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L’austérité nuit gravement à la santé

27 janvier 2012

La Fédération des maisons médicales a décidé de s’associer à la journée de grève générale décidée par les syndicats le 30 janvier.

Cette action a pour but de donner un signal clair de désapprobation au gouvernement quant aux mesures d’austérité aveugles qui se préparent et qui auront pour conséquences d’aggraver encore la situation des personnes les plus fragiles que sont les jeunes chômeurs et les travailleurs en fin de carrière notamment.

Les mesures de restriction en soins de santé auront des répercussions sur la viabilité de nos services qui devront assumer une partie des effets de la précarisation.

Vous trouverez ci-dessous un argumentaire rédigé à ce sujet expliquant notre position à nos membres, les maisons médicales, afin de susciter le débat et la réflexion.

D’autres fédérations et organisations soutiennent comme nous ce mouvement.

Nous relayons plus bas la carte blanche du Conseil bruxellois de coordination sociopolitique, CBCS.


Lettre envoyée à nos membres

Grève générale le 30 janvier

Chers amis,

La Fédération des maisons médicales a décidé de s’associer à la journée de grève générale décidée par les syndicats le 30 janvier prochain.

Cette action a pour but de donner un signal clair de désapprobation au gouvernement quant aux mesures d’austérité aveugles qui se préparent et qui auront pour conséquences d’aggraver encore la situation des personnes les plus fragiles que sont les jeunes chômeurs et les travailleurs en fin de carrière notamment. Par ailleurs, les mesures de restriction en soins de santé auront des conséquences sur la viabilité de nos services qui auront par ailleurs à assumer une partie des conséquences de la précarisation.

Notre fédération estime que ce n’est pas aux citoyens de payer les dégâts causés par une crise financière provoquée par l’irresponsabilité des banques et du néolibéralisme sauvage qui a détricoté les systèmes de régulation durant des décennies.

Concrètement nous invitons donc nos membres à fermer leurs portes, au moins durant quelques heures le 30 janvier, en signe de protestation, tout en veillant bien entendu à assurer le service minimum.

Nous rappelons également que, cette journée est une journée de grève et que donc il y a lieu de libérer tout travailleur qui souhaiterait y participer pleinement.

Coralie Ladavid Secrétaire politique


Carte blanche

Pour le secteur non-marchand, la grève générale est une étape importante d’un mouvement social qui doit émerger aujourd’hui.

Betty Nicaise, Présidente, Pierre Schoemann, Vice-président et Marie-Christine Meersseman, Trésorière de la Fédération des associations sociales et de santé

Charles Lejeune, Vice-président du Conseil bruxellois de coordination sociopolitique

Michel Pettiaux, Président du Forum bruxellois de lutte contre la pauvreté

Christine Mahy, Secrétaire générale du Forum wallon de lutte contre la pauvreté

Michel Roland, expert, secteur des maisons médicales

Frédérique Mawet, Directrice du CIRE (Coordination et initiatives pour réfugiés et étrangers)

Serge Zombek, Médecin-directeur de la Maison d’accueil socio sanitaire (MASS)

Dany Vandroogenbroeck, Coordinatrice générale de la Fédération des services bruxellois d’aide à domicile

Alain Willaert, Coordinateur général du Conseil bruxellois de coordination sociopolitique

Les organisations syndicales, soutenues par certains employeurs du non-marchand, appellent le 30 janvier prochain à une grève générale. Rappelons d’emblée qu’il n’y plus eu de grève générale en Belgique depuis 20 ans. Il s’agit donc là d’un moment de mobilisation particulièrement important dans l’histoire du mouvement social belge. L’objectif d’un tel mot d’ordre, en interrompant durant une période limitée le fonctionnement des services, est d’envoyer un message fort aux responsables politiques. Dans ce cas concret, ce sont évidemment les mesures d’austérité prises par le gouvernement Di Rupo qui sont dans le collimateur.

Quatre raisons principales nous poussent à nous associer aujourd’hui aux organisations syndicales pour appeler à la grève générale :

1. Les politiques d’austérité adoptées par nos gouvernants, présentées très souvent comme « la seule solution » face à la crise, vont limiter davantage encore l’accès à des droits sociaux fondamentaux.

Si tous les groupes sociaux sont concernés par ces mesures, les plus fragiles d’entre eux seront, quoi qu’on en dise, les plus durement frappés. Ne fût-ce que parce que, pour eux, les marges n’existent plus depuis longtemps. Nous pensons particulièrement, aux chômeurs, aux jeunes, aux femmes seules, aux sans-papiers, aux travailleurs âgés, aux allocataires sociaux, à tous ces « surnuméraires » qui vont inévitablement voir se durcir leurs conditions de vie.

2. Les secteurs associatifs et non marchands subsidiés, par la voix de leurs Fédérations, et en écho aux rapports de l’Observatoire de la santé et du social et aux travaux des Forums de lutte contre la Pauvreté, sont les témoins quotidiens de la montée inquiétante de la précarité, depuis une vingtaine d’années, et particulièrement depuis le début des années 2000. Dans la plupart de nos associations, il devient extrêmement compliqué de garantir à la fois accessibilité pour le plus grand nombre d’usagers, qualité des interventions et bien-être aux travail pour nos équipes. Nous pensons que les plans d’austérité mis en oeuvre actuellement et projetés pour l’avenir, combinés à la concrétisation des accords institutionnels récemment conclus, risquent de faire payer un très lourd tribut au secteur non-marchand.

Conséquence : nous serons de moins en moins en situation de répondre efficacement aux besoins sociaux et de santé de toutes celles et ceux que le système économique et financier, dans son fonctionnement actuel, laissent sur le bord du chemin.

3. Ce qui est en jeu aujourd’hui ne peut se réduire au maintien des acquis et des droits individuels, même si ceux-ci sont essentiels. Ces combats, devenus défensifs, butent en permanence sur la question de la responsabilité publique et du rôle de l’Etat dans une économie mondialisée. Les besoins sociaux et de santé d’aujourd’hui sont innombrables. A nous, acteurs sociaux, de rappeler aux responsables politiques que l’avenir ne pourra se construire qu’en garantissant à toutes et à tous les moyens effectifs de ne pas rester « sur le bord du chemin ». Une des façons de répondre à cette responsabilité consiste à conjuguer rigueur et investissement massif dans des politiques publiques durables. Créer de l’emploi durable dans le domaine des services plutôt qu’en détruire est, selon nous, l’une des pistes de réponses essentielles et prospectives à la crise de notre modèle économique et environnemental actuel.

4. Enfin l’idée selon laquelle il n’y aurait pas d’alternative, que l’austérité planifiée serait le seul horizon, butte sur deux obstacles majeurs. Celui de la pertinence économique d’abord, parce que les effets de récession sont dénoncés par des économistes de tous bords et avérés dans tous les pays où l’austérité est appliquée sans plan de relance. Mais aussi celui de la légitimité politique : accepter le diktat des marchés et des agences de notation qui, jusqu’en 2008, organisaient la crise des subprimes en gonflant artificiellement la bulle spéculative immobilière américaine, c’est signifier, dans les faits, la soumission du projet politique démocratique à la violence du marché. C’est mettre en danger l’idée même de la politique au service de la démocratie. Or d’autres choix politiques sont possibles : instaurer l’impôt sur la fortune, limiter drastiquement les intérêts notionnels et conditionner leur octroi à la création d’emploi et à l’investissement dans l’entreprise, taxer les plus-values, lutter contre la fraude et l’évasion fiscales sont des pistes trop vite abandonnées quant elles ne sont pas balayées par les gouvernements en place. Or combinées au développement de l’économie sociale et du non-marchand, ces politiques présenteraient l’avantage majeur de remettre l’économie au service de l’homme et de la solidarité.

Pour toutes ces raisons nous appelons le monde associatif, et plus largement tout le secteur non-marchand, à manifester son inquiétude et à rappeler ses priorités en appelant à soutenir l’appel à la grève générale du 30 janvier prochain.

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