La Fédération s’est construite en 1981 pour inscrire la défense et la promotion des maisons médicales dans le cadre d’une politique de santé efficiente et équitable, et, au-delà, dans un projet de société qui donne sens et finaliser ainsi des objectifs politiques et organisationnels. Dans ce sens elle se considère comme un mouvement.
« Historiquement, ce qui fait la spécificité, la force et la cohésion du mouvement des maisons médicales, c’est de lier conception des soins de santé et projet politique. C’est cette liaison qui est constitutive de son identité. Quatre congrès ont marqué cette histoire, en reposant, à chaque fois, cette question » [1].
La Fédération des maisons médicales, à la suite du Groupe d’étude pour une réforme de la médecine (GERM), est reconnue comme association générale d’éducation permanente au sens du décret de 1976 depuis 1994. A cette époque, la Fédération comptait une quarantaine de centres (41 en 95 [2]).
Elle en compte aujourd’hui une grosse septantaine, ce qui représente plus de 220.000 personnes suivies. C’est-à-dire 220.000 personnes qui choisissent de se lier à une des équipes pour qu’elle les soutienne dans leurs démarches en vue de leur bien-être. Ce sont plus d’un million de contacts individuels annuels entre les équipes des centres et les usagers qui ont lieu, autant de supports à des relations informelles et collectives.
L’implantation de nos équipes est essentiellement urbaine, dans les quartiers populaires des grandes villes, là ou les besoins en soins de santé intégrés sont sans doute les plus prégnants.
Les maisons médicales assurent ainsi la prise en charge de près de 3,5% de la population de la Communauté française. Cependant, ces couvertures sont beaucoup plus importantes si on les ramène aux zones d’implantation : pour la Région de Bruxelles capitale la trentaine de maisons médicales couvre près de 8% de la population, à Liège presque 6% et à Charleroi environ 4,5% .
900 personnes y travaillent, dont un peu plus de 300 médecins généralistes, 170 accueillantes et accueillants, 90 kinésithérapeutes, 60 infirmières et infirmiers, 45 travailleurs sociaux, une trentaine de psychologues et autant de personnel administratif, plus encore environ 150 personnes d’autres professions diverses : dentistes, logopèdes, ergothérapeutes, diététiciens,…
Si la Fédération a grandi quantitativement, elle a aussi changé qualitativement. Au départ, les maisons médicales ont dû construire leur alternative dans le champ du soin. Au cours des années, l’assise du mouvement a permis de prendre une place d’initiateurs ou de partenaires dans des projets plus globaux, réalisant ainsi des finalités d’emblée inscrites dans le projet politique. Les équipes ont grandi, elles se sont également pérennisées, ce qui leur a permis d’élargir leur éventail d’activité et de développer des dispositifs complémentaires à l’offre de base. Les contacts individuels constituent autant d’occasion de nourrir, soutenir et relayer ces dispositifs.
Aussi, la Fédération voit dans le nouveau décret l’occasion de mener un travail de reconnaissance et de structuration des activités du mouvement des maisons médicales en leur donnant sens dans un plan global. En effet, le cadre référentiel et de subventionnement des équipes soignantes reste inscrit dans l’approche santé, fusse au sens le plus large. La Fédération joue un rôle indispensable pour soutenir et organiser les autres actions au sein des différentes équipes. La présente demande confirme l’option de la Fédération et de ses membres en faveur d’un travail politique de transformation sociale au départ du cadre du service « soins de santé ».
Cette transformation, entamée depuis plusieurs années, trouve dans le nouveau décret une opportunité décisive, et s’est trouvée confirmée dans la dynamique du congrès 2006 « refonder les pratiques », sa préparation et ses suites.