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Un projet peut en cacher un autre…

La santé communautaire a besoin de temps. Un projet qui n’est pas dans l’action communautaire au sens strict peut parfois être l’amorce d’un projet plus ambitieux. Il faut permettre aux participants de mûrir les projets, d’être confrontés à des échecs, de gagner en expérience. Ainsi, il est intéressant de ne pas envisager ces activités comme juxtaposées l’une à la suite de l’autre mais bien comme un continuum… dont le point de départ n’est parfois pas celui que l’on attendait ! Nous voudrions partager l’expérience du « groupe de patients » de notre maison médicale.

Quel est notre point de départ ?

L’amorce : le projet tabac

Lors de mon engagement comme travailleur en santé communautaire l’équipe souhaitait réaliser un projet de santé communautaire sur le diabète. Afin de développer ce projet, je suis allé rencontrer la coordinatrice de l’intergroupe (c’est-à-dire l’ensemble des maisons médicales de notre région). Celle-ci m’a expliqué que le diabète est un sujet très compliqué avec une multitude de facteurs imbriqués. Cela nous a semblé fort ambitieux comme première expérience. Elle m’a alors proposé de lancer un projet tabac (qui a également un impact sur la santé des diabétiques). J’ai consulté le « cat@losanté » et j’ai pu y découvrir différentes formes de « projet tabac » (pex : un projet en 5 séances avec à chaque fois un aspect du tabac : alimentation, aspects médicaux, psycho, etc.). L’équipe de la maison médicale s’est mobilisée (un médecin, un kiné et un psy du planning familial). Tout semblait en place mais, assez vite, la participation des patients est devenue problématique : 5 ou 6 patients au début puis une baisse de la fréquentation au fur et à mesure des séances. Nous avons alors organisé une évaluation avec les participants. Elle nous a appris que la motivation de ces derniers à venir aux activités n’était pas la discussion autour du tabac. Ils cherchaient en fait la possibilité de rompre la solitude, de sortir de leur maison.

A qui s’adresse le projet ?

La naissance du « groupe de patients »

Dès lors, nous avons changé notre manière de faire. Au lieu de mettre sur pied un projet ficelé puis de le proposer aux patients, nous avons créé un « groupe de patients ». L’objectif était de réunir des patients motivés pour penser et construire les futurs projets. De ce groupe sont nés différents projets :

Certains projets imaginés par le « groupe de patients » ont débouché sur d’autres projets plus ambitieux. Ce fut le cas du bar à jus qui a permis de nouer des liens avec Vie féminine (réunions 3 fois/an avec nos groupes pour échanger autour de la place de la femme dans la société, les questions de genres, etc.). Et aussi du cours de zumba qui a donné naissance au groupe parentalité.

Nous avons choisi de vous détailler un peu plus ce processus.

Création du cours de zumba par le « groupe de patients »

Le « groupe de patients » a identifié qu’il manquait d’initiatives ludiques pour faire du sport dans le quartier. Il a donc eu l’idée de proposer aux patients et aux habitants de Gilly d’organiser des cours de Zumba (mélange de gym et de danse). Ils se sont occupés de trouver une animatrice qui accepte de travailler bénévolement, un local et puis d’en faire la publicité. Rapidement les cours de zumba se sont déroulés tous les vendredis de 9h à 10h dans le local de la maison de jeunes « le Gazo ». La plupart des participants étaient des femmes maghrébines. Celles-ci ont formulé le souhait que ce groupe soit réservé uniquement aux femmes (gêne d’être vues en tenue de gym par des hommes). Une grande discussion s’est réalisée au sein du « groupe de patients » ainsi que dans nos réunions de coordination. Finalement, nous avons accepté cette demande afin de ne pas perdre ce groupe cible (femmes isolées, qui ne participent pas aux activités proposées par la Ville car celles-ci sont mixtes).

On peut questionner le caractère santé communautaire de cette activité. Il s’agit d’un cours et il n’y avait pas de partage de compétences mais plutôt une attitude de « consommation » (faire les exercices que le « spécialiste » demande de faire). De plus, la mixité est mise en péril par le refus d’accueillir des hommes. Mais ce projet a permis de réunir un public de femmes maghrébines habituellement isolées et peu preneuses de nos activités.

L’ensemble du récit de ce projet sur plusieurs mois montre bien que cette activité est une partie d’un processus plus large. C’est ce processus qui a permis différentes formes de mobilisation et d’activités, qui elles-mêmes ont permis de franchir des étapes.

Voyons ainsi ce qui a émergé petit à petit.

Naissance du « groupe parentalité »

Au fil des cours de zumba, une confiance est née. Un lien s’est tissé entre ces femmes et la maison médicale. Avant chaque cours, je les contactais pour leur confirmer l’heure de l’activité. De même régulièrement, je passais à la fin du cours pour faire une évaluation du projet. Lors de ces contacts, plusieurs mamans nous ont demandé si elles pouvaient venir avec leurs enfants. Progressivement, il y a eu le constat qu’il n’y avait pas beaucoup de structures permettant d’intégrer les mamans avec les enfants.

« Le groupe de patients » était d’accord avec ce constat et ils ont encouragé les mamans de la Zumba. Par contre, ils n’ont pas souhaité s’y impliquer directement, donnant l’occasion à d’autres personnes de s’impliquer dans la construction du projet . Cela nous a semblé pertinent et un nouveau groupe s’est donc autonomisé. La co-construction a démarré avec ce groupe de mamans, l’animateur en santé communautaire de la maison médicale, le planning familial et la bibliothèque de Gilly pour créer des espaces de rencontre parents-enfants. Les mamans étaient d’accord et même désireuses qu’il y ait également des papas qui participent. Le planning familial, en collaboration avec l’animateur en santé communautaire, ont pris en charge l’organisation et la promotion de cette activité (publicité auprès des écoles de Gilly et de l’ONE).

Au départ il n’y a pas eu beaucoup de participants (car il y avait le ramadan ainsi que les vacances). Mais, par la suite, il y a eu 7 mamans et une quinzaine d’enfants. Actuellement il n’y a pas de papa, ni de grand-parent.

Quels sont les objectifs du groupe parentalité ?

  1. Soutenir les parents dans l’éducation de leurs enfants,
  2. Renforcer le lien social entre les parents de Gilly,
  3. Permettre aux parents avec leurs enfants de partager des activités ludiques en dehors de la pression du quotidien,
  4. Parler des différents styles éducatifs ainsi que des différences culturelles,
  5. Echanger les avis des parents concernant des thématiques en lien avec la parentalité (les écrans et la petite enfance, le choix de l’école, la gestion des violences, la consistance parentale, etc.),
  6. Renforcer le partenariat avec le réseau local.

Quelles activités sont mises en place avec le groupe parentalité ?

Rencontres des parents de l’entité de Gilly et leurs enfants, encadrés par deux animateurs. L’animation est divisée en 4 parties :

  1. Accueil (partage d’un gouter ensemble),
  2. Activités parents enfants ensemble (souvent autour de jeux ou de lectures),
  3. Activités parents enfants séparés (c’est le moment où les parents échangent leurs difficultés et leurs astuces),
  4. Conclusion et évaluation tous ensemble.

Thématiques : les enjeux et les difficultés d’être parents.

Outils : mises en situations, jeux de société, lectures, brainstorming, tour de table, dessin, peinture, etc.

Ça se passe quand ?

Les rencontres ont lieu 2 fois par mois.

Qui collabore au projet parentalité ?

Quelles sont les ressources du groupe parentalité ?

Quel est notre bilan ?

Objectifs fixés au préalable par rapport aux rencontres :

En pratique :

Bilan plus général à propos du travail en réseau.

Une des difficultés que nous rencontrons en général est la fragilité du réseau associatif de Gilly.

Il n’est pas évident de soutenir la motivation des habitants et parfois même, celle des professionnels. La santé communautaire demande un travail en réseau. Cependant, nous constatons que Gilly se précarise également dans la sphère associative. Et la commune semble parfois mettre un coup d’arrêt à pas mal d’initiatives…

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A propos de l'action

Organisée par :
Collectif de Santé Gilly Haies ASBL
Créée le :
8 octobre 2013