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Les effets du travail d’éducation permanente

1er janvier 2012

Nous avons principalement relevé ces effets au sein du réseau des projets éducation permanente des maisons médicales.

Deux observations ont été mises en œuvre. L’une portant sur les actions elles-mêmes, selon la matrice SWOT, afin de dégager les points forts et les points faibles communs. L’autre, dans le cadre de l’évaluation, portant sur les indicateurs mentionnés dans le dossier de reconnaissance, à travers une grille spécifique.

Pour les travailleurs

Cette seconde observation met en évidence, pour les intervenants du réseau, le développement de leur esprit critique. La question du transfert aux autres travailleurs n’est pas tranchée. C’est très dépendant des dynamiques d’équipe. Ce qui est certain, c’est que les actions permettent de fédérer les travailleurs autour d’un projet auxquels ils s’identifient.

La qualification éducation permanente soutenue dans le cadre des réunions du réseau permet la clarification des objectifs des actions non curatives. La précision des concepts EP, et, paradoxalement, leur éloignement du champ des soins de santé, soutiennent la formulation d’objectifs spécifiques qui guident l’action. On arrive à se décaler de la position de soignant.

Plusieurs intervenants ramènent la possibilité de s’articuler, à travers la référence de l’éducation permanente, avec d’autres champs de l’action associative, et, notamment, avec les acteurs syndicaux.

On observe que les projets se pérennisent. L’identité EP, le pilotage en commun, les moyens financiers spécifiques, même réduits, et l’encadrement de la fédération permettent de les inscrire dans la durée, et ouvrent des perspectives pour des recherches d’autres moyens humains et financiers. Les groupes se stabilisent, ce qui crée les conditions d’une évolution des rôles et des positions dans les projets.

L’action définie en éducation permanente permet, impose un partage des rôles et des rapports nouveaux entre les acteurs, et constituent ainsi un levier pour modifier les représentations des rôles dans les soins de santé, dont le cadre est par défaut aliénant, tant pour le patient que pour le soignant.

Enfin, dans de nombreux cas, un des effets observés est la création de lieux spécifiques aux projets, qui leur permette de se dégager des contraintes du lieu de soin.

Pour les participants

Dans les projets du réseau, les effets les plus soulignés portent sur la modification de la position et des rôles des participants. Tout ce qui a été dit ci-dessus crée les conditions de cette modification, notamment en donnant aux professionnels la confiance et la sécurité qui leur permet de lâcher prise.

Dans la durée, les participants s’impliquent dans l’orientation des projets. Ils prennent part à l’animation des activités. En bref, ils prennent de l’autonomie.

Cette prise de responsabilité les amène naturellement à manifester le souci de transmettre quelque chose de l’action. Il devient important pour eux de relayer, de consolider, de prolonger leur action personnelle. De cette manière, ils entrent dans une dimension réellement collective.

Cette évolution se concrétise par une évolution du statut de certains participants, qui acquièrent une formation et une reconnaissance formelle de leur position nouvelle.

Effets sur le projet

Favoriser le lâcher-prise des professionnels de la santé, soutenir la prise de responsabilités des usagers, modifier les positions respectives et les rapports de forces ; en bref, construire des rapports égalitaires dans la fonction sociale santé, c’est là le cœur et la base du projet politique de notre mouvement.

Ces effets, pour quantitativement limités qu’ils soient, sont donc pour nous d’une importance capitale. Ils sont la traduction, dans le concret, de ce que nous décrivons dans le principe, en introduction : « L’action en éducation permanente donne sens au travail de promotion de la santé en le fondant sur la parole et les savoirs des personnes impliquées au quotidien dans la relation, populations précarisées et professionnels à l’écoute ».

Pour autant, notre action n’est pas linéaire. Elle a parfois pour effet de modifier notre vision, d’amener d’autres opportunités, d’ouvrir des pistes et d’en abandonner d’autres.

Quelques-uns des projets qui balisaient le programme qui s’achève ont été réorientés. Dans tous les cas, les constats de départ, les analyses, les enjeux, ont été confirmés. Ce sont les stratégies d’action, et notamment notre capacité à mobiliser certains partenariats, à vaincre certaines inerties, qui a dû être réévaluée.

Plateforme

Ainsi, au sortir de notre congrès « refonder les pratiques » de 2006, nous formulions un projet de « mise en œuvre d’une plateforme de défense des solidarités sociales » qui balisait notre plan d’action, depuis l’écriture d’un manifeste jusqu’à la formalisation de la plateforme.

Nous avons pris l’initiative de contacts proactifs avec les acteurs institutionnels qui sont les alliés privilégiés d’un tel projet. Il nous faut reconnaître qu’ils ne nous ont pas accordé la légitimité nécessaire pour les rassembler.

Mais nous avons pu, quelques mois plus tard, mettre notre énergie dans ce qui allait devenir la plateforme d’action santé et solidarité, initiée par les mêmes acteurs et qui allait organiser, en 2008, le colloque sur les soins de santé primaires prévu dans notre plan pour fêter la déclaration d’alma-ata. Nous sommes toujours investis dans cette plateforme aujourd’hui.

Loi santé

Nous avions aussi prévu de faire aboutir notre projet de cadre législatif global pour les politiques de santé. Les discussions avec les parlementaires, notamment lors des tables rondes dans le cadre des élections régionales de 2009, nous ont montré que notre formulation d’une loi-santé à la québecquoise était mal reçue, peut-être inappropriée, et en tous cas vouée à l’échec.

A l’occasion d’une étude publiée en 2010 sur la question, nous avons sollicité une série de points de vue pour faire évoluer la formulation de cette proposition, dont les finalités se sont confirmées, et qui n’attend peut-être qu’un autre contexte institutionnel…

UOS

Enfin, nous avons poursuivi, durant ces 5 années, le projet de l’université ouverte en santé, qui devait aboutir au lancement de l’Université Ouverte, comme dispositif permanent de formation des acteurs professionnels et non professionnels de la santé.

Nous reprenons, en annexe 2, le bilan global de ce projet, qui s’est heurté à bien des obstacles, dont la difficulté pour les maisons médicales de l’approprier, pour lequel nous n’avons peut-être pas toujours pu consacrer les ressources nécessaires, et dont, peut-être, l’ambition nous dépassait.

La thématique trans-formation est confirmée. Les acquis de l’UOS seront valorisés dans le prochain programme, dans des cadres plus circonscrits, en s’appuyant mieux sur les énergies mobilisables. Des réalisations concrètes sont en cours pour l’année 2011.

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