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Petits cailloux


1er octobre 2011,

L’objectif de notre cahier était d’explorer ingénument comment l’outil informatique avait fait son chemin dans les soins de santé primaires. De semer des petits cailloux pour dessiner ce chemin. Pour l’instant, nous nous arrêtons ici, mais la carte est loin d’être complète, des questions importantes nous attendent encore.

Thème que nous n’avons fait qu’effleurer (notamment dans l’article de Philippe Jongen), l’avenir est au développement de la télématique médicale. L’enjeu est important : partager en temps réel les informations utiles entre professionnels au service de l’usager des soins de santé. L’idée du dossier médical partagé paraît évidente, tout comme l’était celle de creuser des canaux à Suez et au Panama pour faire communiquer des océans étrangers l’un à l’autre : gain en efficacité et en temps, économie d’interventions, sans oublier la possibilité de développer la santé publique sur des données solides et validées. Mais comme pour Suez et Panama, les enjeux économiques et politiques sont énormes, les « intérêts » mobilisent des forces contradictoires. Sans doute devrons-nous revenir sous peu sur ces combats de l’ombre.

Autre thème qui mériterait un développement autonome, la « fracture numérique », facteur d’inégalité face à la santé recouvre les problèmes d’accès matériel mais aussi ceux de « bon usage » : non seulement il faut savoir comment poser la bonne question, trouver la bonne information mais aussi donner la bonne place à l’informatique dans sa vie, ne pas en devenir dépendant, peut-être malade, conserver l’esprit critique et maintenir un lien social « physique » et pas seulement virtuel.

Un des dangers majeurs et insidieux de l’informatique est en effet de favoriser la confusion entre information et formation, de réduire la seconde à la première. « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » disait Rabelais. Version moderne de cet avertissement : l’information sans formation n’est que déformation… (oserons-nous le terme « déformatique » ?).

Les effets pathogènes de l’informatique commencent seulement à être connus : il ne s’agit pas de diaboliser l’outil mais d’en diagnostiquer et traiter les maladies, d’en promouvoir le bon usage et l’utilisation optimale des potentialités. Il y a là plein de cailloux à semer, un travail d’éducation permanente et de santé communautaire à déployer.

Cet article est paru dans la revue:

n° 58 - octobre 2011

Virtuel, vertueux ? Soins de santé primaires et informatique

Santé conjuguée

Tous les trois mois, un dossier thématique, et des pages « actualités », consacrées à des questions de politique de santé et d’éthique, à des analyses, débats, interviews, relations d’événements (colloques, parutions récentes), au récit d’expériences vécues...

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