Vous êtes ici :
  1. Santé conjuguée
  2. Tous les numéros
  3. Prendre pied sur le terrain communal
  4. La structuration de l’action communale en santé

La structuration de l’action communale en santé


1er avril 2012,

Les premiers textes le montrent à suffisance, la perception des usagers converge avec celle des élus : dès qu’on dépasse la simple notion d’absence de maladies, un grand nombre de questions de santé demandent plus que la mise en action locale de dispositions générales, elles appellent une intervention locale spécifique ; d’autres sont telles qu’elles ne peuvent que relever entièrement de l’initiative locale. De même, dans tous ses domaines de compétence, l’action communale a un impact sur la santé des habitants, impact qui n’est pas toujours pris en compte à sa juste mesure.

Notre questionnement devient alors : quel est le champ d’action santé de la commune, quels objectifs a-t-elle à se donner et comment peut-elle structurer ses interventions ? Le premier réflexe des élus est souvent de reproduire localement des interventions médicalisées. Par exemple, on fera circuler dans les quartiers une mammobile, une prostamobile, une glaucomobile ou autres véhicules équipés pour dépister des pathologies et s’adressant à la population tout venant. Cet exemple illustre « tout ce qu’il ne faut pas faire ». La qualité technique des services rendus par ces interventions « foraines » est médiocre, l’inscription de la question de santé dans la globalité et l’histoire du « patient éventuel » fait défaut, l’objectif de sensibilisation des personnes n’ayant pas de suivi déjà organisé est irréaliste (effet Mathieu1) et le message envoyé à la population réduit la santé à un fonctionnement d’organes juxtaposés qu’il faudrait présenter périodiquement au pouvoir médical pour être sauvé.

Il y a mieux à faire que cette caricature coûteuse et toxique. Mais cela nécessite de bien cerner la problématique, de poser les bonnes questions. Sur quels principes faire reposer l’action locale en santé et quels objectifs doit-elle viser ? Comment mettre en place à ce niveau une dynamique qui tende vers un bien-être physique, psychologique, social ? Que faire pour prendre en compte l’impact des choix politiques locaux sur la santé collective ? Pour s’attaquer aux inégalités ? Pour mettre à disposition de tous les moyens de participer et de prendre en charge sa santé ? Les articles qui suivent vont jeter un peu de lumière sur ces questions.

L’Evangile de Saint-Mathieu dit « Car on donnera à celui qui a, et il sera dans l’abondance, mais à celui qui n’a pas on ôtera même ce qu’il a. ». Dans l’exemple qui nous intéresse ici, l’effet Mathieu rend compte du fait que ceux qui sont déjà sensibilisés aux questions de santé et de prévention participeront à ces campagnes de dépistage, tandis que ceux qui n’y sont pas sensibilisés n’y participeront pas, alors qu’ils en constituent la cible.

Cet article est paru dans la revue:

n° 60 - avril 2012

Prendre pied sur le terrain communal

Santé conjuguée

Tous les trois mois, un dossier thématique, et des pages « actualités », consacrées à des questions de politique de santé et d’éthique, à des analyses, débats, interviews, relations d’événements (colloques, parutions récentes), au récit d’expériences vécues...