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Ecoles de la santé à l’horizon ?

4 mai 2012
Dr Hubert Jamart

Médecin Généraliste à Seraing, permanent politique à la Fédération des Maisons Médicales

, France Defrenne

chargée de mission en Education permanente, Fédération des maisons médicales.

La Fédération a toujours situé l’enseignement au cœur de ses combats dans la lutte contre les inégalités. En effet, c’est le lieu de tous les partages, de tous les croisements, de toutes les transmissions. Très tôt il est apparu une discordance entre le travail que les praticiens voulaient faire dans les maisons médicales et l’enseignement qu’ils avaient reçus. C’est à ce titre que l’on doit considérer les universités comme étant des reflets de la société qu’elles créent. Leur rôle social est plus que jamais mis en ébullition avec les changements attendus pour les études de médecine. Un premier pas vers les écoles de la santé ?


Le Décret sur les études de médecine [1] a été adopté le 21 mars dernier au Parlement de la Fédération Wallonie Bruxelles.

Il repose sur trois axes :

  • La réduction du nombre d’années d’étude de médecine. On passe de 7 à 6 ans afin de s’aligner sur les normes européennes ;
  • L’adoption d’un moratoire sur le numérus clausus en médecine, renouvelé annuellement. Dans les faits, le libre accès aux études est préservé mais les quotas fédéraux d’accès aux spécialisations restent d’application ;
  • Les prémices d’une ’Ecole de santé’ rapprochant les différentes branches médicales et paramédicales des Hautes écoles et Universités. Ce qui ouvre la voie aux collaborations et assure un maximum de mobilité aux étudiants.

Dans le souci de mieux orienter les étudiants et de favoriser leur réussite, plusieurs dispositions ont été prises. Parmi celles-ci :

  • une formation préalable destinée aux rhétoriciens,
  • un test d’orientation en début de parcours,
  • des activités de remédiation et des possibilités de réorientation.

Nous sommes très heureux de voir que l’idée d’une Ecole de la santé fait son chemin. Nous avons en effet beaucoup œuvré à faire passer cette idée lors de rencontres avec le Cabinet du ministre JC. Marcourt, chargé de l’enseignement supérieur. L’accent est enfin mis sur la transversalité, la santé publique et le savoir transdisciplinaire dès le début du cursus.

Qu’en est-il de la régulation de l’offre ?

La Fédération des maisons médicales veut une meilleure répartition de la charge du travail d’une façon générale en Belgique (géographique, entre travailleurs…). Mais à l’heure actuelle, il n’y a pas d’organisation de la santé sur une réelle base territoriale. C’est dommage, car cela crée des zones de désertifications médicales d’une part, des zones de surpopulation de soignants dans d’autres.

Plus loin encore, ce qui aggrave encore cette mauvaise répartition est un sous-remplissage des quotas de médecine générale face à la médecine dite ’spécialisée’. La production de médecins généralistes, qui devrait être identique voire supérieur (en regard à l’importance que l’on veut donner à la profession) est en fait déficitaire. Car la médecine générale est en fait une spécialisation en soi, sans que cela soit encore véritablement reconnu. On arrive timidement à imaginer la place centrale des soins primaires, mais sans réels leviers à actionner pour changer ce système qui reste construit sur base des hôpitaux comme référence.

On peut comprendre aisément qu’il faut une certaine régulation des professionnels (la pléthore crée une multiplication inutile d’actes, une diminution des revenus et une concurrence rude entre praticiens, essentiellement dans le système à l’acte). On peut arriver à cette régulation par différents biais : politique à l’installation, goulot d’étranglement à un moment donné de l’apprentissage...

Il existe à ce point de vue un mécanisme immuable qu’est celui des quotas fédéraux. Le principe de ces quotas est que le SPF santé publique distribue un certain quota de numéros INAMI (généralistes & spécialistes).

Par la suite, les Communautés ont mis en place des mécanismes de contrôle pour éviter en quelque sorte que des cohortes de jeunes arrivent sur le brise-rêve du fédéral. Nos amis flamands ont mis en place un réel concours à l’entrée des études. Celui-ci se déroule chaque année au Heysel. De nombreux stands sont installés, et il y a aussi une partie orale à l’examen. Un certain nombre de critères non scientifiques sont également pris en compte.

Lors de cette réforme dictée par des contraintes européennes, monsieur le ministre Marcourt a fait donc une refonte de la durée des études et a essayé d’améliorer le système dit de ’numerus’ qui prévalait jusqu’à présent. Malheureusement, l’occasion aurait pu être saisie pour aller plus loin, et renforcer la place de la médecine générale au sein des études. Mais la place centrale de cette profession est guidée par des choix plutôt fédéraux. On rentre dans le vif des territoires de compétences des différents ministres.

Une difficulté importante qui va surgir sera sans doute ce double contingentement qui va arriver en 2018. En effet les étudiants inscrits en 2012 devront faire 6 ans là ou les étudiants de 2011 devront encore être dans le système à 7 années (+ 2 ans pour la médecine générale).

En conclusion...

En attendant, la Fédération des maisons médicales continue à évaluer, mesurer, tenter d’améliorer la qualité de l’accueil des médecins stagiaires et assistants au sein des centres de santé. Ce chantier est mené en collaboration avec les maîtres de stages, les assistants, les maisons médicales. Tout ceci sous la coordination du service d’éducation permanente. Car si l’on veut promouvoir notre modèle, c’est, à l’instar de la médecine générale, le plus tôt possible dans le parcours d’apprentissage qu’il faudra sans doute aller imaginer les meilleures collaborations.