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Un projet bien-être, plutôt que des produits psychotropes

A la maison médicale de Dampremy, l’équipe s’est inquiétée de la hausse de la demande de prescription de produit psychotrope à laquelle les médecins sont confrontés. De leur réflexion est né un projet : l’organisation par la maison médicale d’ateliers "bien-être".

Quatre techniques sont proposées : la sophrologie, la psychomotricité et la danse thérapie, la gym douce et enfin l’alimentation saine.

Tous les mardis, un atelier différent est organisé et donc chaque discipline est pratiquée 1x/mois. Si le mois comprend une 5ème semaine, le 5ème atelier consistera en une évaluation.

Ce projet porte sur toute l’année académique 2014-2015.

Peux-tu m’en dire un peu plus sur le point de départ de votre réflexion ? Comment l’envie d’aborder les choses de cette manière s’est-elle éveillée dans l’équipe ?

Nos médecins sont de "petits" prescripteurs de médicaments. Cependant, ils sont confrontés à une augmentation des demandes de prescription de psychotropes. Face à ce phénomène de « banalisation » et de surconsommation de ces produits, il a été décidé en équipe de mener une campagne de prévention sur ce thème. Nous avons abordé ce sujet de santé mentale sous forme d’un affichage dans la salle d’attente que nous avons réalisé nous-mêmes.

L’équipe a voulu également exploiter ses ressources internes afin de proposer un projet de santé communautaire sous la forme d’ateliers « Bien-Être ».

Notre postulat de départ est le suivant : en rendant accessibles à nos patients des techniques favorisant un mieux-être général tant physique que mental, nous diminuons le risque de recourir à l’utilisation de psychotropes.

Objectif général

L’objectif est donc de prévenir la (sur)consommation de psychotropes en proposant une alternative à la prise de médicaments au sein de la maison médicale. Nous voulons aussi améliorer le bien-être des patients.

Objectifs spécifiques :

A qui cette activité est-elle proposée ? à tout le monde ? aux patients avec des problèmes de santé mentale qui ne sont pas déjà sous psychotrope ? aux patients déjà en traitement ?

Ce projet de prévention vise prioritairement les personnes qui n’ont pas encore eu recours aux psychotropes. Cependant, nos ateliers sont ouverts à tous nos patients ainsi qu’aux habitants du quartier.

Qu’en est-il de la participation des usagers aux choix ou à l’organisation de cette activité ?

Le point de départ est un constat de professionnels et non une demande de patients. Dès lors, l’équipe a défini les grandes lignes du projet qui a été, ensuite, présenté aux patients afin d’avoir leur avis et de le réajuster en fonction de leurs besoins et attentes. Dans la phase de réalisation des activités, nous associons certains participants.

Comment faites-vous pour informer et convier les gens aux activités ?

Un courrier a été envoyé à toutes nos familles (+/- 850), un article est paru dans notre trimestriel, le « Bougnou », des tracts ont été distribués dans la salle d’attente et des affiches placées un peu partout dans la maison médicale. L’Espace Citoyen de Dampremy a également relayé l’information auprès de leurs bénéficiaires.

Doivent-ils s’engager pour un « cycle » ou juste à la séance ?

Etant donné que les ateliers ont été construits de façon à être complémentaires, les patients ont été encouragés à suivre l’ensemble de ceux-ci.

Quelles sont vos ressources ?

En interne :

Nous avons les membres de l’équipe (un médecin, une assistante en médecine générale, 3 accueillantes, la kinésithérapeute, l’infirmière et l’assistante sociale. Tous les collaborateurs sont membre du groupe prévention, car tous participent à la réflexion du projet ainsi qu’au développement d’outils de prévention et d’information des patients.

Plusieurs membres de l’équipe portent un intérêt personnel au bien-être en général et ont développé certaines compétences (sophrologie, hypnose, pleine conscience, etc.). Lors du lancement du projet, cela faisait un an que la maison médicale était ouverte et nos moyens financiers étaient limités. D’où l’idée d’exploiter au maximum les compétences internes même si celles-ci n’ont pas de lien avec le contrat de travail initial. Par exemple, un travailleur engagé à l’accueil mais formé en sophrologie, anime des ateliers. La kiné anime les ateliers gym douce. Etc.

En externe :

Nous travaillons également avec une diététicienne, de la ville, qui va préparer et animer les ateliers sur l’alimentation saine.

Comment avez-vous organisé l’évaluation ?

Un questionnaire d’évaluation a été proposé en début de projet. Celui-ci vise à mettre en lumière les habitudes de vie et les connaissances des patients sur le bien-être, la consommation de psychotropes... Un autre questionnaire d’évaluation sera proposé à mi-parcours et à la fin du projet afin de mesurer une éventuelle modification des habitudes de vie et de "tester" les nouvelles connaissances des participants.


Article écrit par Stéphanie Blockx sur base d’un entretien.

Mise à jour : sur base de l’évaluation de la première année, le projet se poursuit en 2015-2016, sous une forme un peu différente.

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A propos de l'action

Organisée par :
Les auteurs :
Alisson Declercq
Créée le :
4 septembre 2015
L’action est en cours et est ponctuelle