnels (médecins, infirmiers), il est superflu de s’y appesantir ici.

Par contre, j’ai vraiment envie de vous partager l’« humain » que j’ai rencontré durant mon séjour hospitalier, essentiellement donné par les infirmiers ; bien que la doctoresse spécialiste était également bienveillante durant les quelques minutes qu’elle me consacrait.

Du soin au prendre soin a pris, pour moi, dans cette expérience, toute sa dimension : non plus abordé comme concept auquel j’adhère mais vécu dans mon expérience personnelle, dans mon corps et mon esprit fragilisés et souffrants.

Au départ, l’hôpital me faisait peur, je m’attendais au pire. Nous en avons déjà tant entendu. Quelle ne fut pas ma surprise de rencontrer, auprès des membres de notre profession, professionnalisme et humanité si intimement liés.

Une humanité, sans bruit et sans grand discours se distillant au fil des soins : des gestes précis, expliqués, doux, un premier pansement enlevé avec beaucoup de précautions et de délicatesse, des paroles chaleureuses et encourageantes, une attention au vécu, une écoute profonde…

Compétence et relationnel

Dans le remue-ménage qu’était ma vie à ce moment-là, j’ai redécouvert le coeur de ma profession, le sens du prendre soin. J’ai pu vivre que le soin réalisé avec compétence allié à la qualité de la relation soigne doublement et que l’apport de sécurité, de bienêtre, de support intervient réellement dans la guérison.

Avoir vécu, dans mon expérience de vie personnelle, les concepts professionnels que je défends donne tout leur sens, toute leur profondeur et leur ampleur aux pratiques de mon quotidien professionnel actuel.

De plus, la reconnaissance, que j’attendais d’autres s’est ancrée profondément en moi. Je suis fière d’appartenir à cette profession. Nous ne sommes pas toujours suffisamment conscients jusqu’à quel point nous pouvons apporter beaucoup aux personnes que nous soignons.

Soigner et prendre soin sont indissociables. J’en ai parlé à partir de mon expérience de soignante face à ses pairs, étonnée et heureuse de rencontrer tant d’humanité chez un personnel hospitalier surchargé et souvent décrié.

Bien entendu, cette représentation du soin n’est pas l’apanage de la profession d’infirmière. Prendre soin est une manière de travailler qui sous-tend les pratiques d’une équipe pluridisciplinaire et la met en mouvement, qui place en synergie toutes les professions qui ont pour mission de soulager, aider, accompagner, guérir, qui met en avant le sens de leurs actes et facilite le savoir partager.

Cet article est paru dans la revue:

n° 64 - avril 2013

Les infirmièr-es sous les projecteurs

Santé conjuguée

Tous les trois mois, un dossier thématique, et des pages « actualités », consacrées à des questions de politique de santé et d’éthique, à des analyses, débats, interviews, relations d’événements (colloques, parutions récentes), au récit d’expériences vécues...