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L’Atlante : une île dans le désert médical


1er octobre 2013, Jérôme Backx

infirmier spécialisé en santé communautaire, maison médicale l’Atlante.

La maison médicale l’Atlante est née sous l’impulsion de deux médecins généralistes et un infirmier en maisons médicales santé communautaire.

La première rencontre à l’origine de la création de l’Atlante a lieu le 18 mai 2006. L’idée était de proposer à toute personne qui le désirait de réfléchir à la création d’une maison médicale. Un noyau dur s’est rapidement constitué, composé de trois prestataires : moi-même, infirmier spécialisé en santé communautaire, Vanessa Colmant et Vincent Van Keersbulck, tous deux médecins généralistes en dernière année de formation spécialisée. Nous travaillions déjà tous les trois dans une maison médicale. L’Atlante : une île dans le désert médical Jérôme Backx, infirmier spécialisé en santé communautaire, maison médicale l’Atlante.

Entre mai 2006 et octobre 2007, le projet prend forme. Cette période s’est apparentée à un marathon. En plus de nos activités professionnelles et privées, nous nous réunissions deux fois par mois, sans compter les rencontres avec des personnes extérieures. Nos motivations étaient à l’image de nos valeurs : créer un cadre de travail multidisciplinaire, défendre une médecine de proximité et accessible, fonctionner en autogestion.

De la conceptualisation à la concrétisation

Plusieurs phases ont jalonné la création de la maison médicale.

Conceptualisation. L’objectif était de confronter nos motivations, objectifs et valeurs. Plusieurs personnes n’ont pas poursuivi le chemin avec nous au vu des différences qui émergeaient. Cette phase nécessite un réel climat de confiance pour que chacun puisse exprimer ses envies, ses craintes.

Faisabilité. Où nous installer ? Comment faire face aux impératifs financiers et de gestion qu’un tel projet génère ? Pour répondre à ces questions, nous avons fait appel à des personnes extérieures, comme la cellule de développement de la Fédération des maisons médicales, Crédal, un expert-comptable, ou encore des maisons médicales en création et d’autres plus anciennes.

Il était clair pour nous que notre maison médicale se situerait dans la région de Mons-Borinage. Nous avons prospecté, analysé des données pour nous concentrer sur deux zones potentielles d’installation. La première : Nimy, Maisière, Ghlin (entité de Mons). La seconde était Boussu, Saint-Ghislain (Borinage).

L’implantation à Saint-Ghislain centre qui a eu notre faveur. Pour deux raisons : d’une part, l’existence d’une importante pénurie de médecins généralistes dans le centre de Saint-Ghislain. Les jeunes généralistes ne s’y installent plus, à tel point qu’une partie des habitants de Saint-Ghislain va consulter en périphérie où l’activité de certains médecins est saturée. D’autre part, une opportunité immobilière (location) s’est présentée à nous dans la rue commerçante de Saint-Ghislain. A côté de la gare. L’accessibilité et le passage important dans cette rue ont confirmé ce choix.

Concrétisation. Une fois le lieu trouvé, il fallait l’aménager. Le soutien d’autres maisons médicales dans le prêt de matériel et/ou des dons s’est révélé essentiel. En deux mois, nous avons refait toute l’installation d’électricité, le chauffage et toute la configuration des locaux. Quinze jours plus tard, le premier patient passait la porte. L’inconnu, la nouveauté fait toujours un peu peur. Le modèle de maison médicale est très peu connu dans notre région. Nous avions surestimé notre croissance en inscription et de ce fait, notre croissance financière. La situation était stressante. Même si nous savions que la maison médicale fonctionnerait, il était difficile de nous projeter financièrement. Nous avons toujours été soucieux de la santé de notre asbl, nous avons donc accepté de faire un sacrifice financier pendant quatre ans...

Continuer à naviguer

A l’heure actuelle, on peut dire que notre maison médicale tourne bien. Nous allons prochainement déménager dans nos locaux définitifs. Quand nous repensons aux origines, on se dit qu’on était fou... mais qu’on y est arrivé. Il n’y a rien de plus gratifiant que de penser au fait que nous avons commencé à trois et qu’à l’heure actuelle nous sommes six, et que nous allons atteindre le cap des 1000 patients. Mais attention, le bateau doit poursuivre sa route...

Cet article est paru dans la revue:

n° 66 - octobre 2013

Sens et diversité : le terreau des maisons médicales

Santé conjuguée

Tous les trois mois, un dossier thématique, et des pages « actualités », consacrées à des questions de politique de santé et d’éthique, à des analyses, débats, interviews, relations d’événements (colloques, parutions récentes), au récit d’expériences vécues...