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Projet mieux-être des personnes âgées du quartier

Le problème de la vie des seniors issus de l’immigration à Bruxelles nous pousse à l’imagination, à créer de nouveaux lieux qui puissent répondre à de nouveaux besoins. Et bien sûr avoir une écoute et une souplesse suffisante pour coller à la réalité et aux souhaits de cette population et de leurs familles. La MM Nord a fait appel à un chercheur pour explorer le problème : cette étude sert de base au projet. Tout au long de celui-ci les personnes âgées sont sollicitées et donnent leur avis. Les conclusions de l’étude tendent à proposer un lieu de vie communautaire.

Quel est notre point de départ ?

Depuis quelques années les soignants de la MMN constatent que dans plusieurs familles turques et marocaines, les problèmes liés au vieillissement de la population se font de plus en plus aigus et les prises en charge à domicile se heurtent à de multiples obstacles. Evolution des structures familiales, travail des femmes au dehors de la maison, méconnaissance du phénomène du vieillissement qu’ils n’ont jamais vécu dans leur famille migrante, difficulté de se positionner par rapport à une tradition de prise en charge par les familles, difficile à mettre en place aujourd’hui, à Bruxelles. De plus, les structures d’aide à domicile sont peu adaptées à leur demande et les conditions de vie dans les maisons de repos leur semblent peu acceptables et déshonorantes pour les familles.

De nombreux primo arrivants turcs et marocains atteignent la septantaine et de vieux parents, isolés au pays rejoignent leurs enfants en Belgique.

Dans notre pratique de médecine générale de quartier, le problème est de plus en plus criant et l’équipe de la Maison Médicale pense que des solutions nouvelles doivent être explorées.

Nous avons réuni des patients âgés turcs et marocains pour parler du problème et du vécu de la vieillesse en Belgique. Très honorés et surpris qu’on demande leur avis, ils se sont montrés d’une surprenante (pour nous) ouverture d’esprit et ouverts à des solutions nouvelles, voire à un hébergement dans un lieu qui leur semblerait « vivable », au vu de leurs habitudes. Au fond, un peu comme les Belges autochtones…

Il était intéressant de voir comment ce problème est abordé dans le pays d’origine de ces personnes.

A Karaçalar, petit village d’Anatolie dont la grande majorité des adultes vit en Europe, et une bonne part à St Josse, les villageois et leur maire se sont trouvés confronté aux problèmes des vieux isolés et sans famille au village. Ils ont alors décider de construire, au dessus de la salle de fête, 4 chambres pour accueillir leurs « vieux » un peu isolés vu l’éloignement de la famille.

Personne n’a jamais occupé ces chambres qui vont être reconverties. La sensation de déshonneur ? La nouveauté ? Un sentiment de culpabilité faisant pression tant sur les personnes âgées que leurs familles en Europe ?

A Tanger, financée par le Rotary, existe une grande maison d’accueil, centrée sur trois patios au centre de la ville. Lieu d’hébergement des personnes abandonnées par leur famille le plus souvent, elle a vu arriver ces derniers temps quelques personnes âgées, sur une base volontaire. Leur famille voulait bien les « prendre en charge », mais ces seniors ne désiraient ne pas imposer leur présence, la vie d’aujourd’hui n’étant plus celle d’hier…

Le problème de la vie des seniors issus de l’immigration à Bruxelles nous pousse à l’imagination, à créer de nouveaux lieux qui puissent répondre à de nouveaux besoins. Et bien sûr avoir une écoute et une souplesse suffisante pour coller à la réalité et aux souhaits de cette population et de leurs familles.

Nos nombreux contacts dans le quartier, tant nos patients et leurs familles que les organisations professionnelles d’aide, nous paraissaient emballés par la réalisation concrète de « quelque chose » pour améliorer cette vie du grand âge

Pour préciser et s’informer plus en profondeur, « faire un peu le tour de ce qui se dit et de ce qui se fait, ou ne se fait pas », l’équipe de la MMN décide de faire appel à un chercheur.

Le Dr Vincent Litt , médecin spécialiste en santé publique et anthropologue, s’est investi dans ce travail durant deux mois, répartis entre octobre 2006 et juillet 2007.

D’un point de vue méthodologique, il a structuré sont travail autour :

Son travail et ses conclusions sont présentés dans le rapport qu’il a finalisé et transmis à l’équipe en novembre 2007.

Ce travail débouche sur des conclusions très concrètes et des propositions pour les grands axes d’un projet. Le texte fait aussi une description des initiatives sociales et sanitaires qui sont menées principalement dans les communes de Schaerbeek et de St Josse. Parmi ces initiatives, il a tenté de mettre en évidence celles qui sont porteuses, riches en idée ou s’inscrivant dans une perspective d’éventuelles collaborations ou partenariats. Ce travail a été la base de l’inspiration de notre projet.

Notre idée initiale était de faire une maison de repos pour personnes âgées dans une optique alternative, interculturelle et intergénérationnelle. L’étude montre qu’il n’y a pas de demande pour des maisons de repos, si « interculturelles » soient-elles. Il y a même du rejet. Mais ce rejet est en partie dû à l’inexistence d’exemples réussis en la matière.

L’étude a surtout montré un grand désarroi, voire une réelle panique et une improvisation souvent maladroite en cas d’aggravation de l’état de santé des seniors. Au fond, ceux qui deviennent vieux aujourd’hui, n’ont jamais vu vieillir leurs propres parents, restés au pays, et la génération suivante n’a jamais vu comment on s’occupait « des vieux ». Les structures d’aide à domicile, développées dans notre ville, sont peu connues et peu adaptables aux coutumes du pays d’origine. De plus, il règne une certaine méfiance et un sentiment de culpabilité : « on doit s’occuper nous-mêmes de nos vieux ». Le problème financier est également un sujet de préoccupation majeure pour ces familles.

Il semble nécessaire de concevoir un apprentissage réciproque, une sorte d’apprivoisement entre ces familles et les structures d’aide, encore plus pour les solutions d’hébergement éventuel, temporaire ou définitif. Une écoute réciproque et une mise en commun des ressources et de l’imagination des uns et des autres, souvent pleins de bonne volonté, devraient permettre une bonne réappropriation par le quartier et les familles de notre projet.

Le concept de « résidence » et de lieu de vie communautaire pourrait répondre aux problèmes des familles et semble en accord avec les conclusions des recherches entreprises depuis quelques années sur le sujet. Il s’agit cependant d’un secteur d’activité fort éloigné des formations et des capacités des membres de l’équipe de la Maison Médicales du Nord. Une pareille initiative est radicalement différente dans ses approches, ses réglementations et les ressources requises, du quotidien d’une Maison Médicale.

A qui s’adresse le projet ?

Pour les personnes âgées du quartier ainsi que pour leur famille/entourage, avec une attention particulière aux aînés d’origine allochtone.

Quels sont nos objectifs ?

Que mettons-nous en place ?

Ça se passe quand ?

Qui collabore au projet ?

L’asbl EVA a pour but de soutenir la mise en place d’initiatives communautaires et sociales, qui créent de l’emploi et organisent des formations, dans le cadre de l’aide aux personnes. Dans ce cadre d’économie solidaire, un réseau de crèche, un restaurant de quartier, un service d’aide aux personnes ont vu le jour et vivent maintenant en autonomie.

L’asbl Aksent, est l’un des services nés du dynamisme de EVA et s’occupe d’aide aux personnes, en coordonnant ce qui existe, en étant ouvert aux nouvelles demandes et en essayant de répondre aux besoins non couverts actuellement chez les personnes en perte d’autonomie du quartier.

Quelles sont nos ressources ?

Grâce à la bonne gestion de la MM du Nord un budget a pu être constitué et consacré au démarrage du projet, ce qui a permis d’engager en premier lieu le chercheur ( Dr Vincent Litt) , de constituer la coopérative avec AKSENT et EVA et d’engager la gestionnaire du projet. Actuellement une recherche active se fait dans le secteur public et le secteur privé pour trouver des financements pour pouvoir donner vie au projet.

Quel est notre bilan ?

Le projet est en cours, des évaluations sont prévues :

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A propos de l'action

Organisée par :
Maison médicale du Nord
Créée le :
25 septembre 2008