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Sida et IST : c’est toi qui leur en parle ?

29 juillet 2015

Question Santé le dit haut et fort : "Vive les campagnes qui encouragent la prévention contre le HIV/sida et les IST" [1]. Mais vive, aussi, tout ce qui peut rappeler que l’éducation à une sexualité responsable ne passe pas, seulement, par les campagnes de l’été.

Un Communiqué de presse du lundi 27 juillet 2015.


"Sea, Sex & Moi (le Sida)" : en France, voilà l’un des slogans de la campagne 2015 d’Aides. En Belgique, un sondage Solidaris a rappelé que parmi les festivaliers qui ont des rapports sexuels, 3 sur 10 "oublient" les préservatifs... Pour que les festivals restent une fête et ne laissent que de bons souvenirs, 23 membres de l’Asbl Latitude Jeunes, vont y faire passer des messages de prévention. A la radio, des spots invitent à penser protection, diagnostic, traitements... La Plate-Forme information Sida a lancé un nouveau site internet dédié à sa nouvelle campagne contre le HIV/sida et les IST (www.les-bons-reflexes.org). Voilà de quoi baigner de messages importants les jeunes qui veulent vivre leur été à 100%, amour(s) compris.

Mais l’été et les vacances ne sont-ils pas, aussi, une période propice pour réfléchir à tous les dialogues - y compris en famille - qui peuvent contribuer à casser la chaîne de transmission du sida et des Infections Sexuellement Transmissibles ? Question Santé lance le débat.

La prévention c’est l’affaire de qui ?

Le sida, tout comme les IST, posent de véritables problèmes de santé publique (voir le § "Sous le soleil, le sida et les IST"). Des messages de prévention diffusés par une série d’organismes, d’organisations, d’associations conscientisent les jeunes et les adultes concernés à travers des spots radio, télé, des affiches, Internet et les réseaux sociaux.

De plus, pour informer les jeunes, l’EVRAS (l’Education à la Vie Relationnelle, Affective et Sexuelle) a fait son entrée dans les écoles. Cependant, placent-elles toutes la même énergie dans cette mission éducative qui leur a été imposée ? Comme le rappelle le sociologue Jacques Marquet dans la brochure "Mais la graine, elle est où ? Parler (ou pas) sexualité à ses enfants, quel programme !" (Question Santé) , "Les ’politiques’ se sont sentis ’obligés’ de combler les vides éducatifs. Mais, prudence oblige, ils l’ont fait en laissant une certaine latitude aux établissements".

Pour informer les jeunes qui grandissent dans une société hypersexualisée, il y a les ami(e)s, dont le rôle va croissant. Mais "entre eux, les jeunes s’informent et/ou se désinforment", prévient le Pr Marquet. Et puis, il faut aussi compter Internet parmi les canaux de "formation" à la sexualité. Et les parents, dans tout cela ? Et les adultes proches du jeune ? Se voient-ils comme des acteurs de premier plan dans les dialogues à instaurer, dès l’enfance ? Face à un sujet qui suscite encore bien des tensions, des tabous, et renvoie à des valeurs différentes, font-ils une place à la sexualité ? Restent-ils partagés entre la volonté de dire et la crainte de mal faire ?

J’sais, je veux pas, j’peux pas, j’dis pas...

Aucune école n’apprend aux parents (ou aux adultes) à "parler sexualité" aux jeunes. Actuellement, assure le Pr Marquet, seule une minorité de parents refuse de le faire, y compris sur un plan sanitaire. Les mères conduisent leurs filles chez le gynécologue, et parfois, on fournit même les préservatifs aux garçons. "Mais, souvent, la position des parents reste en retrait : ’On est là’", disent-ils surtout", complète le sociologue. De fait, il n’est pas aisé de garder la bonne distance et de ne pas être intrusif. Il n’est pas facile non plus de sortir de "l’info technique" ou du discours "très général", probablement éloigné des réalités du jeune. Et tout aussi compliqué de ne pas tomber dans le piège d’un discours (quasi) unique de prévention, mettant surtout en avant les dangers de la sexualité, tout en "oubliant" ses autres aspects...

Pourtant, l’enjeu n’est-il pas, dès l’enfance, de permettre les questions - y compris celles qui touchent aux émotions- et de les accompagner pour aider les jeunes à construire leur autonomie ? "La meilleure prévention possible, c’est la communication autour de la sexualité", assure le Dr Esther Hirch, sexologue [2]. Un beau sujet de réflexion pour l’été. A chacun ses devoirs de vacances...

Sous le soleil, le sida (et les IST)

Chaque jour, en Belgique, un peu plus de 3 personnes découvrent qu’elles sont séropositives. Dans 96 % des cas, la transmission s’est effectuée lors de rapports sexuels. Dans 43 % des dépistages positifs, les personnes atteintes découvrent leur séropositivité quand leur système immunitaire est déjà fortement affaibli. Ces malades dépistés tardivement, et non encore traités, ont été et sont encore des vecteurs très contaminants d’une maladie encore incurable.

Les Infections Sexuellement Transmissibles (ou IST) ont également fait un retour inattendu ces dernières années. La très contagieuse Chlamydia a touché 4 913 personnes (dont 3243 femmes) en Belgique, en 2013. La plus forte augmentation a été constatée surtout parmi les 15 à 24 ans [3]. La même année, 1010 cas de blennorragie (ou gonorrhée) ont été enregistrés dans notre pays (775 hommes), et 991 cas de syphilis (824 hommes).

Contact

Raymond Goyeau-Laurens

Chargé de communication

asbl Question Santé

02 512 41 74

- raymond@questionsante.org


[1Infections sexuellement transmissibles

[2Interview réalisée pour la brochure "Mais la graine, elle est où ? Parler (ou pas) sexualité à ses enfants, quel programme !", Question Santé, 2014

[3Chiffres de l’Institut Scientifique e Santé Publique, ISP